Défendre intensément
Réseaux électriques · Le poids de l’action collective
ORES : les alertes des prosumers deviennent un levier pour investir.
Pendant des années, BeProsumer a porté les décrochages d’onduleurs dans le débat public. Aujourd’hui, ces difficultés font partie des arguments qui convainquent les communes de soutenir la modernisation du réseau. Une avancée dont notre association peut mesurer le sens : rendre les problèmes visibles aide à rendre les décisions possibles.
30 secondes pour comprendre
Une victoire d’étape pour le réseau. Un signal fort pour notre combat.
- L’annonce : selon L’Écho, les actionnaires communaux d’ORES ont donné un accord de principe pour apporter 800 millions d’euros de capitaux d’ici à 2035, afin de soutenir un plan d’investissement de 6,85 milliards d’euros.[1]
- Le basculement : les dysfonctionnements du réseau, dont les décrochages, sont devenus un argument décisif pour rallier les bourgmestres à ce financement.
- Notre lecture : en documentant ces difficultés et en les portant sur la place publique, BeProsumer a contribué à créer les conditions de cette prise de conscience.
- Le prochain résultat attendu : des décisions financières confirmées, puis des améliorations mesurables chez les utilisateurs du réseau.
Ce que révèle l’annonce
Le problème qui dérangeait devient un argument pour agir
Un onduleur qui s’arrête en plein soleil. Une production perdue. Un ménage qui doit parfois acheter l’électricité que ses panneaux auraient pu lui fournir. Pris séparément, ces cas peuvent être renvoyés à une installation, une rue, une difficulté locale. Rassemblés et documentés, ils révèlent un enjeu collectif : l’adaptation du réseau à la transition énergétique.
Dans son article du 17 octobre 2026, Maxime Vande Weyer explique que la multiplication des difficultés de raccordement, des décrochages et des autres contraintes du réseau a pesé dans le ralliement des communes au projet d’ORES. Une formule résume ce changement :
« l’argument massue pour rallier les bourgmestres derrière le projet d’Ores »
Maxime Vande Weyer, L’Écho, 17 octobre 2026 — à propos des problèmes liés à l’inadéquation des réseaux avec la transition énergétique.[1]
Pour BeProsumer, ce passage est essentiel. Les problèmes que nos membres ont signalés, que nous avons expliqués et que nous avons refusé de laisser banaliser deviennent des éléments concrets d’un arbitrage politique et financier.
Nous saluons le travail de Fernand Grifnée, du comité de direction d’ORES et des représentants des actionnaires pour construire cette perspective de financement. Nous pouvons aussi être fiers de notre contribution : avoir aidé à faire des difficultés des prosumers un sujet que les décideurs doivent prendre en compte.
Une association de terrain peut transformer une succession de plaintes individuelles en une exigence collective de service public.
BeProsumer · Lanceur d’alerte et force de proposition
Notre contribution s’est construite dans la durée
L’expertise de BeProsumer vient des situations vécues par ses membres. Au fil des années, nous avons relié ces expériences, construit des outils et porté des propositions techniques et politiques. Cette continuité donne sa force à notre action.
- Milieu des années 2010
Les premiers signaux
Dans une interview publiée en novembre 2023, Régis François situait déjà les premiers échos de décrochages en 2014–2015, à une échelle alors plus limitée. Ce témoignage rétrospectif rappelle l’ancienneté des alertes remontées du terrain.[5]
- Début des années 2020
Rendre le phénomène visible
Les signalements se structurent, le cadastre déclaratif matérialise les zones touchées et la pédagogie aide les prosumers à comprendre ce qui se passe. Les témoignages trouvent un relais dans les médias et le débat public.[7]
- 6 juillet 2023
Porter des solutions au Parlement wallon
BeProsumer est auditionné sur la capacité du réseau et les décrochages. Notre approche associe interventions sur le réseau, adaptations chez le prosumer et gestion intelligente des flux, notamment à travers la logique OptiFlux.[6]
- 2024–2026
Passer du constat aux données et à la défense des droits
OpenWatt, les diagnostics, les solutions de pilotage et le travail sur l’indemnisation proportionnelle prolongent la mobilisation. En octobre 2026, le futur régime d’indemnisation reste en préparation : nous continuons à défendre ses conditions d’accès.[8][10]
Une stratégie complète
Alerter, c’est aussi donner les moyens d’agir
Notre priorité a toujours été que les installations puissent produire. C’est pourquoi nous avons travaillé sur plusieurs leviers complémentaires, sans demander aux membres d’attendre passivement un chantier dans leur quartier.
Expliquer
Articles, FAQ, conférences et interventions médiatiques : comprendre le lien entre injection, tension et mise en sécurité de l’onduleur permet de sortir de l’incompréhension et d’identifier les démarches utiles.
Retrouver le dossier décrochages →Mesurer
Avec OpenWatt, les données du compteur communicant deviennent lisibles : tension, injection et prélèvement, avec une granularité de cinq secondes. Elles soutiennent l’analyse d’une situation et la constitution d’un dossier auprès du GRD.
Découvrir OpenWatt →Diagnostiquer
Identifier les périodes critiques, comparer les phases et distinguer un problème de réseau d’une difficulté dans l’installation aide à cibler les interventions. Un bon conseil dépend de la situation mesurée chez le membre.
Comprendre notre stratégie →Développer des réponses
BeProsumer a contribué au cahier des charges de solutions de batteries intelligentes développées en Wallonie, notamment avec Azimut Energy : tenir compte de la tension et garder de la capacité pour absorber l’excédent aux moments critiques. Leur efficacité dépend du dimensionnement et du pilotage.[7]
Batteries intelligentes et préparation 2030 →Défendre des choix collectifs
Auditions parlementaires, échanges avec les autorités et interpellations des GRD : nous défendons le renforcement du réseau, une flexibilité utile et des priorités fondées sur les difficultés réellement rencontrées par ses utilisateurs.
Relire notre audition de 2023 →Protéger les victimes
Lorsque les mesures techniques ne suffisent pas, nous défendons une indemnisation proportionnelle au préjudice avéré et objectivé. Une réparation est particulièrement importante pour les ménages qui ne peuvent ni financer une modernisation ni obtenir rapidement des travaux du GRD.
Pourquoi indemniser reste nécessaire →
Du témoignage à la mesure
Donner du poids à ce que les membres vivent
Le cadastre a aidé à rendre le phénomène visible. OpenWatt permet d’aller plus loin dans l’analyse des tensions et des flux. Ce travail transforme l’expérience individuelle en éléments techniques exploitables.[8]
Chaque membre qui documente sa situation contribue aussi à la compréhension collective du réseau.
Le rôle de BeProsumer est celui d’un accélérateur de prise de conscience et de solutions. C’est cette contribution que nous revendiquons dans l’évolution du débat sur le financement des réseaux.
Comprendre le financement
800 millions de capitaux pour soutenir un plan beaucoup plus large
Accord de principe annoncé · Ratifications encore attenduesSelon L’Écho, les communes actionnaires, représentées par huit intercommunales pures de financement (IPF), soutiendraient les besoins en capitaux d’ORES jusqu’en 2035. Neowal a porté leur position dans les négociations. L’accord décrit dans l’article doit encore franchir les validations formelles annoncées.[1]
Pourquoi l’apport des actionnaires compte
Les fonds propres renforcent la solidité financière d’ORES et sa capacité à emprunter. L’Écho évoque aussi un recours aux marchés obligataires européens pouvant atteindre 3 milliards d’euros de dette : il s’agit d’un objectif de financement, pas d’une somme déjà levée.
Le soutien des actionnaires doit aussi rassurer les prêteurs. Selon l’article, ORES doit rencontrer Moody’s début décembre pour obtenir sa première notation financière. Une bonne évaluation pourrait limiter le coût de ses emprunts.
Les capitaux, le prêt de la BEI et les emprunts de marché sont des outils pour financer le plan. Ces chiffres ne sont pas des enveloppes à additionner au coût des investissements.
Quel arbitrage pour les communes ?
Les modalités varieront selon les IPF : emprunts, autres liquidités et, dans certains cas, réduction ou suspension des dividendes reversés aux communes. Le schéma annoncé prévoit aussi une rémunération des nouveaux apports.
La question politique est concrète : quelle part des ressources doit servir les budgets communaux aujourd’hui, et quelle part doit soutenir un réseau capable de rendre le service attendu demain ?
Et la facture des utilisateurs ? L’Écho rapporte qu’ORES ne demanderait pas une rémunération réglementaire plus élevée du fait de ces augmentations de capital. Cette annonce ne garantit pas la stabilité de l’ensemble des tarifs futurs : les investissements, les coûts d’exploitation et les décisions de la CWaPE restent à suivre.
Le soutien des associés s’inscrit dans un travail antérieur : dès l’assemblée générale d’ORES Assets du 21 mai 2026, le représentant de Neowal affichait son appui au plan d’investissement. L’annonce d’octobre précise l’horizon financier de cette mobilisation.[3]
Les prosumers en première ligne
Pouvoir produire, mais aussi se chauffer et se déplacer
Les prosumers ne sont pas seulement des producteurs. Beaucoup ont aussi investi dans une voiture électrique ou une pompe à chaleur pour remplacer des usages fossiles. Ils ont besoin d’un réseau adapté aux échanges dans les deux sens.
Quand la tension monte
Une injection importante sur un circuit contraint peut faire monter la tension. L’onduleur peut alors limiter sa production ou se mettre en sécurité : une partie de l’énergie solaire disponible est perdue.
Quand la tension baisse
Des prélèvements importants et simultanés peuvent provoquer une baisse de tension sur un circuit contraint. Selon les équipements, la recharge peut ralentir, un fonctionnement se dégrader ou une protection interrompre l’appareil.[11]
ORES reconnaît lui-même que la recharge simultanée de véhicules électriques et le fonctionnement de pompes à chaleur peuvent contribuer aux sous-tensions. Les décrochages photovoltaïques et les difficultés d’alimentation illustrent ainsi deux enjeux d’adaptation du réseau. La cause précise doit cependant être diagnostiquée : capacité locale, longueur des lignes, déséquilibre des phases ou installation intérieure peuvent intervenir.
Investir dans le réseau concerne donc les prosumers, leurs voisins, les entreprises et tous ceux qui souhaitent électrifier leurs usages. Une transition encouragée par les pouvoirs publics doit pouvoir s’appuyer sur un service de distribution à la hauteur.
Tension, courant et échauffement : la précision technique
Une baisse de tension ne fait pas systématiquement augmenter le courant. Pour un appareil qui maintient sa puissance électrique, une tension plus faible peut demander davantage de courant, dans les limites de sa régulation. En monophasé, la relation s’écrit P = U × I × facteur de puissance. À puissance et facteur de puissance constants, une baisse de tension implique donc davantage de courant. Les pertes par effet Joule dans une résistance donnée augmentent avec le carré du courant.
À l’inverse, pour une résistance fixe, une baisse de tension réduit le courant et la puissance. Certains moteurs ou contacteurs peuvent être mis en difficulté par une sous-tension, tandis que d’autres équipements réduisent leur puissance ou s’arrêtent. Une panne ne peut donc pas être attribuée au réseau sans diagnostic technique.[12]
Notre position reste cohérente
Moderniser le réseau et réparer les pertes doivent avancer ensemble
La perspective de nouveaux moyens financiers est une bonne nouvelle. Elle ne remet pas immédiatement en production un onduleur dans une rue saturée. Entre le financement, les études et les travaux, les ménages peuvent encore subir plusieurs saisons de pertes.
Certains peuvent moderniser leur installation, installer un pilotage ou une batterie intelligente. D’autres n’en ont pas les moyens. La capacité à financer un nouvel équipement ne peut pas devenir la condition pour bénéficier d’un réseau de qualité.
C’est le sens de notre demande d’indemnisation proportionnelle au préjudice subi : un filet de protection pendant l’attente d’une correction durable. La réparation compense une perte ; la modernisation traite sa cause. Ces deux objectifs relèvent d’une même exigence de responsabilité.[9]
Au dernier point parlementaire du 13 octobre 2026, le régime est toujours en préparation, avec une mise en œuvre visée au premier semestre 2027 et des critères encore en débat. Aucun versement acquis ne peut donc être déduit de l’annonce de financement d’ORES.[10]
Après l’annonce, les résultats
Notre vigilance se déplacera avec le dossier
L’enjeu est désormais de transformer cette perspective de financement en un réseau plus fiable. BeProsumer continuera à demander des réponses concrètes sur quatre points :
- La concrétisation du financementLes validations, les apports effectifs et leur calendrier doivent rendre le plan réalisable.
- La priorité aux zones en difficultéLes travaux doivent tenir compte des tensions mesurées, des pertes subies et des nouveaux usages attendus.
- Des résultats vérifiablesLa diminution des décrochages et des sous-tensions doit pouvoir être constatée par les utilisateurs, avec des données accessibles.
- Une répartition juste de l’effortLa facture des ménages, les arbitrages sur les dividendes et la réparation des préjudices doivent rester au cœur du suivi.
Référence pédagogique · Le point de vue d’ORES
30 minutes pour comprendre comment le réseau se finance
Électrons Libres — épisode 8
Comment ORES finance-t-elle ses activités ?
Avec Fernand Grifnée · Publication : 4 septembre 2026 · Durée : 29 min 43 s
La présentation de cet épisode annonce une explication du financement à partir d’exemples de budget familial : les dépenses de fonctionnement, les investissements durables, l’emprunt, les apports des actionnaires et le rôle du régulateur. Une porte d’entrée utile pour comprendre l’articulation entre capitaux, dette et revenus du réseau.[4]
Ce contenu présente l’analyse du dirigeant d’ORES. Il complète les explications financières de cet article ; notre lecture du rôle de BeProsumer reste celle de notre association.
La force des membres
Votre témoignage peut changer bien plus que votre propre situation
Les signalements des membres ont nourri notre expertise. Leur mobilisation et leurs cotisations soutiennent le travail technique, la pédagogie et la défense collective. Une difficulté vécue à domicile peut ainsi devenir une question posée au Parlement, une donnée exploitable ou une proposition de solution.
Nous accueillons l’avancée annoncée chez ORES avec satisfaction. À nos yeux, elle confirme l’utilité de rendre les problèmes visibles et de tenir le cap dans la durée. Notre travail se poursuit jusqu’à ce que cette ambition se traduise dans la qualité du service rendu.
Soutenir l’action de BeProsumer → Produire efficacement. Défendre intensément.Sources, repères et méthode
Point documentaire établi le 18 octobre 2026. Les montants et l’état des validations de l’accord d’octobre sont ceux rapportés par L’Écho le 17 octobre. La contribution de BeProsumer à cette prise de conscience constitue notre analyse de l’évolution du dossier, fondée sur les actions documentées ci-dessous.
- L’Écho — « Les communes wallonnes prêtes à injecter 800 millions d’euros dans le réseau électrique d’Ores d’ici à 2035 », Maxime Vande Weyer, 17 octobre 2026. Source de l’annonce, des chiffres, du statut de l’accord et de la citation courte.
- Banque européenne d’investissement — 450 millions d’euros à ORES pour moderniser le réseau électrique wallon, décembre 2025. Prêt destiné au programme d’investissements 2025–2027.
- ORES Assets — procès-verbal de l’assemblée générale du 21 mai 2026 et annexe, p. 4. Soutien au plan d’investissement exprimé par le représentant de Neowal.
- ORES / Électrons Libres — épisode 8, « Comment ORES finance-t-elle ses activités ? ». Descriptif de l’éditeur consulté ; date du 4 septembre 2026 et durée vérifiées dans le flux RSS officiel. Audio public proposé depuis l’hébergement de l’éditeur. Aucune transcription intégrale vérifiée n’a été utilisée et aucun propos précis n’est attribué à l’audio au-delà de ce descriptif.
- BeProsumer — interview de Régis François du 5 novembre 2023, archive reproduite dans l’export Actualités du 5 septembre 2026. Référence rétrospective aux premiers signalements de 2014–2015. L’article sur le site peut demander une identification.
- BeProsumer — audition au Parlement wallon du 6 juillet 2023, publication du 7 juillet 2023. Présentation des solutions côté réseau, côté installation et des principes de pilotage intelligent.
- BeProsumer — notre stratégie face aux décrochages ; dossier Batteries ; dossier Décrochages. Sources associatives sur la pédagogie, le cadastre, les diagnostics et la contribution aux solutions techniques.
- BeProsumer — OpenWatt. Historique du cadastre, exploitation des données du compteur communicant et fonctionnalités de diagnostic.
- BeProsumer — « Indemnisation des prosumers : ORES oppose réparation du préjudice et modernisation du réseau », 10 juillet 2026. Position associative sur la complémentarité de l’investissement et de la réparation.
- BeProsumer — suivi de la Commission Énergie du 13 octobre 2026. État d’avancement du projet d’indemnisation et calendrier annoncé, encore soumis aux arbitrages et à l’adoption du texte.
- ORES — problèmes de sous-tension et de surtension. Exemples de difficultés liées à la recharge de véhicules et aux pompes à chaleur.
- Caterpillar — Constant Power Loads ; Schneider Electric, Electrical Installation Guide — puissance et courant ; Schneider Electric — effets d’une tension de commande insuffisante sur un contacteur. Références du complément technique ; elles ne permettent pas d’attribuer une panne particulière au réseau.
Illustrations : logo et captures provenant du site BeProsumer ; couverture du podcast provenant de son hébergeur officiel. La capture OpenWatt et l’illustration de juillet sont des éléments pédagogiques, pas des données de suivi du futur programme d’investissement.