Revue de presse

Indemnisation décrochages : une victoire d’étape, mais pas un chèque en blanc

Le dossier que nous portons depuis plusieurs années vient de franchir un cap politique réel.

Le 28 mai 2026, le Gouvernement wallon a adopté en première lecture un avant-projet d’arrêté organisant enfin un régime d’indemnisation pour les limitations d’injection des installations photovoltaïques raccordées en basse tension. Le lendemain, à travers la ministre wallonne de l’Énergie, Cécile Neven, cette avancée a été présentée publiquement lors d’une conférence de presse largement relayée dans les médias.

Après des années de témoignages, d’analyses, de médiatisation, d’interpellations politiques, de travail technique avec OpenWatt et de mobilisation collective, nous ne sommes donc plus dans la simple intention politique. Un texte existe. Il a été adopté en première lecture. Il entre désormais dans une phase de consultation officielle.

Pour nos membres, il faut toutefois garder la bonne grille de lecture.

Oui, c’est une avancée majeure.

Non, le dossier n’est pas terminé.

Le Gouvernement a chargé la ministre de solliciter, dans un délai de trente jours, les avis des gestionnaires de réseau, de la CWaPE, de BeProsumer, de l’Union des villes et communes wallonnes, de l’Autorité de protection des données et du Pôle Énergie, avant de représenter ensuite le texte au Gouvernement.

En clair : la fenêtre d’influence est ouverte maintenant. Et c’est précisément dans cette séquence que nous devons peser.


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L’annonce qui change réellement le dossier

Le cœur de l’annonce publique est désormais clair : le mécanisme retenu n’est plus un forfait vide de sens, mais une indemnisation qui se veut objective et proportionnelle au préjudice réellement subi.

C’est un changement fondamental.

Pendant longtemps, les prosumers victimes de décrochages se sont retrouvés face à une double peine. D’un côté, leur installation photovoltaïque se mettait en sécurité précisément lorsque le soleil permettait de produire le plus. De l’autre, ils devaient parfois racheter de l’électricité sur le réseau alors même qu’ils avaient investi dans une installation censée couvrir une partie de leur consommation.

Cette situation n’était pas un simple désagrément technique. C’était une perte économique réelle, répétée, subie par des ménages qui avaient pris leur part dans la transition énergétique.

La conférence de presse du 29 mai 2026, les reportages diffusés par RTL-TVI et la RTBF, l’article de L’Écho signé Caroline Sury, puis les échanges en commission énergie du Parlement wallon le 2 juin 2026 ont confirmé une chose : le problème des surtensions et des décrochages n’est plus traité comme une anomalie marginale.

Il est désormais reconnu comme un enjeu de qualité de réseau, de justice économique et de responsabilité des gestionnaires de réseau.

Pour nous, cette séquence médiatique et politique est importante. Elle montre que le dossier est enfin sorti du couloir purement technique pour entrer dans le débat public, réglementaire et parlementaire.

C’est exactement le terrain sur lequel une association de défense doit travailler : objectiver, médiatiser, négocier, corriger et, lorsque c’est nécessaire, verrouiller juridiquement.

Ce que le projet d’arrêté prévoit

Le texte transmis en consultation vise les prosumers raccordés en basse tension qui subissent des limitations d’injection liées à des congestions locales du réseau.

En langage simple : lorsque la tension monte trop haut sur le réseau local, l’onduleur photovoltaïque se met en sécurité. La production s’interrompt. Le prosumer ne peut plus injecter l’électricité que ses panneaux auraient dû produire.

Le mécanisme prévu repose sur une logique annuelle. L’indemnisation couvrira l’ensemble des limitations d’injection survenues entre deux relevés d’index annuels ou, en cas de relevés mensuels, sur une période de douze mois.

La demande introduite par l’utilisateur vaudra pour la période en cours. Elle pourra également couvrir la période précédente si elle est introduite dans un délai prévu par le texte. Ce point mérite déjà une lecture attentive, car il ne s’agit pas d’une vraie rétroactivité générale, mais d’une forme de rattrapage limitée dans certaines conditions.

Le compteur communicant devient la pièce centrale

Le projet d’arrêté confirme également un point essentiel : sans compteur communicant, il ne sera pas possible d’objectiver correctement les surtensions et donc de bénéficier de l’indemnisation.

Nous comprenons que ce point puisse encore inquiéter certains prosumers. Beaucoup associent encore, à tort, le compteur communicant à une perte automatique du compteur qui tourne à l’envers.

Il faut le redire clairement : pour les installations photovoltaïques certifiées avant le 1er janvier 2024, le placement d’un compteur communicant ne supprime pas le droit à la compensation jusqu’au 31 décembre 2030, pour autant que les conditions réglementaires soient respectées.

Le projet d’arrêté va même plus loin : il prévoit que, dans le cadre d’une demande d’indemnisation, le remplacement du compteur ne perturbe pas le cycle de compensation annuelle.

C’est un point que nous suivrons de près, car nos membres savent à quel point la perturbation du cycle de compensation peut avoir des conséquences financières importantes lorsqu’un relevé d’index intervient au mauvais moment.

Le texte prévoit également que le gestionnaire de réseau devra installer un compteur communicant, fonction communicante activée, dans un délai maximal défini après la demande ou après réception des compléments nécessaires. Si le compteur est déjà installé mais que la fonction communicante est désactivée, celle-ci devra être activée dans un délai plus court.

Le message pratique est donc clair : les prosumers qui subissent des décrochages et qui souhaitent pouvoir bénéficier du futur mécanisme devront disposer d’un compteur communicant actif.

Une recevabilité fondée sur des données objectivables

Le critère central actuellement retenu dans le projet d’arrêté repose sur la tension mesurée au compteur communicant.

La demande d’indemnisation serait recevable si le gestionnaire de réseau constate qu’au moins une valeur de tension moyennée par quart d’heure dépasse 250,7 V sur la période observée.

Ce choix marque une rupture importante avec les approches précédentes. Nous passons d’une logique quasi impossible à déclencher à un critère plus simple, mesurable et exploitable à grande échelle.

Cela ne veut pas dire que tout est parfait.

La mesure quart-horaire reste une moyenne. Or, nous savons grâce aux données OpenWatt que certaines surtensions peuvent être brèves, répétitives, localisées ou partiellement noyées dans des moyennes plus larges. C’est précisément pour cette raison que nous continuerons à analyser le texte avec nos propres données de terrain.

Mais le principe général est beaucoup plus acceptable que les anciennes propositions.

Une indemnisation proportionnelle, pas un simple forfait

Le projet prévoit une indemnisation proportionnelle à la perte de production estimée.

La logique est la suivante : on cherche à estimer la production que l’installation aurait dû pouvoir injecter si elle n’avait pas été limitée par la congestion locale du réseau. Cette perte est ensuite valorisée financièrement.

Le calcul devrait notamment tenir compte de la puissance de l’installation, des périodes impactées, d’un profil de production synthétique et d’une valorisation économique de l’électricité non produite.

C’est exactement le principe que nous défendons depuis le début : lorsqu’un prosumer perd de la production à cause d’une qualité de tension défaillante sur le réseau, le préjudice doit être objectivé, quantifié et indemnisé de manière proportionnelle.

En cas de données incomplètes pour des raisons techniques, le projet prévoit également la possibilité d’utiliser un forfait afin d’éviter qu’un prosumer éligible soit privé d’indemnisation uniquement parce que certaines données manquent.

Mais ce forfait ne doit pas devenir une facilité au détriment des membres. Lorsque les données disponibles permettent de démontrer une perte supérieure au forfait, c’est bien le calcul sur base des données réelles qui doit primer.

Nous serons particulièrement attentifs à cette articulation.

Une automaticité bienvenue

Autre point positif : le mécanisme est conçu pour fonctionner automatiquement dans le temps.

Une fois la demande jugée recevable, l’utilisateur ne devrait pas devoir réintroduire une nouvelle demande chaque année tant que le gestionnaire de réseau n’a pas démontré que le problème est résolu.

C’est un élément important.

Sans cette automaticité, le mécanisme risquerait de devenir une usine administrative obligeant les prosumers à recommencer chaque année les mêmes démarches. Avec cette automaticité, le dispositif devient aussi un levier de responsabilisation des gestionnaires de réseau.

Tant que le problème persiste, l’indemnisation continue.

Et tant que l’indemnisation continue, le gestionnaire de réseau a un incitant économique à investir dans les zones problématiques.

C’est exactement l’équilibre que nous défendons : indemniser les prosumers lorsque le réseau ne suit pas, tout en poussant structurellement les gestionnaires de réseau à moderniser l’infrastructure.

Le paiement : jusqu’à trois mois après la période concernée

Le mécanisme présenté publiquement prévoit que l’indemnité soit versée au plus tard dans les trois mois suivant la fin de la période de référence, généralement liée au relevé d’index.

Concrètement, un prosumer qui se signale en 2027 ne recevra pas nécessairement une indemnité immédiatement. Le calcul sera réalisé sur base de la période annuelle concernée, puis le paiement interviendra après la clôture de cette période.

C’est un point important à expliquer à nos membres afin d’éviter les malentendus.

Il ne s’agira pas d’un remboursement instantané après chaque décrochage, mais d’une indemnisation annuelle calculée sur base de l’ensemble des pertes estimées.

Pourquoi cette version est déjà bien meilleure que les précédentes

Pour mesurer l’avancée, il faut se souvenir d’où nous venons.

Le précédent gouvernement avait envisagé un mécanisme forfaitaire reposant sur des conditions tellement restrictives qu’il risquait de ne quasiment jamais s’appliquer dans la réalité.

Nous avions dénoncé cette approche comme une coquille vide.

Exiger, par exemple, des durées de surtension continues et très longues ne correspondait pas aux décrochages réellement observés sur le terrain. Les données que nous avons pu analyser grâce aux compteurs communicants et à OpenWatt montrent que les décrochages réels sont souvent faits d’épisodes répétés, parfois courts, mais suffisants pour interrompre la production et générer des pertes économiques.

Un mécanisme qui ne reconnaît pas cette réalité ne protège pas les prosumers. Il donne simplement l’apparence d’une solution.

La nouvelle architecture change la logique de fond.

Nous passons d’un dispositif forfaitaire, rigide et largement inapplicable à un mécanisme qui reconnaît le principe d’une perte de production objectivée, calculée annuellement, sur base de données mesurées et reconduite tant que le problème persiste.

C’est une avancée majeure.

La suppression du BVQ : une victoire importante

Un autre point doit être souligné : la disparition du critère BVQ, pour Bad Voltage Quality.

Dans la proposition précédente de la CWaPE, ce critère risquait d’exclure une part significative des prosumers réellement victimes de décrochages. Nos analyses montraient qu’environ un quart des prosumers touchés auraient pu être écartés du mécanisme d’indemnisation malgré des décrochages bien réels.

Nous avons alerté sur ce point.

Nous l’avons porté dans nos échanges avec le cabinet, dans nos analyses, dans nos interventions et dans la presse.

Le fait que ce critère ait été retiré du projet constitue donc une victoire importante.

Ce n’est pas un détail technique. C’est la différence entre un mécanisme qui couvre réellement les victimes et un mécanisme qui recrée, sous une forme plus sophistiquée, une nouvelle coquille vide.

Nous avons toujours défendu une ligne simple : l’indemnisation proportionnelle n’a de sens que si elle est accessible aux prosumers qui décrochent réellement.

Sur ce point, nous avons été entendus.

Les angles morts qui doivent encore être corrigés

Cette avancée ne signifie pas que nous validons le texte tel quel.

Plusieurs points restent sensibles.

Le premier est la non-rétroactivité.

Nous comprenons l’argument politique avancé par le cabinet : pour les décrochages futurs, le coût de l’indemnisation peut jouer un rôle d’incitant pour les gestionnaires de réseau. Plus ils investissent dans les zones problématiques, plus les décrochages diminuent, et donc plus les indemnités à payer diminuent.

Pour les décrochages passés, en revanche, l’indemnisation serait un coût incompressible. Aucun investissement futur ne peut effacer un préjudice déjà subi.

Cet argument a une cohérence économique.

Mais il ne règle pas la question d’équité pour les prosumers qui disposent déjà d’un compteur communicant, qui enregistrent leurs données depuis longtemps, et qui peuvent démontrer un préjudice réel, objectivé et documenté.

Nous analyserons donc si cette absence de rétroactivité est justifiée, proportionnée et compatible avec l’objectif politique affiché : indemniser un préjudice avéré et objectivé.

Le deuxième point sensible est le seuil minimal d’indemnisation.

Le BVQ a disparu, ce qui est une victoire. Mais le texte maintient un seuil sous lequel aucune indemnité ne serait due. Sur papier, ce seuil peut sembler raisonnable. Dans la pratique, il faudra vérifier s’il n’écarte pas certains cas réels où les pertes, même réparties de manière diffuse, restent économiquement significatives.

Le troisième point est potentiellement plus lourd encore : la règle spécifique applicable aux prosumers bénéficiant encore du mécanisme de compensation.

Le projet prévoit que, dans certaines situations, l’indemnité annuelle pourrait être ramenée à zéro si le gestionnaire de réseau démontre que le prélèvement net du prosumer est nul ou négatif sur la période concernée.

En langage simple : un prosumer pré-2024 qui reste net injecteur sur l’année pourrait ne rien recevoir, même s’il a subi des décrochages réels.

Ce point devra être analysé avec une très grande vigilance.

Il touche directement une partie importante des ménages encore sous compensation, donc une frange centrale de nos membres.

Nous devrons vérifier si cette logique est compatible avec le principe même d’un préjudice de production. Car même un prosumer qui reste net injecteur sur l’année peut avoir perdu de la production à cause d’un réseau incapable d’absorber son injection à certains moments.

Le quatrième point concerne l’écart possible entre la communication politique et la rédaction juridique.

Dans la communication publique, le mécanisme est parfois résumé comme si un simple décrochage détecté suffisait. Or le texte parle d’un critère de tension quart-horaire au compteur communicant, combiné à d’autres conditions de recevabilité, d’irrecevabilité et de calcul.

Nous devrons donc nous assurer que le texte, les formulaires GRD, les communications publiques et les procédures concrètes disent exactement la même chose.

Un bon mécanisme doit être lisible, vérifiable et compréhensible par les citoyens.

Pourquoi OpenWatt devient un outil stratégique

Dans ce nouveau contexte, OpenWatt devient un outil stratégique.

Depuis le début, nous avons refusé que le dossier des décrochages repose uniquement sur des impressions, des captures d’écran d’onduleurs ou des témoignages isolés.

Ces éléments sont utiles. Ils ont permis de faire émerger le problème. Mais pour défendre les prosumers face aux gestionnaires de réseau, au régulateur et au monde politique, il fallait aller plus loin.

Il fallait de la donnée.

Grâce au dongle P1 connecté au compteur communicant, OpenWatt permet de récolter des données de tension, de prélèvement, d’injection et de comportement électrique avec une finesse beaucoup plus importante que les simples relevés classiques.

Cela permet de visualiser les surtensions, de comprendre à quels moments elles apparaissent, d’identifier les phases concernées, d’évaluer l’impact réel sur l’installation, et parfois de détecter des pistes d’amélioration côté prosumer.

Car nous le rappelons : l’indemnisation ne doit jamais être la première réponse.

La première réponse doit être de comprendre.

Tous les décrochages ne se ressemblent pas. Certains sont directement liés à un réseau insuffisamment dimensionné. D’autres peuvent être aggravés par une section de câble insuffisante, un déséquilibre de phases, un ancien paramétrage d’onduleur ou une configuration électrique perfectible.

Grâce aux données, il devient possible de poser un diagnostic plus sérieux.

Et lorsque le problème ne peut pas être résolu à court terme, ces mêmes données deviennent un outil de défense.

Vérifier demain le calcul du gestionnaire de réseau

Le futur mécanisme reposera sur des calculs réalisés par les gestionnaires de réseau.

Nous serons très attentifs à la méthodologie appliquée.

Nos membres ne doivent pas être condamnés à subir un calcul opaque, présenté comme incontestable simplement parce qu’il vient du GRD.

C’est ici que l’intérêt d’OpenWatt devient évident.

La plateforme permet déjà de simuler une indemnisation potentielle sur base des données disponibles et de la formule envisagée. Elle permet donc de disposer d’un point de comparaison indépendant.

Demain, lorsqu’un prosumer recevra une indemnité calculée par son gestionnaire de réseau, il devra pouvoir vérifier si ce calcul est cohérent.

C’est une question de transparence.

C’est aussi une question de rapport de force.

Un mécanisme d’indemnisation ne sera réellement crédible que s’il est auditable par les citoyens et contestable lorsque les calculs semblent erronés.

L’avantage BeProsumer pour OpenWatt

Dans ce contexte, nous rappelons que les membres BeProsumer bénéficient d’un avantage spécifique grâce au partenariat conclu avec OpenWatt.

Ils peuvent accéder au pack Smart au prix du pack Starter, soit une réduction de 50 % sur l’abonnement annuel.

Concrètement, le pack Smart apporte des fonctionnalités particulièrement utiles dans le contexte des décrochages : mesure plus fine, analyse de la qualité électrique, détection des surtensions, simulateur d’indemnisation, rapports détaillés, aperçu énergétique et outils permettant de mieux comprendre sa production, son injection, son prélèvement et sa réserve solaire encore utilisable dans le cadre de la compensation.

Pour un membre qui subit des décrochages, l’objectif n’est pas simplement de préparer une demande d’indemnisation.

L’objectif est plus large : mesurer, comprendre, agir, vérifier et défendre ses droits.

OpenWatt complète le compteur communicant. Il ne le remplace pas.

Le compteur communicant restera le socle réglementaire du futur mécanisme. Mais le dongle P1 et la plateforme OpenWatt permettent d’aller beaucoup plus loin dans l’analyse, le diagnostic et le contrôle indépendant.

Notre stratégie depuis plusieurs années

Il serait faux de présenter l’annonce du 29 mai 2026 comme un réveil spontané du politique.

Cette avancée est le résultat d’un travail collectif mené depuis plusieurs années.

Nous avons d’abord rendu visible un problème que beaucoup voulaient encore présenter comme marginal.

Nous avons créé un cadastre des décrochages basé sur les déclarations de nos membres. Cet outil a joué un rôle déterminant. Il a permis de montrer que les décrochages ne concernaient pas quelques cas isolés, mais des milliers de prosumers répartis dans plusieurs zones de Wallonie.

Nous avons ensuite poussé l’objectivation technique avec OpenWatt et les dongles P1.

Nous avons participé aux échanges avec le régulateur, les gestionnaires de réseau, les acteurs du secteur et les responsables politiques.

Nous avons médiatisé le dossier à chaque fois que c’était nécessaire.

Nous avons préparé, avec nos partenaires juridiques, la possibilité d’une action collective si le politique n’aboutissait pas ou si le mécanisme final devait se révéler insuffisant.

Nous avons également travaillé sur des solutions concrètes pour les membres qui ne voulaient pas attendre une modernisation hypothétique du réseau de leur quartier.

C’est dans cette logique que nous avons organisé en 2025 un achat groupé de batteries réellement intelligentes avec Azimut Energy. Cette démarche n’était pas commerciale. Elle s’inscrivait dans notre stratégie multi-volets : pression sur les GRD et le politique, objectivation des préjudices, préparation d’un cadre d’indemnisation, et mise à disposition d’une troisième voie pour les prosumers souhaitant reprendre le contrôle de leur production.

Notre ligne n’a jamais changé : mesurer avant de subir, corriger lorsque c’est possible, indemniser lorsque le réseau ne suit pas.

Ce que nous retenons des reportages RTBF et RTL-TVI

Les reportages diffusés à la RTBF et sur RTL-TVI ont permis de mettre des visages et des situations concrètes derrière les textes.

Ils ont rappelé que les décrochages ne sont pas une abstraction réglementaire.

Ce sont des installations qui s’arrêtent. Ce sont des ménages qui perdent de la production. Ce sont des citoyens qui ont investi dans la transition énergétique et qui se retrouvent pénalisés par une qualité de réseau insuffisante.

Les reportages ont également confirmé l’ordre de grandeur annoncé publiquement : quelques dizaines à plusieurs centaines d’euros par an selon les installations, le niveau de décrochage et la méthode de calcul.

Notre porte-parole, Régis François, a rappelé dans ces reportages notre position : nous prenons acte de l’avancée, mais nous serons très attentifs aux formules mathématiques et aux modalités concrètes. Une indemnisation proportionnelle n’a de valeur que si elle indemnise réellement les membres touchés, proportionnellement au préjudice total qu’ils subissent.

C’est cette vigilance que nous maintiendrons dans la phase de consultation.

Ce que nous retenons de la chronique de Caroline Sury

La chronique de Caroline Sury sur RTL-TVI et son article dans L’Écho ont eu le mérite de vulgariser très clairement les principaux paramètres du mécanisme : entrée en vigueur envisagée en 2027, nécessité du compteur communicant, signalement auprès du gestionnaire de réseau, calcul dépendant de la puissance de l’installation, de l’ensoleillement, du taux de décrochage et du prix moyen de l’électricité.

Elle a également mis en avant un point important : le retrait du critère BVQ, après les alertes de BeProsumer.

Ce point doit être compris pour ce qu’il est : une victoire concrète obtenue parce que nous avons pu démontrer, données à l’appui, qu’un critère apparemment technique risquait d’exclure une part importante des victimes réelles.

La chronique a aussi rappelé que le compteur communicant ne fait pas perdre le droit à la compensation. C’est un message essentiel, car cette crainte reste encore très présente chez de nombreux prosumers.

Nous devons continuer à expliquer ce point avec pédagogie, car le compteur communicant devient désormais indispensable pour objectiver les surtensions et accéder au futur mécanisme d’indemnisation.

Ce que nous retenons de la commission énergie du 2 juin 2026

La commission énergie du 2 juin 2026 a confirmé politiquement plusieurs éléments importants.

Les parlementaires ont interrogé la ministre sur le calendrier, les critères de recevabilité, la rétroactivité, le rôle du compteur communicant et le risque d’exclusion de certains prosumers réellement touchés.

La ministre a confirmé que le projet d’arrêté avait été adopté en première lecture et qu’il traduisait l’engagement de la Déclaration de politique régionale en faveur d’une indemnisation proportionnelle au préjudice réellement subi.

Elle a également confirmé que les préoccupations exprimées, notamment par BeProsumer, avaient été entendues concernant le risque d’exclusion d’une partie des prosumers touchés.

Le critère jugé trop restrictif a donc été supprimé.

Sur la rétroactivité, la ministre a expliqué que le Gouvernement n’envisageait pas d’indemniser les préjudices passés, en raison de la logique d’incitant aux investissements futurs.

Nous entendons cette justification. Mais nous continuerons à analyser ce point, car il concerne directement des prosumers qui ont déjà objectivé leurs pertes depuis plusieurs années.

Les répliques des parlementaires ont également permis de rappeler un message important : le compteur communicant ne supprime pas le compteur qui tourne à l’envers pour les installations concernées.

Cette clarification politique est utile. Elle devra maintenant être répétée, sécurisée et correctement traduite dans les communications des gestionnaires de réseau.

Notre lecture au 2 juin 2026

À ce stade, notre lecture est nette.

Ce qui sort du cabinet de la ministre Cécile Neven constitue une avancée majeure.

Le dossier sort enfin de l’impasse dans laquelle l’avaient enfermé les anciennes propositions forfaitaires. La suppression du BVQ est une victoire importante. Le passage à une indemnisation proportionnelle, annualisée, objectivée et reconductible tant que le problème persiste constitue un saut qualitatif considérable.

Sur ce point, il faut le dire clairement : nous sommes très loin de la coquille vide que nous dénoncions précédemment.

Mais une avancée n’est pas une ligne d’arrivée.

Le texte doit encore être analysé, corrigé et sécurisé sur plusieurs points sensibles : non-rétroactivité, seuil minimal d’indemnisation, situation des prosumers encore en compensation, méthode de calcul exacte, cohérence entre communication politique et texte juridique, rôle des données incomplètes, procédure GRD, délais, lisibilité des formulaires et capacité réelle des citoyens à vérifier le calcul effectué.

C’est précisément pour cela que nous serons consultés.

Et c’est précisément pour cela que nous devons rester vigilants.

Ce que nous recommandons à nos membres

Pour les prosumers qui subissent des décrochages, plusieurs messages pratiques doivent être retenus dès aujourd’hui.

Si vous n’avez pas encore de compteur communicant, il ne faut plus repousser indéfiniment la réflexion. Le futur mécanisme reposera sur cet outil.

Si vous subissez des décrochages, commencez à documenter votre situation proprement : dates, périodes, messages d’erreur de l’onduleur, photos, historique, contacts avec votre installateur ou votre gestionnaire de réseau.

Si vous voulez comprendre votre situation plus finement et être capable, demain, de vérifier le calcul du GRD, l’utilisation d’un dongle P1 avec OpenWatt devient une démarche rationnelle.

Si votre installation décroche, ne partez pas du principe que l’indemnisation est la seule réponse. Certaines situations peuvent être réduites ou améliorées par une analyse technique : phases, câbles, paramétrage d’onduleur, tension réelle, configuration locale.

Et si le réseau ne permet toujours pas de produire normalement malgré tout, alors le préjudice doit être reconnu et indemnisé.

C’est notre ligne.

Conclusion : une victoire d’étape, pas un chèque en blanc

L’annonce du 29 mai 2026 marque une étape importante dans un combat que nous menons depuis plusieurs années.

Elle montre qu’un problème longtemps minimisé peut devenir un dossier politique central lorsqu’il est documenté, cartographié, médiatisé, techniquement objectivé et défendu collectivement.

Elle montre aussi l’utilité d’une association structurée, indépendante et financée par ses membres.

Sans cadastre des décrochages, sans témoignages, sans OpenWatt, sans analyses, sans interventions dans les médias, sans travail juridique, sans pression politique et sans mobilisation collective, nous n’en serions probablement pas là aujourd’hui.

Mais notre rôle ne s’arrête pas au moment où une conférence de presse annonce une bonne nouvelle.

Notre rôle commence même souvent à ce moment-là.

Car un principe politique doit maintenant devenir un texte juste, lisible, applicable, vérifiable et réellement protecteur pour les prosumers touchés.

Nous accueillerons donc cette avancée pour ce qu’elle est : une victoire d’étape majeure.

Mais nous ne signerons aucun chèque en blanc.

Nous analyserons le projet d’arrêté dans le détail. Nous formulerons nos remarques. Nous défendrons les corrections nécessaires. Nous resterons attentifs à la méthodologie de calcul. Et nous continuerons à vérifier que les membres qui décrochent réellement soient effectivement indemnisés proportionnellement au préjudice subi.

Chez BeProsumer, notre ligne reste inchangée :

mesurer avant de subir,

corriger lorsque c’est possible,

indemniser lorsque le réseau ne suit pas.

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