Quels choix effectuer pour les prosumers?
Pour les prosumers dont l’installation photovoltaïque a été mise en service avant 2024 et qui bénéficient encore du compteur qui tourne à l’envers (jusqu’au 31 décembre 2030), le passage éventuel au tarif Impact exige une vigilance particulière.
Pour que la compensation reste pleinement valable dans chacune des trois plages horaires
(Eco, Medium, Pic), il ne suffit pas que le tarif de distribution suive le découpage trihoraire défini par la Cwape: il faut aussi que le fournisseur applique exactement les mêmes plages horaires pour le prix du kWh facturé.
À défaut, le consommateur se retrouvera avec une partie «réseau» structurée selon les plages Impact et une partie «énergie» basée sur un autre découpage, ce qui rend la compensation horaire difficile à suivre, et potentiellement défavorable pour le prosumer.
Or, à l’heure d’écrire ces lignes, tous les fournisseurs ne prévoient pas encore d’offres commerciales parfaitement alignées sur les trois plages Impact. Certains contrats «à plages horaires» utilisent déjà leurs propres tranches, proches mais pas identiques à celles de la
Cwape.
«Dans ce contexte, nous mettons clairement en garde les prosumers pré-2024: tant que le fournisseur n’offre pas un vrai trihoraire calqué sur les plages Eco/Medium/Pic du tarif Impact, le risque est de s’engager dans une configuration hybride dont les effets financiers sont impossibles à simuler correctement», prévient Rémi Thirion, le vice-président de BeProsumer (TABL qui défend les intérêts des prosumers).
BeProsumer a d’ailleurs reçu confirmation, en coulisses, que certains grands fournisseurs n’ont pas l’intention, à court terme, d’adapter leurs offres pour les aligner parfaitement sur les tranches horaires Impact, alors même que le régulateur souhaitait imposer au moins une offre trihoraire «miroir».
«Certains fournisseurs ont clairement indiqué que, chez eux, le tarif Impact ne sera pas compatible, en pratique, avec le maintien du compteur qui tourne à l’envers», explique Rémi Thirion.
«Qu’arriverait-il à un prosumer qui s’engage dans un tel contrat sans en mesurer toutes les conséquences, perd le bénéfice de la compensation et découvre ensuite qu’il n’est pas possible de la récupérer dans les mêmes conditions?», s’interroge-t-il.
Par prudence, BeProsumer estime qu’en 2026, pour la majorité des prosumers bénéficiant encore du compteur qui tourne à l’envers, il sera souvent plus sage de se limiter au nouveau bihoraire.
Cette formule, bien qu’adaptée aux nouvelles plages horaires, reste connue, reconnue et éprouvée, avec un alignement technologique déjà maîtrisé entre gestionnaires de réseau et fournisseurs, tant pour la commodité que pour les tarifs de distribution.
«Si vous voulez éviter l’augmentation d’environ 13% du tarif de distribution en monohoraire, payer l’électricité prélevée un peu moins cher et déplacer une partie de vos consommations, le bihoraire 2026 constitue un premier pas raisonnable», résume Rémi Thirion.
«Le tarif Impact reste, sur le papier, une très belle opportunité pour ceux qui disposent de gros consommateurs flexibles (batterie, voiture électrique), mais ce doit être un deuxième pas, pas le premier, tant que nous n’avons pas pu identifier clairement, fournisseur par fournis-seur, les contrats qui garantissent à 100% le maintien de la compensation», conclut-il.
BeProsumer passera au crible les offres disponibles et ne recommandera le passage au tarif Impact qu’une fois identifiés les fournisseurs et les contrats réellement compatibles, sans risque de remise en cause du compteur qui tourne à l’envers.