Notre Vice-président Rémi Thirion vous répond :
Vous nous écrivez, en substance : « Ça a augmenté, mais rien n’a avancé. Moi, c’est pour mes 5 années perdues. »
Je comprends votre fatigue. Je comprends aussi l’amertume qui va avec, surtout quand on parle d’un retrait de droits sur cinq années, d’une injustice vécue comme une trahison, et d’une procédure qui, par définition, semble lente.
Mais je dois aussi vous répondre avec clarté et fermeté, parce qu’il y a une réalité que beaucoup de prosumers finissent par oublier au fil du temps : si vous avez encore quelque chose à défendre aujourd’hui, c’est précisément parce qu’une association structurée et déterminée a tenu la ligne, année après année, pendant que les autorités — elles — disposent de ressources quasi illimitées, de juristes internes, de budgets, et d’une capacité à « faire durer » jusqu’à épuiser les individus isolés.
BeProsumer n’est pas un service client. BeProsumer n’est pas une newsletter. BeProsumer n’est pas une promesse facile. BeProsumer, c’est une organisation de défense. Un syndicat citoyen de prosumers, créé par des prosumers, pour des prosumers. 100% bénévole. 100% indépendant. Sans subside. Et donc financé uniquement par ses membres.
Ce qu’est BeProsumer, exactement (et ce que nous ne sommes pas) #
BeProsumer est né d’un mouvement citoyen : des ménages qui avaient investi dans le photovoltaïque sur base de règles publiques, d’engagements publics, et d’un cadre de rentabilité annoncé… puis qui ont vu, du jour au lendemain, ce cadre être modifié dans un sens défavorable.
Notre objectif n’a jamais été de « râler sur Facebook ». Notre objectif a été de transformer la colère en rapport de force :
- comprendre les mécanismes techniques et juridiques,
- documenter les dossiers,
- être présents dans les consultations, les réunions, les auditions,
- médiatiser quand c’est utile,
- négocier quand c’est possible,
- et attaquer en justice quand c’est nécessaire.
C’est ingrat. C’est long. Et très souvent, c’est invisible… jusqu’au jour où l’on compare deux régions, deux régimes, deux calendriers, deux factures.
Votre dossier « 5 années perdues » : pourquoi cela prend du temps, et pourquoi il faut tenir #
Sur le dossier des certificats verts / Solwatt, il y a une chose à bien comprendre :
- ce n’est pas une simple réclamation administrative,
- ce n’est pas un « coup de téléphone au SPW »,
- ce n’est pas une discussion polie.
C’est un combat juridique contre une décision politique, dans lequel les autorités défendent leur position jusqu’au bout, et où les délais sont ceux de la justice.
Ce que BeProsumer a fait, concrètement :
- organiser et structurer la défense collective,
- centraliser les mandats,
- coordonner le suivi avec les avocats,
- analyser les décisions, ajuster les arguments, continuer malgré les revers,
- et maintenir ce dossier vivant, actif, crédible, au lieu de laisser les prosumers se battre chacun dans son coin.
Si vous êtes concerné par ces « 5 années », votre action individuelle, à la base, a été simple :
- signer un mandat pour que la défense collective puisse exister,
- et contribuer via la cotisation.
C’est tout.
Et c’est justement cela, la force d’une association : vous n’avez pas à devenir juriste, vous n’avez pas à prendre des jours de congé pour lire des dizaines de pages techniques, vous n’avez pas à financer seul un dossier qui peut durer des années.
Pour ce dossier, une nouvelle section est disponible sur notre site internet, via l’onglet « Certificats verts » sur la page d’accueil : https://www.beprosumer.be/certificats-verts/
Ce que BeProsumer vous a déjà fait économiser : du concret, pas des slogans #
Je vais être très direct, parce qu’on ne peut pas parler d’une cotisation annuelle sans comparer avec ce qu’elle protège.
A) Le report du tarif prosumer de 2014 à 2024 Sans notre mobilisation (et plus largement, sans le rapport de force construit en Wallonie), le tarif prosumer aurait été appliqué pleinement bien plus tôt. Le report de 2014 à 2024, ce n’est pas un détail. C’est dix années de différence.
Pour énormément de ménages, cela représente déjà plusieurs milliers d’euros d’écart sur la période. Des milliers d’euros.
Et cela, c’est un bénéfice que vous avez déjà touché, sans devoir « faire quelque chose » de particulier, autre que soutenir l’existence d’une force collective.
B) La Wallonie : seule région où la compensation reste protégée jusqu’au 31/12/2030 On l’oublie trop vite : la Wallonie est aujourd’hui la seule région de Belgique où le principe de compensation (le fameux « compteur qui tourne à l’envers », ou son équivalent administratif) reste protégé jusque fin 2030.
Cela signifie, concrètement, que la rentabilité de votre installation est encore protégée pendant plusieurs années.
Ailleurs (Flandre, Bruxelles), le compteur qui tourne à l’envers a été arrêté bien plus tôt. Pourquoi ? Parce qu’il n’y avait pas, au même niveau, une association forte, structurée, déterminée, capable de créer le rapport de force et de tenir.
Et oui : c’est bien aussi pour cela qu’en Wallonie, même avec un compteur communicant, la compensation est maintenue administrativement jusqu’au 31/12/2030 (pour les installations concernées). Pour bien comprendre les enjeux du compteur communicant côté prosumer, nous avons une page dédiée : https://www.beprosumer.be/le-compteur-communicant/
« Ça a augmenté » : parlons de la cotisation, sans caricature #
Vous évoquez l’augmentation. Oui : en 2025, nous sommes passés de 10 € à 25 €.
Mais rappelons les faits, calmement :
- pendant environ dix ans, vous avez payé 10 € par an,
- soit un niveau quasi symbolique, précisément parce que nous voulions être accessibles au plus grand nombre,
- et parce que notre fonctionnement est bénévole.
Ensuite, en 2025, nous avons ajusté à 25 €. Et depuis, cela n’a pas augmenté.
Or, tout le reste a augmenté. Les coûts de justice. Les coûts techniques. Les coûts de fonctionnement. Les coûts de communication. Le coût de la vie. Le coût de l’énergie.
À un moment, il faut aussi regarder la réalité : 25 € par an, ce n’est pas « un service », ce n’est pas « une prestation », ce n’est pas « un abonnement à une newsletter ». C’est une assurance collective.
Une assurance pour qu’une structure existe. Une assurance pour qu’un dossier ne meure pas. Une assurance pour que des avocats puissent travailler. Une assurance pour que, quand l’autorité tente un passage en force, elle sache qu’en face, il y a une organisation capable d’aller au bout.
Nous assumons complètement cette image : notre « valise nucléaire », c’est la capacité collective à tenir dans la durée.
Le point que beaucoup oublient : sans association, l’autorité gagne par épuisement #
L’autorité n’a pas besoin de « gagner sur le fond » pour gagner. Il lui suffit souvent de faire durer.
- Faire durer pour que les gens se découragent.
- Faire durer pour que les particuliers n’aient plus le budget.
- Faire durer pour que les citoyens se disent « de toute façon, ça ne sert à rien ».
Une association, c’est exactement l’inverse :
- on ne s’effondre pas à la première difficulté,
- on ne se décourage pas à la première décision défavorable,
- on ne laisse pas le temps faire le travail à la place de la justice.
C’est précisément cela que vous financez.
Est-ce que « rien n’a avancé »… ou est-ce que vous ne voyez pas ce qui avance ? #
Je vous pose la question sans agressivité, mais avec franchise :
- Consultez-vous la rubrique Actualités de notre site ?
- Lisez-vous ce que nous publions chaque semaine ?
- Avez-vous déjà parcouru la base de connaissances, où nous expliquons en détail les mécanismes, les règles, les échéances, les pièges, les démarches ?
Parce que, très honnêtement : si vous aviez suivi régulièrement, je pense que vous ne diriez pas « rien n’avance ».
Les dossiers avancent. Mais ils avancent avec les rythmes de la justice, de la politique, des consultations, des réunions, des arbitrages.
Et pendant que cela avance, il y a aussi tout le reste. Car BeProsumer ne s’est pas arrêté aux certificats verts. Nous avons dû affronter, ensuite, dossier après dossier, les nouvelles vagues de problèmes subies par les prosumers.
Exemple : les surtensions et les décrochages d’onduleurs. C’est un sujet massif aujourd’hui, qui détruit la production de milliers de ménages alors même qu’il y a du soleil. Nous centralisons nos analyses et recommandations ici : https://www.beprosumer.be/decrochages/
Et parce que les prosumers ont aussi besoin d’options concrètes, nous avons également cadré le sujet des batteries domestiques, sans marketing, sans injonction, en expliquant à qui cela peut être utile et à qui cela ne l’est pas : https://www.beprosumer.be/batteries/
Le travail bénévole : la réalité derrière l’écran #
Je veux aussi remettre une chose au centre. Nous sommes bénévoles.
Comme vous, nous sommes des prosumers. Comme vous, nous avons été touchés. Comme vous, nous avons parfois eu l’impression d’être pris pour une variable d’ajustement.
La différence, c’est que nous avons décidé de nous organiser. Pour les autres. Pour le collectif.
Cela veut dire :
- des heures à lire, à analyser, à répondre,
- des dizaines d’emails par jour,
- des réunions, des auditions, des contacts,
- des décisions à prendre, des crises à gérer,
- et une pression permanente parce que les règles bougent, parce que les échéances approchent, parce que les membres ont des situations parfois urgentes.
Alors oui, quand un membre dit « ça a augmenté mais rien n’a avancé », cela peut donner le sentiment que tout ce travail serait « du vent ». Et là, je me permets de le dire : c’est injuste.
Pas parce que vous n’avez pas le droit d’être en colère. Vous avez le droit.
Mais parce que cette colère ne devrait pas effacer les faits, ni le bilan, ni la réalité d’une association qui a déjà protégé votre rentabilité à une échelle que vous ne pourriez jamais atteindre seul.
Ce que nous vous demandons, en retour : le minimum syndical #
Nous ne vous demandons pas d’être juriste. Nous ne vous demandons pas de « faire des miracles ». Nous ne vous demandons même pas d’être actif tous les jours.
Nous vous demandons seulement deux choses :
- Rester membre, en ordre de cotisation. Parce que c’est ce qui maintient la structure. Parce que c’est ce qui maintient le dossier vivant. Parce que c’est ce qui maintient le rapport de force.
- Vous informer un minimum. Parce que l’énergie est devenue un sujet politique, technique et financier majeur. Et que même avec un « chien de garde », un citoyen prosumer gagne à comprendre les grandes lignes.
Pour cela, vous avez trois outils simples :
- notre base de connaissances (FAQ) : https://www.beprosumer.be/base-de-connaissances/
- nos publications dans la rubrique Actualités (plusieurs fois par semaine)
- et la fenêtre de chat contextuelle en bas à droite du site : c’est une intelligence artificielle formée sur nos articles, qui peut déjà fortement aider en répondant à des questions en langage naturel (même si des erreurs restent toujours possibles).
Conclusion : si vous voulez récupérer ces 5 années, il faut une armée, pas un individu #
Ce combat, vous ne le gagnerez pas seul.
Nous ne le gagnerons pas non plus avec des gens qui « décrochent » au moment où il faut tenir.
Ce combat, on le gagne :
- en restant organisés,
- en restant nombreux,
- en restant solides,
- en restant financés,
- et en restant crédibles.
Votre cotisation, ce n’est pas 25 € « pour une newsletter ». C’est 25 € pour que quelqu’un, tous les jours, soit en veille à votre place. C’est 25 € pour que le dossier ne soit pas enterré. C’est 25 € pour que la prochaine idée de rétroactivité se heurte à un mur.
Produire efficacement. Défendre intensément.
C’est notre ligne. Et cela n’existe que si vous êtes là, avec nous.
Je reste bien entendu à votre disposition, et je vous remercie d’avance de prendre un instant pour relire ce message non pas avec l’agacement du moment, mais avec le recul des faits : ce que vous avez déjà économisé et conservé grâce à l’existence d’une association comme la nôtre est, objectivement, sans commune mesure avec une cotisation annuelle de 25 €.
Cordialement,
Rémi Thirion,
Vice-Président BeProsumer,
Chargé de la problématique des décrochages,
Coordinateur Batteries intelligentes