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Mémoire BeProsumer · Assemblée générale 2024

Au WEX, les prosumers interpellent le politique

Le 26 mai 2024, deux semaines avant les élections, BeProsumer réunissait ses membres et cinq partis autour d’une question simple : comment tenir les promesses faites aux ménages qui ont investi dans le photovoltaïque ? Ce jour-là, les cinq représentants présents soutiennent à main levée le principe d’une indemnisation proportionnelle. Revivez la séance, puis mesurez ce qui a changé en 2026.

26 mai 2024WEX · Marche-en-Famenne Vote unanime filmé6 séquences · 1 h 58+ 1 compilation bonus
La grande salle du WEX préparée pour l’Assemblée générale BeProsumer 2024, avec la scène verte et les rangées de sièges
© Alice Elshout · @picsofalice
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Revivre la journée ou rejoindre directement un enjeu

Le parcours chronologique respecte l’ordre de la séance. Les accès thématiques pilotent directement le bon lecteur intégré au bon moment, sans quitter le site BeProsumer.

Le contexte

Un moment charnière pour l’association

Le WEX n’accueille pas seulement une assemblée statutaire. À quatorze jours du scrutin du 9 juin, la grande salle devient un espace d’interpellation publique où les enjeux techniques sont traduits en choix politiques.

Une année électorale

Les décisions à venir sur la compensation, les réseaux et les tarifs dépendent de la prochaine majorité wallonne. BeProsumer place les engagements devant les membres avant le vote.

Des risques immédiats

Le recours flamand fait craindre pour le compteur qui tourne à l’envers, tandis que les décrochages exposent déjà de nombreux ménages à des pertes de production.

Une parole confrontée au réel

MR, Ecolo, PTB, PS et Les Engagés répondent sur scène ; la N-VA est entendue séparément. Les comptes de l’ASBL et les questions du public complètent cette « big picture ».

Vote à main levée lors de l’Assemblée générale BeProsumer 2024 au WEX
26 mai 2024 · WEX, Marche-en-Famenne · relire l’annonce publiée le lendemain.
5partis représentés
1position publique commune
14 joursavant les élections
Le moment charnière · 26 mai 2024

Le vote à main levée qui change le rapport de force

Willy Borsus (MR), Olivier Biérin (Ecolo), Antoine Hermant (PTB), Laurent Léonard (PS) et François Desquesnes (Les Engagés) soutiennent publiquement le principe défendu par BeProsumer : une indemnisation proportionnelle aux pertes réellement subies par les prosumers.

Cinq représentants, une ligne commune visible

Réparer le préjudice réel — chaque durée de décrochage — plutôt que verser un forfait déconnecté de la perte de production.

Pourquoi ce geste compte

À ce moment-là, le projet de fin de législature prévoit environ 44 € par kVA et par an, mais seulement après deux heures continues de décrochage : une combinaison que BeProsumer juge inaccessible à la majorité des victimes réelles.

Le vote du WEX rend la contradiction impossible à ignorer : la proportionnalité est soutenue sur scène, face caméra, mais absente du texte encore préparé. Une semaine plus tard, le gouvernement sortant ne s’accorde pas en troisième lecture et reporte le dossier à la législature suivante.

Du geste public au chantier réglementaire

  1. Les cinq partis présents approuvent publiquement la proportionnalité au WEX.
  2. Le mécanisme forfaitaire n’aboutit pas en troisième lecture et le dossier est reporté.
  3. → BeProsumer porte ses demandes auprès des formateurs ; la DPR prévoit ensuite une indemnité proportionnelle en cas de préjudice avéré et objectivé.
  4. Un avant-projet franchit une première lecture gouvernementale. Le principe devient un projet de texte, encore à sécuriser dans ses critères.

Revoir le vote

La séquence du vote, à regarder directement ici. En cas de problème de lecture : ouvrir sur YouTube.
1 h 58 dans l’ordre

Six étapes, un même fil

Commencez au début pour revivre l’expérience de la salle, ou entrez dans la séquence qui vous intéresse. La compilation de Régis François vient ensuite comme bonus thématique.

  1. Ouverture · 10:04

    Bilan, contentieux et enjeux de l’année électorale.

  2. Recours flamand · 11:25

    Entendre l’explication de la N-VA avant le débat wallon.

  3. Comptes et votes · 06:33

    Transparence financière et décisions statutaires.

  4. Grand débat · 59:45

    Cinq partis face aux demandes des prosumers.

  5. Questions du public · 24:18

    La salle confronte les réponses au vécu quotidien.

  6. Mot de la fin · 05:55

    Régis François replace l’action collective dans le temps long.

Les captations

Voir, comprendre, vérifier

Chaque carte associe la vidéo, ses chapitres cliquables, les idées à retenir, une éventuelle relecture en 2026 et la transcription complète. Les propos politiques sont restitués comme des déclarations de 2024, sans validation automatique de leur exactitude.

Ouverture · 10:04

Ouvrir l’AG : bilan, contentieux et année électorale

Benjamin Maréchal et Régis François donnent le ton : une assemblée statutaire, mais aussi un rendez-vous politique organisé au WEX, en marge de SolarXPO, à deux semaines des élections. Les certificats verts, les décrochages et le recours flamand placent immédiatement la stabilité des prosumers au centre de la journée.

Un rendez-vous en deux temps

Le bilan associatif et financier doit précéder une confrontation directe avec les représentants politiques.

Des dossiers déjà lourds

Certificats verts, compensation et décrochages sont présentés comme des engagements à sécuriser, pas comme de simples débats techniques.

Le réseau au premier plan

La présence d’ORES, l’absence regrettée de RESA et l’intervention annoncée de la N-VA montrent la diversité des acteurs interpellés.

Lire la transcription corrigée · 25 blocs

Méthode. Transcription éditoriale fidèle au sens, corrigée à partir des sous-titres automatiques. Les hésitations ont été allégées ; aucun passage incertain n’a été inventé. Cette version n’est pas un procès-verbal certifié mot à mot.

[00:00] Ambiance
Musique d'ouverture.

[02:19] Benjamin Maréchal
Bonjour, ravi de vous accueillir avec le bon son dans ce WEX de Marche-en-Famenne, à l'assemblée générale de BeProsumer. Vous n'avez pas manqué, j'imagine, de faire un petit tour dans le salon Solar Expo, qui est en marge de l'assemblée générale. Vous aurez l'occasion d'y retourner après, puisque Solar Expo sera encore ouvert quelques dizaines de minutes après votre assemblée générale.

[02:40] Benjamin Maréchal
Alors, ça ne vous aura pas échappé, le moment est évidemment important, puisqu'une assemblée générale, ça marque le bilan, un instantané d'une ASBL qui défend vos droits de propriétaires de panneaux photovoltaïques. Et puis surtout, ça ne vous aura pas échappé : on vote dans quelques jours. Voilà pourquoi nous allons procéder en deux temps cet après-midi, avec des éléments, évidemment, d'assemblée générale, et puis les différents partis politiques qui viendront défendre ce qui s'est passé dans cette législature et peut-être livrer déjà, avec pourquoi pas quelques scoops ou quelques accords de future majorité, ce qui se passera demain.

[03:09] Benjamin Maréchal
Les sujets ne manquent pas. On pourrait évidemment y passer la nuit, entre les décrochages et le fameux recours de la Flandre, dont nous parlerons dans quelques instants, avec donc un moment politique en deux temps : le débat des partis et, avant ça, la N-VA viendra s'expliquer sur le fameux recours de leur ministre de l'Énergie. Qu'est-ce qui sous-tend ce recours ? Quelles en sont les coulisses ? On aura l'occasion d'en parler tout à l'heure.

[03:30] Benjamin Maréchal
On va faire une chose à la fois. Je vous demande d'abord, pour entamer cette assemblée générale, d'accueillir le président de l'ASBL BeProsumer, Régis François, s'il vous plaît.

[03:39] Ambiance
Applaudissements.

[03:45] Benjamin Maréchal
Bonjour, Monsieur le Président. Prenez possession de la scène et du pupitre.

[03:50] Régis François
Eh bien voilà. Tout d'abord, bonjour et merci à vous d'être venus nombreux, de nouveau, à l'assemblée générale. On a organisé ça, je vous l'avoue, un peu tard. C'est vrai qu'on a communiqué un tout petit peu tard, mais, en fait, on a voulu systématiquement faire quelque chose d'un peu différent et avoir également ce salon Solar Expo, qui est organisé par le WEX en collaboration avec nous. On a surtout voulu vous montrer tout ce qui pouvait se faire au travers de vos installations photovoltaïques.

[04:17] Régis François
Ce qu'on a voulu également, c'est avoir un grand débat à deux semaines des élections et se dire : voilà, quel est le bilan du gouvernement wallon ? Quelles sont les perspectives éventuelles que l'on va avoir dans les toutes prochaines semaines, les prochains mois et les prochaines années au niveau de nos installations photovoltaïques ?

[04:34] Régis François
On va évidemment aborder l'ensemble des grands thèmes, revenir sur cette année 2023. Je vais même aller un petit peu jusqu'à l'année 2024 et l'échec… l'échec du recours. Oui, c'était compliqué, c'était compliqué. On a eu un échec de recours devant la cour d'appel, notamment au niveau des certificats verts.

[04:56] Régis François
Aujourd'hui, en fait, on a un énorme problème avec l'arrêt que nous a rendu la cour d'appel de Liège, puisqu'elle a quasiment tout balayé — ou, tout au moins, rendu un arrêt dans lequel elle ne suivait pas tout notre raisonnement juridique — mais elle ne nous dit pas pourquoi. On a un réel problème de motivation de cet arrêt. Or, ce que j'attends quand même — je suis assez légaliste là-dessus —, c'est que, si une cour d'appel nous dit : « Je ne suis pas d'accord » ou « Le gouvernement wallon avait raison », à ce moment-là elle doit le justifier. Elle doit motiver, dire pourquoi elle n'est pas d'accord avec chaque argument juridique que nous avons avancé.

[05:33] Régis François
Les 7 %, vous vous en souvenez tous, hein ? Les 7 %, ça, c'est quelque chose d'extraordinaire. En fait, les avocats du gouvernement wallon n'ont, de nouveau, jamais réussi à nous expliquer d'où venaient ces 7 %. Pourquoi 7 et pas 6,5 ? Pourquoi pas 8 ? Non : 7.

[05:52] Régis François
Concrètement, qu'est-ce qui va se passer ? Est-ce que c'est terminé, maintenant qu'on a eu cet arrêt de la cour d'appel ? Clairement, non. On est occupés et on est en voie de finalisation d'un pourvoi en cassation, qui sera déposé justement pour certains motifs bien particuliers.

[06:08] Régis François
Puisque même, en fait, l'article 159 de la Constitution — je vous épargne les termes, moi-même je ne saurais pas vous les expliquer ici —, l'article 159 de la Constitution, l'autorité de chose jugée et [suite de l'énumération juridique indistincte] ont été balayés, n'ont même pas été abordés par la cour. Bref, ce sont des dossiers, vous savez, Mesdames et Messieurs, où on arrive devant une cour à trois juges avec des dossiers qui pèsent, au total, pour les requérants, pas loin de 200 millions d'euros. Vous vous rendez quand même bien compte que ce n'est pas évident de porter ce type de recours.

[06:36] Régis François
Mais on continuera de le faire. Donc oui, il y aura clairement — à mon avis, c'est quasi sûr et certain — un recours devant la Cour de cassation. On va demander que la Cour de cassation se prononce justement sur cet arrêt de la cour d'appel. Deuxième grand volet : c'est donc très loin d'être fini au niveau des certificats verts. Je tiens à rassurer tout le monde également. Je vous ai promis — toujours promis, en tout cas — d'aller jusqu'au bout.

[06:57] Régis François
Au niveau, véritablement, d'autres choses, les grandes thématiques pour l'instant, ce sont les décrochages, les problèmes, l'incertitude, le réseau électrique qui ne suit pas, le sous-investissement dans le réseau. Et oui, évidemment, l'ultime épisode de la saga arrivé il y a un mois : le recours de la Flandre contre le compteur qui tourne à l'envers.

[07:18] Régis François
Ça, c'est très dangereux, parce que vous allez toutes et tous — moi-même y compris — être impactés si jamais le Conseil d'État donne raison à la Flandre à ce niveau. Voilà, ce sont 360 000 foyers qui perdront le compteur qui tourne à l'envers. Je me plais toujours à rappeler aux personnes présentes également que ce sont 700 000 bulletins de vote.

[07:41] Régis François
Et c'est très dangereux parce que j'ai l'impression, quand même, que cet arrêté du gouvernement wallon, datant de la fin de l'année 2023 lorsqu'il a été déposé et querellé d'ailleurs début 2024, ne m'apparaît pas blindé. Et j'ai des doutes. Franchement, au départ, je n'en avais pas. Là, aujourd'hui, je commence sérieusement à avoir des doutes, après une analyse juridique que l'on a demandée chez nous aussi. Il y a en effet un risque clair que, à un moment donné, le Conseil d'État décide que nous ne puissions plus garder la compensation, le compteur qui tourne à l'envers.

[08:12] Régis François
Sujet qui sera d'ailleurs évidemment abordé ensemble lorsque l'on échangera lors du débat, qui durera pratiquement une heure. Ce sera évidemment un des grands thèmes.

[08:22] Régis François
BeProsumer, en 2023, c'était aussi, allez, un petit réveil à un moment donné. Vous savez, ce sont parfois beaucoup de choses qui se passent en coulisses et que l'on ne peut pas toujours vous expliquer de manière très claire via les réseaux sociaux, via des newsletters et autres. Ce n'est pas toujours simple, pas toujours évident. Mais croyez-moi : si on n'avait pas été là depuis autant d'années, le compteur qui tourne à l'envers ne serait même plus un sujet aujourd'hui. Vous ne l'auriez déjà plus depuis, je pense, un petit temps.

[08:51] Régis François
Donc voilà, merci d'être là. On va évidemment échanger ensemble. Je tiens également à souligner deux choses. ORES est quand même venu à ce salon. Ils savent que le réseau connaît des problèmes, mais je tiens à saluer leur présence parce qu'ils ont eu le courage de venir. Je leur avais dit : « Venez parler à ces gens. »

[09:15] Régis François
RESA, pour les Liégeois, je suis désolé, mais a préféré la politique de la chaise vide. Voilà. Apparemment, pour RESA, le réseau ne semble pas avoir de problème et ils ne tenaient pas à venir discuter avec les personnes qui avaient des questions à poser. Ça, je ne peux que le regretter aussi.

[09:33] Régis François
Et je tiens également à saluer la présence de la N-VA qui, tardivement, nous a dit : « OK, on va venir expliquer pourquoi on a déposé ce recours. » Ce n'est pas toujours évident non plus de venir expliquer les choses quand on l'a fait comme ça. Voilà, je tiens aussi à les remercier pour leur présence. Bonne assemblée générale à toutes et tous et, de toute façon, à tout de suite.

[09:54] Régis François
Merci.

[09:59] Benjamin Maréchal
Merci, Régis, et à tout à l'heure.

POINTS D’ÉCOUTE SIGNALÉS
• 06:08–06:20 : énumération juridique après « l'article 159 de la Constitution » ; « l'autorité de chose jugée » est audible dans la piste, mais le ou les éléments suivants sont mal reconnus.
• 08:22–08:29 : la formule transcrite « un petit réveil » est plausible, sans être totalement garantie par la piste automatique.
• 09:43–09:46 : la fin de la phrase sur la difficulté, pour la N-VA, de venir expliquer son propre recours est grammaticalement heurtée à l'oral ; le sens général est toutefois net.
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Entretien · 11:25

Comprendre le recours flamand : la parole à la N-VA

Avant le débat wallon, Drieu Godefridi expose sa lecture du recours introduit par la ministre flamande Zuhal Demir contre le mécanisme wallon de compensation. Cette archive conserve ses nuances : il dit ne pas avoir préparé le recours, critique la sécurité juridique du texte et défend le respect des engagements pris envers les ménages.

Un recours qu’il n’a pas préparé

L’intervenant situe son arrivée à la N-VA après le dépôt du recours et avance plusieurs explications possibles sans en certifier le motif.

Une critique juridique, pas un retrait des promesses

Il juge intolérable de changer les règles en cours de route et privilégie un dispositif stable et juridiquement sécurisé.

Une nuance à préserver

Il ne réclame explicitement ni une indemnisation des Wallons ni le retrait du recours ; la page évite donc de lui attribuer l’une ou l’autre position.

Lire la transcription corrigée · 29 blocs

Méthode. Transcription éditoriale fidèle au sens, corrigée à partir des sous-titres automatiques. Les hésitations ont été allégées ; aucun passage incertain n’a été inventé. Cette version n’est pas un procès-verbal certifié mot à mot.

[00:03] Benjamin Maréchal
Alors, vous l'avez compris, il y a une volonté de faire beaucoup de pédagogie cet après-midi, beaucoup d'explications. On n'est pas là dans un moment de vérité ; on est plutôt là dans un moment d'échange, pour que chacun puisse y voir clair dans les enjeux. Premier volet de ce moment politique, avant de retrouver les partis, notamment ceux qui sont à la majorité en Wallonie : je vous demande d'accueillir la voix de la N-VA cet après-midi, Drieu Godefridi, qui est tête de liste à la Chambre [en Brabant wallon]. Venez nous rejoindre. J'enclenche mon chronomètre pour respecter une forme d'équité dans le temps de parole. Essayons, en une petite quinzaine de minutes, de comprendre la situation. Le 4 mars, Zuhal Demir, ministre flamande de l'Énergie, dépose un recours en annulation au Conseil d'État contre ce fameux principe de compensation, le compteur qui tourne à l'envers. Est-ce que vous, la N-VA, avez envoyé des signaux à la Wallonie en disant « nous allons déclencher quelque chose », ou assumez-vous vraiment une mesure qui est tombée en quelques minutes sur la tête des Wallons ? Y a-t-il eu des signaux et des alertes au Gouvernement wallon ?

[01:06] Drieu Godefridi
Non. Pour rappeler le contexte, mon premier contact téléphonique avec la N-VA est postérieur à l'introduction du recours. Je n'ai donc évidemment pas été associé à la gestation de ce recours. Il est clair que ce recours intervient dans un contexte difficile, avec certaines tensions entre les gouvernements flamand et wallon. J'ai eu le sentiment, à certains égards, qu'il y avait une sorte de rétorsion exercée du côté flamand sur le côté wallon, pour d'autres initiatives qui avaient été prises dans l'autre sens. Mais le point principal — je suis juriste, donc j'ai tendance à regarder les choses d'abord sous un angle juridique —, c'est la qualité médiocre sur le plan juridique de l'arrêté du Gouvernement wallon. Nous n'aurions pas tout ce débat si l'arrêté du Gouvernement wallon était de bonne qualité.

[02:00] Benjamin Maréchal
Il y a un enjeu politique et il y a un enjeu pour les ménages. Willy Borsus disait à l'époque, au sujet de cette mesure : « C'est une mesure équilibrée, qui encourage l'investissement, qui est une bonne mesure économique pour les familles et qui permet d'atteindre l'objectif. » Le compteur qui tourne à l'envers était présenté comme une mesure en faveur des ménages.

[02:26] Drieu Godefridi
Je suis totalement d'accord avec cela. L'articulation juridique de la mesure n'est pas bonne, mais, dans le système des prosumers, quel est le problème ? On vous a proposé d'investir en échange d'un certain nombre d'avantages ; puis, en cours de route, on explique à ceux qui ont investi que l'on retire ces avantages. C'est intolérable. Il est inacceptable que des Wallons qui investissent dans une énergie faisant aujourd'hui partie de notre mix, avec des garanties légales qu'on leur offre, soient ensuite trahis d'une certaine façon par le politique, parce qu'on leur retire ces garanties. Sur ce point, je suis entièrement d'accord.

[03:08] Benjamin Maréchal
L'un des enjeux de la N-VA est d'avoir deux démocraties différentes, où chacun peut gérer sa propre démocratie. Ici, j'entends pourtant que la N-VA vient donner une leçon de rédaction d'arrêté ou de texte à la Wallonie. C'est cela que je dois entendre ?

[03:26] Drieu Godefridi
Le contexte, vous le connaissez : il y avait un système flamand pour les prosumers qui a été annulé. La ministre Demir a donc décidé d'agir pour obtenir l'annulation du système wallon, au nom de l'équité entre citoyens. Il faut regarder le présent et l'avenir. Pour le présent, il y a deux possibilités. Soit le Conseil d'État décide que l'arrêté est légal et, à ce moment-là, le système est blindé pour l'avenir et plus personne ne pourra rien y changer, parce que le Conseil d'État ne fait pas de politique : il juge au contentieux objectif de la légalité.

[04:00] Benjamin Maréchal
Qu'est-ce que vous souhaitez ? Souhaitez-vous que Zuhal Demir ait tort ou pas ?

[04:06] Drieu Godefridi
Je pense que l'arrêté du Gouvernement wallon est affecté d'amateurisme sur le strict plan juridique. Si l'on regarde l'avenir, il faudra, à un moment, entamer une conversation entre Flamands et Wallons pour trouver un système qui soit également favorable aux prosumers wallons et flamands. Je crois que c'est ce qui va arriver. Et moi, en tant que Wallon — car je suis Wallon, même si je suis à la N-VA —, c'est ce que je souhaite.

[04:35] Benjamin Maréchal
Sur le plan électoral, ce n'est pas une bonne affaire pour la N-VA. Zuhal Demir disait : « Les Wallons vont me détester. » Pour vous qui représentez la N-VA du côté francophone, il y a une forme de suicide politique là-dedans, non ?

[05:00] Drieu Godefridi
Quand je parle avec des agriculteurs flamands, je n'ai pas le sentiment que l'animosité à l'égard de Mme Demir soit uniquement wallonne. Je rencontre parfois la même animosité du côté flamand. Vous avez rappelé le principe du fédéralisme : c'est le Gouvernement flamand qui agit en fonction des intérêts flamands. Je pense effectivement que les choses auraient pu se passer différemment.

[05:26] Benjamin Maréchal
Comment comprendre cette mesure de Zuhal Demir et le déclenchement de la procédure ? On dit que c'est une revanche contre le recours wallon devant la Cour constitutionnelle. La Wallonie dénonce le nouveau tribunal administratif flamand, qui va permettre d'accélérer les permis d'urbanisme et d'autres procédures servant plus facilement l'économie flamande. La Flandre dégaine ensuite une mesure de rétorsion. Est-ce une mesure de revanche liée à ce recours wallon ?

[06:01] Drieu Godefridi
Je suis neuf en politique, je ne suis pas un politicien de carrière. On m'a dit qu'il fallait toujours répondre aux questions comme si on savait tout, dire oui ou non. Je refuse : ce n'est pas oui ou non. Je ne sais pas, sincèrement. Mais si c'est cela, c'est très médiocre. Ce qui doit intéresser les gens présents ici, c'est ce que va décider le Conseil d'État. Lui ne fait pas de politique ni de rétorsion ; il jugera les choses sur le strict plan de la légalité. Si le Conseil d'État estime que cet arrêté est illégal, Demir ou pas Demir, tôt ou tard, un juge, sur la base de l'article 159 dont parlait le président des prosumers, aurait constaté l'illégalité. Ce n'était donc qu'une question de temps.

[06:47] Benjamin Maréchal
Souhaitez-vous des mesures compensatoires si la Flandre obtient gain de cause ? Souhaitez-vous la mise en place de mécanismes compensatoires, à définir, pour les prosumers wallons, ou l'histoire s'arrête-t-elle là ?

[07:01] Drieu Godefridi
Je pense que l'histoire ne s'arrêtera pas là. Si le Conseil d'État annule l'arrêté du Gouvernement wallon, je souhaite une conversation entre Flamands et Wallons pour s'entendre sur un système qui soit également favorable aux Wallons et aux Flamands. Cela me paraît faisable.

[07:19] Benjamin Maréchal
Je repose la question pour que ce soit clair pour tout le monde. Monsieur Borsus n'a pas l'air d'accord, mais il pourra réagir tout à l'heure.

[07:30] Willy Borsus, depuis la salle
Retirez votre recours et le problème est réglé demain !

[07:33] Benjamin Maréchal
Voilà une question de spectateur — de Willy Borsus, en l'occurrence. N'y a-t-il pas un intérêt, dans l'apaisement de tous, à retirer ce recours avant les élections ? Est-ce que vous le souhaitez ?

[07:48] Drieu Godefridi
Je ne suis d'ailleurs pas certain que, juridiquement, ce soit possible. Ensuite, si l'on se place… [phrase interrompue par l'échange]. Monsieur Borsus peut venir débattre avec moi, je suis prêt à débattre avec lui ; nous exposerons les arguments. Nous sommes dans un pays fédéral. Je ne crois pas que le Gouvernement flamand retirera son recours. Je suis honnête : je ne crois pas que cela arrivera.

[08:14] Benjamin Maréchal
Mais est-ce que vous, vous le souhaitez ?

[08:17] Drieu Godefridi
Je pense que cette conversation entre Flamands et Wallons adviendra. Nous devons avoir un système qui soit également favorable des deux côtés de la frontière linguistique. Je crois que c'est l'issue souhaitable et que c'est ce qui va se produire.

[08:30] Benjamin Maréchal
Vous m'avez dit qu'au cas où la Flandre obtiendrait gain de cause, vous souhaitiez une conciliation, alors que je vous demandais si vous étiez favorable à des mesures compensatoires. Au moment où la Flandre a supprimé le compteur qui tourne à l'envers parce que la mesure avait été recalée, elle a, de mémoire, mis en place des compensations. Si la Flandre l'a fait à l'époque, il n'y a pas de problème à ce que la Wallonie le fasse maintenant.

[08:54] Drieu Godefridi
En Flandre, c'est le décret qui a été annulé. L'annulation était donc encore plus radicale, puisqu'ici, du côté wallon, nous parlons d'un arrêté. Est-il souhaitable d'avoir une compensation — un emplâtre sur une jambe de bois — plutôt qu'une conversation permettant d'en arriver au système actuel, mais blindé sur le plan juridique ? Je préférerais que l'on s'en tienne au système du compteur qui tourne à l'envers, mais qu'il soit fondé juridiquement sur un texte qui ne soit pas affecté d'amateurisme, comme le texte du Gouvernement wallon de M. Borsus.

[09:24] Benjamin Maréchal
Nous l'avons noté. M. Borsus pourra réagir tout à l'heure. Est-ce que Zuhal Demir sait que vous êtes là cet après-midi, face à l'opinion publique des prosumers ?

[09:39] Drieu Godefridi
Oui, la N-VA est au courant. Je suis venu, ce qui n'est évidemment pas facile, puisque, de prime abord, on dit : « Je suis Monsieur N-VA. »

[09:47] Benjamin Maréchal
Vous êtes la voix de la N-VA. Vous croyez que Mme Demir se serait déplacée ? Enfin, à moins qu'elle soit dans le public…

[09:53] Drieu Godefridi
Ce n'est évidemment pas une situation facile, mais je crois qu'il faut le faire. Quand on me demande de venir expliquer, je le fais avec plaisir et en toute transparence.

[10:02] Benjamin Maréchal
C'était l'idée de ce moment de pédagogie : expliquer les positions, même si cela fait réagir le premier rang. Vous vivez du côté francophone. C'est toujours un peu le piège, dans les débats politiques : on demande aux politiques s'ils connaissent le prix du pain. Mais vous, puisque vous vivez du côté francophone, avez-vous des panneaux solaires ?

[10:24] Drieu Godefridi
Non. Nous avons eu une discussion familiale à l'époque ; nous avons failli nous prononcer pour cela, puis, en raison d'une évolution familiale, cela ne s'est pas fait. Mais j'en trouve le principe tout à fait louable et excellent. En toute transparence, je n'ai pas de panneaux photovoltaïques.

[10:38] Benjamin Maréchal
La question n'est pas piégeuse, car ne pas avoir de panneaux n'implique pas une méconnaissance du sujet. Drieu Godefridi, merci d'être venu vous expliquer devant les membres de BeProsumer et d'avoir été la voix de la N-VA. Merci de souligner cette transparence par vos applaudissements. Nous allons continuer l'assemblée générale et ouvrir un nouveau chapitre politique avec les partis de la majorité et de l'opposition. Cela permettra de débriefer ceci, mais aussi de comprendre l'avenir, notamment au sujet de la transition énergétique et du renforcement du réseau.

POINTS D’ÉCOUTE SIGNALÉS
• 00:23 — Les mots « en Brabant » ne sont pas distinctement présents dans la piste ; l'identification est confirmée par la page BeProsumer.
• 02:06 — Quelques mots de liaison avant la citation de Willy Borsus sont indistincts et ont été omis.
• 07:48–08:01 — Une partie de la réponse est couverte par l'échange et reste explicitement signalée.
• 09:47 — La plaisanterie de l'animateur au sujet de Zuhal Demir est légèrement dégradée.
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Vie de l’ASBL · 06:32

Comptes 2023 et décisions statutaires

Joël Elshout présente les comptes, puis Erik Cleymans organise les votes. Les montants ci-dessous sont ceux prononcés pendant la captation, souvent sous forme arrondie ; la transcription distingue ces ordres de grandeur des chiffres comptables exacts.

Dépenses

Presque 250 000 € en 2023, soit une hausse annoncée de 35 %, notamment pour la digitalisation et le travail juridique.

Recettes et trésorerie

Presque 150 000 € de recettes, en recul de 9 %, et un solde bancaire annoncé de 466 406,91 €.

Votes

Comptes, décharges et nomination de Wivine Göbbels sont chaque fois annoncés à 9 voix pour, 1 abstention et aucune voix contre.

Lire la transcription corrigée · 19 blocs

Méthode. Transcription éditoriale fidèle au sens, corrigée à partir des sous-titres automatiques. Les hésitations ont été allégées ; aucun passage incertain n’a été inventé. Cette version n’est pas un procès-verbal certifié mot à mot.

[00:04] Benjamin Maréchal
Continuons maintenant l'assemblée générale de BeProsumer. Joël Elshout, venez nous rejoindre, trésorier de l'ASBL. Bienvenue.

[00:10] Joël Elshout
Bonjour à tous. Alors, comme à chaque assemblée générale — bon, pas ces trois dernières années, vu notre cher ami Covid —, on vous présente la partie peut-être un peu plus rébarbative, mais qui est importante pour vous et pour nous, pour la santé financière de l'ASBL.

[00:27] Joël Elshout
En 2023, nous avons eu quasiment 250 000 euros de dépenses, ce qui est une augmentation relativement importante par rapport à 2022 : 35 % de dépenses en plus. Il y a deux grandes raisons, on les verra par après.

[00:47] Joël Elshout
On a fortement digitalisé l'ASBL, ce qui a quand même eu un coût relativement important. Tout ça parce que l'ASBL devient de plus en plus grande et qu'on veut vous tenir plus rapidement informés, avec des newsletters plus modernes et, honnêtement, nous faciliter la tâche également.

[01:06] Joël Elshout
Régis vous a parlé de l'année 2023, des procès qui ont eu lieu. On a donc une augmentation des frais d'avocats de 15 %, qui était tout à fait prévisible avec le type de procès que nous devions mener en 2023.

[01:20] Joël Elshout
Les recettes : on a quasiment 150 000 euros de recettes en 2023. C'est encore une baisse par rapport à 2022, un peu moins de 10 %. Par contre, l'érosion est arrêtée. Vous vous rappelez peut-être la précédente assemblée générale, que l'on a faite l'année passée : on avait une perte de recettes de 41 %. On chute toujours, mais de 9 %. La bonne nouvelle, c'est qu'au dernier trimestre 2023, on remarque que le nombre de membres commence à augmenter.

[01:59] Joël Elshout
L'état des comptes est quand même important pour la santé financière, pour savoir qu'on a toujours les reins solides. Les slides sont mises à disposition. Nous avons toujours 466 406,91 euros sur nos comptes en banque, ce qui nous permet de tenir les années 2024, 2025 et 2026. On peut encore s'amuser longuement avec le gouvernement wallon si nécessaire.

[02:28] Joël Elshout
Alors, pour information, les bureaux d'avocats. Je vous ai dit : une augmentation de 15 %. Nous travaillons avec les « deux plus un » bureaux : Maître Kettels, du bureau FIDAL ; Maître Étienne [nom ou articulation non distincte], pour les procès, je vais dire, « de niche », entre guillemets, mais qui concernent des membres — une partie de l'ASBL où le nombre de membres est moins important — que nous avons promis de soutenir depuis le début. Donc, cela représente une faible part dans les frais d'avocats. L'année passée, l'assemblée générale — l'année prochaine, ce sera différent — ne nous a rien coûté.

[03:07] Joël Elshout
En ce qui concerne les fournisseurs, c'est là que se montre l'augmentation de frais la plus importante : plus 50 % par rapport à 2022. L'explication est très simple, elle tient en deux mots : engagement et digitalisation. Digitalisation, je vous en ai déjà touché un mot. On a digitalisé toute la partie administrative de l'ASBL.

[03:32] Joël Elshout
Et l'engagement : en début d'année, on a eu besoin de soutien parce qu'on avait beaucoup trop de travail pour les volontaires — enfin, les bénévoles, pardon — et on a engagé une personne pendant un peu plus de trois mois. Vous savez tous combien coûte un salarié en Belgique : vous avez votre salaire, vous faites à peu près fois trois, et vous avez ce que ça coûte à une ASBL.

[03:56] Joël Elshout
Donc là, le schéma, on ne l'aime pas trop, parce que la ligne bleue qui dépasse fortement la ligne rouge, ce n'est pas ce qu'on veut avoir. On aime bien rester en équilibre. On a bon espoir en 2024, vu que les gros investissements ont été faits. La digitalisation — excusez-moi de le dire — nous permet de ne plus devoir engager une personne, et ces gros frais ont été faits en 2023.

[04:24] Joël Elshout
Les banques : on a toujours les deux grands pôles. On a nos comptes à la BNP et nos réserves de trésorerie chez Nagelmackers. Et maintenant, enfin, je ne vous ennuie pas plus longtemps avec les chiffres. Maintenant, c'est Erik Cleymans qui va vous ennuyer avec ses chiffres pour la partie des votes de l'administration de l'ASBL.

[04:45] Erik Cleymans
Bonsoir à toutes et à tous. Voilà, pour moi, c'est un honneur d'être en face de vous. Ça fait longtemps que je suis membre de la première heure de BeProsumer, mais ça ne fait pas encore longtemps — depuis un an — que je suis administrateur. Donc j'essaie d'apporter ma petite chose à l'ASBL. [Courte phrase partiellement indistincte] Pas de la N-VA. Mais j'ai fait un effort : vu que la N-VA a parlé wallon, moi je fais la même chose en français, plutôt.

[05:17] Erik Cleymans
Voilà. J'ai l'honneur de vous présenter les votes de l'organe d'administration, qui est composé de dix administrateurs. C'est juste un peu de lecture, donc ce n'est pas quelque chose de très compliqué.

[05:30] Erik Cleymans
Pour approuver les comptes 2023, on a neuf votes pour et une abstention. On dit bien « une », je ne suppose pas « un ».

[05:42] Erik Cleymans
Pour la décharge des administrateurs : neuf votes pour, toujours une abstention.

[05:51] Erik Cleymans
Pour la décharge des vérificateurs, donc pour Madame Marie-Cécile Martin et Monsieur [nom commençant vraisemblablement par « Jas… », indistinct] : neuf pour, une abstention.

[06:01] Erik Cleymans
On a la candidature d'une nouvelle administratrice : Madame Wivine Göbbels. Neuf pour, une abstention. Et voilà, c'est aussi simple que ça. Merci à tous.

[06:16] Benjamin Maréchal
Clair, net, efficace. Voilà, il n'en faut pas plus. C'est ça aussi, le talent. Je récupère effectivement l'ensemble, merci. Voilà donc pour ces éléments d'assemblée générale.

POINTS D’ÉCOUTE SIGNALÉS
• 02:37–02:45 : la formule « deux plus un bureaux » et l'identification complète du second avocat après « Maître Étienne » ne sont pas assez nettes.
• 04:59–05:15 : une partie de la plaisanterie d'Erik Cleymans sur la N-VA et la langue utilisée est absente ou mal reconnue par la piste.
• 05:51–05:59 : le nom du second vérificateur n'est pas intelligible au-delà d'un début ressemblant à « Jas… ».
• 06:01–06:10 : le nom Wivine Göbbels est confirmé par le descriptif publié sur la page BeProsumer ; la piste automatique seule le déforme fortement.
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Grand débat politique · 59:44

Faire choisir les partis devant les prosumers

Willy Borsus (MR), Olivier Biérin (Ecolo), Antoine Hermant (PTB), Laurent Léonard (PS) et François Desquesnes (Les Engagés) répondent aux questions de Benjamin Maréchal et de Régis François. Pendant près d’une heure, le débat relie sécurité juridique, indemnisation des décrochages, financement des réseaux, gouvernance des GRD, tarifs et mobilité.

Captation BeProsumer · 59:44. En cas de problème de lecture : ouvrir sur YouTube.

Un vote politique clair

Le modérateur annonce que les cinq représentants lèvent la main en faveur du principe d’une indemnisation proportionnelle des décrochages.

Le seuil de deux heures contesté

Régis François demande que chaque durée réelle de décrochage soit indemnisée ; Willy Borsus qualifie le projet d’alors de « totalement imparfait ».

Qui finance le réseau ?

Dividendes communaux, fusion ou régionalisation des GRD, dette, taxation et partenariats font apparaître de vraies divergences.

Une transition très concrète

Tarification incitative, nucléaire, renouvelables et bornes de recharge replacent les prosumers dans le système énergétique global.

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Méthode. Transcription éditoriale fidèle au sens, corrigée à partir des sous-titres automatiques. Les hésitations ont été allégées ; aucun passage incertain n’a été inventé. Cette version n’est pas un procès-verbal certifié mot à mot.

[00:03] Benjamin Maréchal
Le modérateur rappelle que la partie politique se déroule en deux temps, à quelques jours des élections, afin de comprendre la séquence écoulée et celle qui pourrait suivre le scrutin. Il présente Willy Borsus (MR), Olivier Biérin (Ecolo), Antoine Hermant (PTB), Laurent Léonard (PS), François Desquesnes (Les Engagés) et Régis François (BeProsumer). Il signale aussi la présence au premier rang de Drieu Godefridi, représentant de la N-VA entendu dans la vidéo précédente.

[00:55] Benjamin Maréchal
Le modérateur organise quatre votes à main levée : indemnisation proportionnelle des décrochages, diminution des dividendes versés par les GRD aux communes, fusion de tous les GRD wallons et taxation des batteries domestiques. Il annonce oralement que tout le panel soutient l’indemnisation proportionnelle, après quelques hésitations. Pour les trois autres questions, le résultat n’est pas suffisamment verbalisé pour attribuer les votes à partir de la seule piste audio.

[02:38] Benjamin Maréchal
Il ouvre le débat sur le recours flamand contre la compensation et demande à Willy Borsus si l’arrêté wallon, décrit auparavant comme mal préparé, présente des faiblesses.

[02:58] Willy Borsus
Il dit avoir rarement entendu autant d’énormités en si peu de temps et vise la présentation précédente de la N-VA. Selon lui, le Conseil d’État a validé l’arrêté du Gouvernement wallon. Il conteste aussi l’affirmation selon laquelle le recours introduit par Zuhal Demir ne pourrait pas être retiré. Il demande à Drieu Godefridi d’appeler Zuhal Demir pour lui dire que le recours décrédibilise la N-VA en Wallonie et doit être retiré.

[04:09] Benjamin Maréchal
Il rappelle que Régis François s’était d’abord montré confiant avant d’émettre des signaux de doute et lui demande s’il doute encore de la validité de l’arrêté.

[04:29] Régis François
Il précise ne pas être juriste. Son expérience lui a appris que les arrêtés de fin de législature ne sont pas toujours parfaitement ficelés et peuvent chercher à ménager des intérêts contradictoires. Me Aurélie Kettels, qui a relu les éléments, n’aurait pas manifesté beaucoup d’enthousiasme. Il espère néanmoins que l’arrêté a été juridiquement blindé, car ce sont surtout les conséquences d’une annulation qui l’inquiètent.

[05:22] Benjamin Maréchal
Il demande à Olivier Biérin, représentant du parti du ministre wallon de l’Énergie, s’il peut garantir la solidité du texte.

[05:38] Olivier Biérin
Il répond que l’arrêté a été soumis au Conseil d’État, que les remarques émises ont été prises en compte et qu’il n’y a a priori aucune raison de douter de sa solidité. Même dans l’hypothèse d’une annulation, un texte mieux motivé et mieux charpenté pourrait être redéposé. Le principe du compteur qui tourne à l’envers resterait, selon lui, protégé par un décret dont l’arrêté ne fait qu’assurer l’application.

[06:40] Benjamin Maréchal
Il demande à Laurent Léonard s’il faut déjà préparer un second texte en cas d’annulation.

[06:55] Laurent Léonard
Il partage la confiance exprimée par ses collègues et ne juge pas nécessaire de rouvrir immédiatement le texte. Il souligne la contradiction qu’il voit dans la position de la N-VA : reconnaître que le principe est bon tout en contestant le mécanisme favorable à la Wallonie.

[07:40] Benjamin Maréchal
Il demande au PTB s’il entend l’argument d’équité entre citoyens flamands et wallons invoqué par la N-VA.

[07:56] Antoine Hermant
Il rejette totalement cet argument et condamne une attaque qu’il rattache à la politique antisociale de la N-VA. Le PTB dit défendre les travailleurs et les propriétaires de panneaux dans les trois Régions. Il espère que le Gouvernement wallon n’a pas fait preuve d’amateurisme et insiste sur le rôle décisif de la mobilisation de BeProsumer et des participants présents.

[09:03] Benjamin Maréchal
Il demande à François Desquesnes si le recours est un coup politique de la N-VA ou une vraie question d’équité.

[09:17] François Desquesnes
Il estime que, dans un fédéralisme moderne, chacun doit s’occuper de ses propres compétences et invite Zuhal Demir à régler les problèmes flamands. Les Engagés n’ont accès qu’à l’arrêté, pas au dossier complet. Il se dit néanmoins plutôt confiant puisque le Conseil d’État a examiné le texte au regard de la directive européenne. Il demande une défense juridique extrêmement ferme et souhaite qu’un arrêté de remplacement soit déjà prêt si l’arrêté existant devait être annulé.

[10:47] Benjamin Maréchal
Il clôt temporairement le chapitre du recours et annonce que le public pourra y revenir pendant les questions.

[10:59] Benjamin Maréchal
Il introduit les décrochages et le projet d’indemnisation. Il évoque un maximum annuel de 440 euros pour une grande installation et de 242 euros pour une installation moyenne. Le critère de deux heures consécutives lui paraît conçu de façon très restrictive : si l’onduleur redémarre, la durée repart à zéro.

[12:08] Willy Borsus
Il reconnaît que la critique sur les deux heures est fondée. Le texte est encore en deuxième lecture et doit éventuellement passer en troisième lecture, ce qui laisse une marge de négociation. La priorité reste la capacité du réseau à absorber la production : les prosumers veulent d’abord un réseau fonctionnel. Il dit qu’obtenir un peu plus de 9,5 millions d’euros de compensation auprès des GRD a donné lieu à une bataille très rude au gouvernement, dont les autres partenaires ne voulaient pas, selon lui. Le mécanisme responsabiliserait pour la première fois les GRD. Il cite aussi 214 millions d’euros d’investissement issus du plan de relance et de REPowerEU ; la piste transcrit « 24 millions », mais le montant complet est répété ensuite et confirmé dans les documents BeProsumer. Il soutient une indemnisation proportionnée au dommage.

[15:14] Willy Borsus
Il qualifie le texte sur la table de totalement imparfait et dit que le meilleur texte relierait l’indemnisation au dommage réel. Il oppose néanmoins l’adoption immédiate d’un premier mécanisme faisant payer les GRD à l’absence de texte et au report vers une prochaine déclaration de politique régionale. Il affirme que son parti était seul à défendre cette indemnisation au gouvernement et regrette l’absence de Philippe Henry, représenté par Olivier Biérin.

[16:18] Benjamin Maréchal
Il demande à Olivier Biérin si la majorité a commis une erreur de priorité ou tardé à agir, alors que Philippe Henry présentait l’indemnisation comme un dernier recours après la modernisation du réseau.

[16:44] Olivier Biérin
Il répond que la modernisation du réseau est précisément la priorité demandée par BeProsumer. Un réseau fonctionnel est un droit et les GRD ont le devoir de le garantir. L’indemnité évite aux citoyens de devoir agir individuellement en justice et sert à la fois de réparation et de moyen de pression sur les GRD.

[17:56] Olivier Biérin
Il conteste ensuite la présentation de Willy Borsus. Selon lui, Philippe Henry a lui-même porté l’indemnité et les moyens du plan de relance au gouvernement. Il juge incorrect de laisser entendre que le ministre aurait refusé ou craint de venir et de se présenter comme le seul défenseur de la cause. Le montant prononcé ici est mal reconnu par les sous-titres.

[18:44] Benjamin Maréchal
Il interrompt les réactions croisées et demande au dernier partenaire de majorité, le PS, de se situer dans cette controverse.

[19:06] Laurent Léonard
Il constate l’absence de cadastre wallon clair des décrochages, en dehors du travail amorcé par BeProsumer. Il distingue deux séquences : un dédommagement à court terme, avec un chiffre alors sur la table de 44 euros par kVA, et des investissements massifs à long terme. Il cite 214 millions d’euros déjà évoqués, mais demande d’aller plus loin. ORES lui aurait affirmé être financièrement outillé pour sa prochaine période d’investissement, affirmation qu’il nuance en raison de la dépendance de l’entreprise aux pouvoirs publics.

[20:50] Benjamin Maréchal
Il demande à François Desquesnes si la mise à niveau du réseau a progressé assez vite pendant les cinq années de législature.

[21:06] François Desquesnes
Il accuse le MR, Ecolo et le PS d’expliquer ce qu’il fallait faire sans l’avoir fait pendant cinq ans. Il reprend l’image de Damien Ernst d’une Région wallonne courant comme une poule sans tête après avoir négligé le réseau face au boom photovoltaïque. Il critique l’absence de déploiement massif des compteurs communicants, indispensable selon lui pour cartographier les zones prioritaires. Il rappelle que 200 millions d’euros avaient été inscrits au plan de relance en juin 2021, alors que les arrêtés de subvention n’ont été pris qu’en novembre 2023. Il y voit plus de deux années perdues.

[23:08] Benjamin Maréchal
Il demande au PTB si l’indemnisation et sa proportionnalité deviennent prioritaires faute de disposer d’un réseau optimal.

[23:36] Antoine Hermant
Il soutient l’indemnisation, mais critique une barrière supplémentaire : prévenir son GRD et attendre quatre mois sans renforcement avant de pouvoir être indemnisé. Il rattache l’état du réseau à un sous-investissement plus général dans les infrastructures publiques. Il affirme qu’il faudrait 4 milliards d’euros chez ORES et 1 milliard chez RESA pour atteindre les objectifs de transition, bien au-delà des 214 millions évoqués.

[24:50] Benjamin Maréchal
Il demande si l’arrivée de 100 000 prosumers supplémentaires en un an était imprévisible et aurait dépassé n’importe quelle majorité.

[25:02] Antoine Hermant
Il répond que l’augmentation était importante, mais que la transition énergétique est annoncée depuis longtemps. Le PTB demande depuis longtemps davantage d’investissement public dans l’énergie et d’autres domaines, comme la santé.

[25:25] Benjamin Maréchal
Il demande à Régis François si BeProsumer accepte le principe et les conditions du texte, notamment le seuil de deux heures consécutives.

[25:48] Régis François
Il refuse que les prosumers paient depuis le 1er janvier 2024 le tarif prosumer à 100 % pour un réseau qui ne fonctionne pas et reçoivent ensuite une aumône. Les 120 000 nouvelles installations de l’année précédente étaient considérables, mais prévisibles puisque chaque moratoire provoque un pic ; ici, l’échéance était la fin de la compensation pour les nouvelles installations à partir du 1er janvier 2024. Il évoque aussi une proposition socialiste de 50 euros, dont la nature exacte n’est pas intelligible et que Laurent Léonard, absent de la négociation, ne peut ni confirmer ni infirmer. BeProsumer demande une indemnisation strictement proportionnelle : dix minutes de décrochage donnent dix minutes indemnisées ; 248 heures donnent 248 heures indemnisées.

[27:52] Benjamin Maréchal
Il rappelle que la déclaration de politique régionale annonçait une prise en charge intégrale du tarif prosumer pendant cinq ans, alors que la prime a baissé avant de disparaître, et demande si la promesse a été révisée.

[28:24] Willy Borsus
Il affirme qu’un texte couvrant complètement les cinq années avait été adopté, mais bloqué par le Conseil d’État parce que la compétence tarifaire appartenait à la CWaPE. La Région a alors financé deux années à 100 %, 2020 et 2021, puis deux années à 54 %, pour un total de 221 millions d’euros. Il présente cette dépense comme la concrétisation maximale de l’engagement malgré l’obstacle juridique.

[30:17] Benjamin Maréchal
Il ouvre le débat sur les communes actionnaires des GRD et demande si leur attachement aux dividendes ralentit réellement la transition énergétique.

[30:53] Laurent Léonard
Il préférerait que tous les bonis des GRD soient réinvestis dans le réseau, mais rappelle que les communes détiennent des parts et des intérêts différents dans ORES ou RESA. Elles ne thésaurisent généralement pas les dividendes : ceux-ci financent notamment la police, les zones de secours et d’autres services insuffisamment financés. Le PS veut se réapproprier publiquement les matières de l’énergie au niveau de la production, de la fourniture et de la distribution afin de modifier leur financement.

[32:58] Benjamin Maréchal
Il demande au PTB s’il faut laisser aux communes ces recettes de service public ou revoir leurs exigences.

[33:15] Antoine Hermant
Conseiller communal à La Louvière, il reconnaît le poids des dividendes, mais demande pourquoi les factures d’énergie doivent financer les communes. Il propose d’augmenter notamment le Fonds des communes. Les 4 à 5 milliards nécessaires ne peuvent pas, selon lui, être prélevés auprès de familles déjà frappées par les hausses. Il veut faire contribuer les grands groupes comme Engie et Total et construire un secteur public de l’énergie capable d’investir massivement.

[34:50] Benjamin Maréchal
Il cite un besoin de 1,9 milliard d’euros pour moderniser le réseau sur 2025–2029 et demande à Ecolo si les fonds et l’échéancier existent.

[35:16] Olivier Biérin
Il se prononce clairement pour la fin des dividendes communaux : financer les communes n’est pas la mission des GRD, même si la Région et le fédéral doivent compenser leurs charges. Il refuse une simple fusion qui conserverait le modèle intercommunal et les dividendes. Il propose une société régionale assortie d’un contrat de gestion, d’objectifs, de KPI et de commissaires capables d’évaluer la gestion.

[36:49] Benjamin Maréchal
Il demande aux Engagés s’ils soutiennent eux aussi une société régionale et la sortie du modèle intercommunal.

[37:00] François Desquesnes
Il répond que le réseau est une question de souveraineté et doit rester public. Les Engagés veulent une entreprise publique unique à l’échelle wallonne et la fusion des GRD. Les communes pourraient revendre leurs parts à la Région ou les conserver à condition de réinvestir toute la marge dans le réseau, à l’image de la distribution d’eau sans dividendes. Il critique aussi la taxation fédérale de 25 % sur les bénéfices des intercommunales redistribués aux communes, qu’il estime répercutée sur les clients.

[38:25] Benjamin Maréchal
Il demande à Willy Borsus quel modèle il appliquerait s’il obtenait la compétence de l’Énergie.

[38:32] Willy Borsus
Il juge le modèle actuel à bout de souffle, tant pour les décrochages que pour le déploiement des bornes. Il soutient depuis longtemps la fusion des réseaux et une société régionale, mais refuse de considérer que le caractère public suffit à garantir l’efficacité. Il demande un contrat de gestion, des indicateurs de performance, des gains d’efficience et un partenariat public-privé. Les ressources devront provenir soit du public, soit de la structure tarifaire acceptée par la CWaPE.

[40:18] Benjamin Maréchal
Il constate que plusieurs partis défendent une nouvelle gouvernance des réseaux et demande à Régis François si les membres ressentent des différences de traitement entre ORES et RESA.

[40:47] Régis François
Il répond que les prosumers sont souvent les derniers informés des décisions internes. Sa question centrale est de savoir qui paiera les 1,9 à 2 milliards : faute d’autre mécanisme, les coûts finiront sur les factures. Il propose une montée de la Région au capital des GRD financée par de la dette. Il cite le contraste entre le comité de direction d’ORES, favorable à la méthodologie tarifaire 2025–2029 après négociation avec la CWaPE, et le conseil d’administration composé d’élus communaux, qui aurait introduit un recours par crainte d’une perte de recettes. Il refuse que la facture d’électricité serve de feuille d’impôt.

[42:34] Benjamin Maréchal
Il demande à Olivier Biérin si le montant de 1,9 milliard annoncé pour 2025–2029 est effectivement disponible. La source orale du chiffre est mal reconnue.

[42:56] Olivier Biérin
Il répond que le financement passera soit par la facture, soit par l’endettement ou une montée au capital, donc finalement par les impôts. Il place l’efficacité de gestion au premier plan pour limiter les besoins. Il reproche aussi aux bourgmestres des partis traditionnels de ne pas relayer dans les conseils d’administration les positions défendues sur scène.

[43:51] Benjamin Maréchal
Il demande au PS pourquoi les permis communaux nécessaires aux nouvelles cabines et au renforcement du réseau sont réputés si lents.

[44:21] Laurent Léonard
Il refuse de généraliser à toutes les communes, mais reconnaît la lourdeur administrative belge. Le Plan air-climat-énergie 2030 donne une direction ; il demande des règles claires et stables, moins de modifications et une réduction effective des procédures.

[45:25] Benjamin Maréchal
Il demande à Régis François d’expliquer la tarification incitative annoncée pour 2026 et ses effets sur les prosumers.

[45:52] Régis François
Il insiste sur le caractère optionnel du mécanisme : les consommateurs pourront garder le monohoraire ou le bihoraire. La formule incitative comporte cinq plages de frais de réseau. Elle peut intéresser les ménages équipés de panneaux et d’une batterie, qui chargeraient la nuit et utiliseraient l’énergie le matin ou le soir. Il évoque un rapport de coût de 1 la nuit à 5 en soirée.

[47:02] Benjamin Maréchal
Il souligne que les plages du GRD peuvent ne pas coïncider avec les signaux tarifaires du fournisseur et demande au PTB si cette superposition est problématique.

[47:19] Antoine Hermant
Il juge la superposition entre tarification au quart d’heure du fournisseur et plages du GRD incompréhensible pour le consommateur. Le PTB veut une planification énergétique nationale plutôt qu’une responsabilisation individuelle. Il alerte aussi sur les contraintes européennes d’endettement et additionne plusieurs hausses annoncées : taxe carbone de 243 euros pour les familles, mesures fédérales, fin du tarif social, tarifs Elia en hausse de 78 % et futurs tarifs wallons de distribution. Ces chiffres sont des déclarations politiques à vérifier.

[49:05] Benjamin Maréchal
Il demande à Willy Borsus quelle solution appliquer si les grilles du GRD et du fournisseur ne coïncident pas.

[49:18] Willy Borsus
Il déplace d’abord la réponse vers le mix énergétique. Le MR défend le maintien et la prolongation du nucléaire, ainsi que de nouvelles unités à moyen terme. Selon lui, le système futur ne fonctionnera pas sans cette énergie décarbonée.

[49:54] Benjamin Maréchal
Il demande par un vote à main levée quels autres intervenants partagent cette position. Le résultat visuel n’est pas verbalisé.

[50:00] François Desquesnes
Il rappelle qu’en 2003 la loi de sortie du nucléaire avait été votée par une majorité comprenant les mêmes familles PS, MR et Ecolo que la majorité wallonne de 2024.

[50:28] Willy Borsus
Il répond que le contexte énergétique d’il y a vingt ans était différent et que Les Engagés ont participé depuis à plusieurs gouvernements fédéraux. Il réaffirme la constance du MR en faveur de la prolongation nucléaire. Sans elle, la population subirait selon lui des mécanismes peu praticables. Sur les tarifs, il accepte des outils optionnels permettant à ceux qui le peuvent de déplacer une partie de leur consommation.

[52:11] Benjamin Maréchal
Il donne à Olivier Biérin un droit de réplique sur le nucléaire.

[52:16] Olivier Biérin
Il reproche l’inaction de 2003 à 2020, y compris sous des ministres fédéraux MR de l’Énergie, et rappelle qu’une ministre Groen a prolongé deux réacteurs pendant la législature. Il affirme que, selon des experts dont l’Agence internationale de l’énergie, les renouvelables sont trois à quatre fois moins chers que de nouvelles capacités nucléaires et évitent des problèmes de combustible et de sécurité. Il conteste enfin le PTB : selon lui, le Gouvernement wallon n’impose pas les tarifs dynamiques, mais les offre comme un choix.

[53:43] Voix probablement attribuable à Antoine Hermant
Une voix réplique : « C’est tout à fait le contraire ! » L’attribution au PTB est probable par le contexte, mais non certaine sur la seule piste de sous-titres.

[53:48] Benjamin Maréchal
Il interrompt le débat nucléaire et ouvre un dernier chapitre sur la mobilité. Il compare la Wallonie à la Flandre, qui vient d’annoncer des bornes rapides tous les 25 kilomètres.

[54:17] Benjamin Maréchal
Il demande aux Engagés comment développer l’électromobilité sans un maillage garantissant la recharge.

[54:44] François Desquesnes
Il affirme que Philippe Henry avait annoncé au début de la législature 12 000 points de recharge publics wallons, en plus des installations privées, mais qu’aucun point issu de ce dossier n’a été installé en cinq ans. Il qualifie le blocage d’incompréhensible.

[55:03] Benjamin Maréchal
Il décrit l’E411 comme un désert de bornes rapides et demande à Willy Borsus d’en expliquer la cause.

[55:18] Willy Borsus
Il estime que le modèle du tout public a montré ses limites et note que de nombreux opérateurs privés sont prêts à prendre le risque financier et commercial, comme en Flandre. Il rattache ce constat à sa critique d’un modèle décrété par l’administration publique depuis un centre régional.

[56:19] Benjamin Maréchal
Il demande au PS si l’avenir de la recharge rapide doit donc reposer sur le privé et le non-interventionnisme public.

[56:31] Laurent Léonard
Il estime que la Wallonie dispose d’environ 3 300 bornes et devrait atteindre 25 000 en 2030. L’enjeu est aussi celui du renforcement du réseau. Il rappelle que la libéralisation du marché de l’énergie, en 2004 pour les PME et en 2007 pour le résidentiel, aurait fait perdre plus de la moitié des dividendes communaux. Il défend un retour vers des structures publiques pour la gestion, la fourniture et la production d’énergie.

[57:56] Benjamin Maréchal
Il demande au PTB si le maillage flamand d’une borne rapide tous les 25 kilomètres convient à la Wallonie.

[58:05] Antoine Hermant
Il juge un maillage wallon indispensable, tout en refusant comme horizon l’électrification de la totalité du parc automobile. Les maisons mitoyennes rendent parfois impossible une borne individuelle. Il privilégie donc l’investissement massif dans les transports en commun et questionne la quantité d’électricité nécessaire à un parc entièrement électrique. Puisque des véhicules sont déjà vendus, il faut néanmoins des bornes et examiner la répartition public-privé.

[59:07] Benjamin Maréchal
Il croit comprendre que le PTB s’en remettrait au privé.

[59:13] Antoine Hermant
Il nuance : la technologie a été poussée par l’industrie automobile, mais le public ne doit pas simplement investir à la place du privé. Il faut trouver un financement qui évite que le privé exploite les emplacements rentables tandis que le public prendrait en charge les bornes non rentables.

[59:36] Benjamin Maréchal
Il commence à évoquer la recharge et le service après-vente pour les propriétaires de véhicules électriques. La vidéo s’interrompt en pleine phrase ; les questions du public suivent dans la vidéo 5.

POINTS D’ÉCOUTE SIGNALÉS
• Les résultats individuels des votes visuels sur les dividendes, la fusion des GRD, la taxation des batteries et le nucléaire ne sont pas verbalisés et ne peuvent pas être attribués sans l’image.
• À 14:45, la piste donne « 24 millions », mais les reprises ultérieures et les documents BeProsumer confirment 214 millions d’euros. À 18:15, elle produit « 20 000 millions » : il s’agit vraisemblablement de 200 ou 214 millions, sans possibilité de trancher sur la piste seule.
• La nature exacte des 50 euros évoqués par Régis François à 27:06 n’est pas intelligible et Laurent Léonard précise qu’il n’était pas présent à la négociation concernée.
• La source du besoin de 1,9 milliard d’euros sur 2025–2029, citée oralement vers 42:40, est mal reconnue.
• Les chiffres de 4 milliards chez ORES, 1 milliard chez RESA, 243 euros de taxe carbone, 78 % de hausse Elia, 12 000 bornes annoncées, 3 300 bornes existantes et 25 000 nécessaires sont des affirmations politiques non vérifiées dans ce travail de transcription.
• L’interjection de 53:43 est probablement celle d’Antoine Hermant, mais l’attribution n’est pas certaine sur la seule piste automatique.
• Les termes tarification incitative et tarif dynamique sont parfois rapprochés dans le débat alors qu’ils renvoient respectivement, dans ce contexte, aux plages du réseau et aux prix du fournisseur.
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Questions du public · 24:18

La salle prend la parole

Les membres ramènent le débat à l’expérience quotidienne : valeur différente du kilowattheure entre été et hiver, décrochages répétés, tentation d’une action collective, équité entre Régions, intérêt d’un nouvel investissement photovoltaïque et contribution des fournisseurs.

Le kWh n’a pas toujours la même valeur

Régis François reconnaît la saisonnalité du marché tout en rappelant la contribution collective des installations wallonnes.

La colère cherche un débouché

Une question imagine une coupure coordonnée des panneaux ; les réponses reviennent à l’investissement réseau et à un cadre stable.

Investir encore ?

La réponse dominante reste positive, à condition de disposer de règles prévisibles, d’un dimensionnement cohérent et d’une vision de long terme.

Lire la transcription corrigée · 54 blocs

Méthode. Transcription éditoriale fidèle au sens, corrigée à partir des sous-titres automatiques. Les hésitations ont été allégées ; aucun passage incertain n’a été inventé. Cette version n’est pas un procès-verbal certifié mot à mot.

[00:03] Benjamin Maréchal
Ce que je vous propose, messieurs, c’est — comme nous sommes à 57 minutes de débat et vraiment pour respecter le timing et le deal qui était le nôtre — de passer peut-être au public. Je demande à la régie d’éclairer la salle. Nous allons fonctionner avec cinq questions.

J’ai conscience de la grande frustration que cela peut générer chez ceux et celles qui avaient effectivement des questions, mais vous avez vu la taille et le nombre de participants de cet après-midi : ainsi va la règle du partage.

On peut peut-être allumer un peu la salle. Je vous propose d’interpeller directement, avec ces cinq questions, les représentants politiques qui sont devant vous et qui, vous l’avez vu, répondent et jouent le jeu. Pourrait-on éclairer un peu la salle afin que l’on puisse voir où se trouvent les questions ?

Alors, levez le bras. Je viens jusqu’à vous. Je viens à vous, monsieur. Je fais juste un effort artistique pour ne pas me casser la figure… et je viens à vous. Vous connaissez évidemment les règles d’élégance, de partage, de concision et de brièveté. J’ai confiance en vous.

[00:58] Un membre du public
Oui, j’avais une question, mais une petite remarque avant. Si, effectivement, le renouvelable était la solution la moins chère, je crois que nous ne serions pas tous ici.

[01:11] Benjamin Maréchal
Alors, quelle est votre question, monsieur ?

[01:13] Un membre du public
Ma question est assez simple. Elle est liée à tout ce mécanisme de compensation.

Une toute petite remarque : on entend souvent que la meilleure énergie, c’est celle que l’on ne consomme pas. Cela me laisse toujours assez pensif parce que, finalement, on pourrait appliquer cela à n’importe quoi dans notre société : le meilleur livre, c’est celui que l’on n’imprime pas et que l’on ne lit pas, etc.

Ceci dit, ne pourrait-on pas se demander si un kilowattheure fourni par nos chers panneaux solaires en été a la même valeur qu’un kilowattheure fourni en hiver ? Je crois que, là, nous sommes dans une réalité purement économique qui doit suivre la loi de la nature. Merci.

[01:55] Benjamin Maréchal
Je me permets un rebond. Régis François d’abord, même si vous n’êtes pas politique : est-ce qu’un kilowattheure, aujourd’hui en Belgique, est traité comme un autre kilowattheure ? Régis pourrait peut-être réagir d’abord là-dessus.

[02:05] Régis François
Clairement, la valeur du kilowattheure produit en été par nos installations n’a pas la même valeur que celle du kilowattheure que l’on va rechercher sur le réseau en hiver. Cela provoque parfois des distorsions de marché dont les fournisseurs d’énergie se plaignent. Généralement, ils savent que le coût de l’énergie au mégawattheure, en moyenne, est beaucoup plus faible pendant les mois de mai, juin, juillet et août que durant l’hiver.

Il n’empêche tout de même que nous contribuons activement à faire diminuer les tarifs pour les gens qui n’ont pas de panneaux. On nous a toujours pointés du doigt en disant : « Oui, mais finalement, ce sont les autres personnes qui financent vos panneaux. » Ni vous ni moi n’avons pris de décision là-dedans ; à un moment donné, il faut aussi les assumer.

Ni vous ni moi n’avons dû nous dire : « Tiens, je vais plutôt consommer le soir ou plutôt le matin. » On ne nous a jamais vendu les installations comme des choses fonctionnant ainsi.

Il y a donc, c’est vrai, une petite distorsion de marché et le kilowattheure n’a pas tout à fait la même valeur. Ce qu’il faut tout de même garder à l’esprit — et il faut être très concret là-dessus —, c’est que c’est une aubaine pour la Wallonie d’avoir aujourd’hui 360 000 prosumers. Cette valeur du kilowattheure est extrêmement relative à [passage indistinct].

La seule chose que nous demandons aujourd’hui, monsieur — et vous faites probablement partie des membres —, c’est de la stabilité, du calme et que l’on nous foute la paix.

[03:40] Benjamin Maréchal
[Brève transition partiellement indistincte.] Monsieur, quelle est votre question ?

[03:49] Un membre du public
Ma question est simple. Nous sommes 300 000 prosumers ; nous avons une production qui est plus ou moins [comparable à celle d’] une centrale au gaz. Nous donnons du courant, que le distributeur se précipite pour vendre et facturer à quelqu’un d’autre. Et quand nous reprenons notre courant, on nous le refacture, alors que [passage indistinct concernant l’installation des panneaux].

Alors, je vous pose la question : si nous voulions faire un petit peu la guerre et que, demain matin à 10 heures, nous coupions tous nos panneaux solaires, que se passerait-il ? Pour fournir de l’électricité à ceux qui n’ont pas de panneaux solaires, il faudrait mettre en marche des centrales au gaz ou d’autres centrales. Et puis, à [heure indistincte], tout le monde remettrait ses panneaux solaires : cela ferait « péter le bazar », non ?

[04:55] Benjamin Maréchal
Ah ! Attendez, on va interpeller… Merci, monsieur. Je propose que deux représentants politiques répondent à chaque fois : Willy Borsus pour le MR et Olivier Biérin. Répondez tous les deux à cette interpellation sur une insurrection potentielle. On comprend bien qu’il s’agit d’un scénario de fiction.

Willy Borsus, répondez peut-être d’abord à cette colère.

[05:18] Le membre du public
Ce ne sera pas de la fiction !

[05:21] Benjamin Maréchal
C’était pour ne pas l’inquiéter… Répondez, si vous le voulez bien, Willy Borsus.

[05:26] Willy Borsus
Je pense qu’il faut trouver des solutions parce qu’après l’action que vous évoquez — je pense que Régis François l’a d’ailleurs déjà évoquée dans l’une ou l’autre de ses interviews —, il faudra trouver une solution.

La solution, c’est investir dans le réseau. Vous avez raison : nous avons, de mémoire, plus de prosumers que la France et l’Espagne réunies. Il faut donc souligner votre contribution très positive à la production d’énergie et à la production d’énergie renouvelable.

Il faut aussi un cadre stable, un cadre juridique et un cadre financier stables. Puis, il y a une série de nouvelles technologies — BeProsumer est aussi investi là-dedans — qui apportent des réponses en matière de stockage et de communautés d’énergie. Tout cela participe, me semble-t-il, à la réponse que vous attendez. Et cette réponse doit être marquée par le respect de celles et ceux qui ont osé, qui ont investi, qui ont mis leur [mot manquant] de manière à produire de l’énergie.

[06:30] Benjamin Maréchal
Olivier Biérin, sur cette frustration des producteurs qui, aujourd’hui, paient plusieurs fois et en alimentent d’autres : répondez à cela, puis nous passerons à une question supplémentaire.

[06:40] Olivier Biérin
D’abord, je remercie monsieur pour sa remarque lors de sa première prise de parole. Je vais ainsi pouvoir préciser ce que je disais : le renouvelable est le moins cher en matière de nouveaux investissements et de nouvelles capacités de production. Mais il s’agit d’un investissement qui, comme son nom l’indique, doit être rentabilisé au cours des années suivantes.

C’est notre responsabilité, en tant que responsables politiques et pouvoirs publics, de faire en sorte que cet investissement permette à chacun d’y participer. Vous avez pris vos responsabilités, cela a été dit. J’entends la demande de Régis François que l’on vous fiche la paix et que l’on vous permette de continuer à profiter de la rentabilité de cet investissement.

Je pense que nous pouvons tous nous engager aujourd’hui devant vous à mettre en œuvre et à poursuivre cet engagement-là.

[07:27] Benjamin Maréchal
Merci pour la réponse. Je vous rappelle la règle : cinq questions. Nous allons interpeller d’autres représentants politiques. Monsieur, quelle est votre question ?

[07:37] Un membre du public
Elle est simple. Je voudrais savoir s’ils vont finalement maintenir le fait qu’il doit y avoir un décrochage de deux heures pour pouvoir bénéficier d’un remboursement — de l’indemnisation — pour un service que nous n’avons pas.

[07:53] Benjamin Maréchal
Laurent Léonard, au PS, vous êtes dans la majorité : cette règle des deux heures vivra-t-elle ou mourra-t-elle ?

[07:59] Laurent Léonard
Je ne suis pas dans le gouvernement et je me retourne vers mon collègue, mais je pense effectivement que c’est le texte qui est sur la table aujourd’hui, avec cette règle des deux heures.

[08:08] Benjamin Maréchal
[Interruption dont la formulation est partiellement indistincte : le modérateur semble demander s’il faut modifier la règle ou conserver le statu quo.]

[08:13] Laurent Léonard
Personnellement, en tout cas, je ne sais pas vous en dire plus. Même si nous en avons parlé tout à l’heure, les retours qui me revenaient lorsque ce décret a été rédigé étaient qu’il était difficile de travailler avec des périodes beaucoup plus courtes et que cela risquait d’être très compliqué. Maintenant, est-ce deux heures ou un peu moins ? Personnellement, je n’ai pas le retour.

[08:43] Benjamin Maréchal
Antoine Hermant, vous êtes président de la commission Énergie. Cette règle des deux heures est évidemment très symbolique et très compréhensible. Vivra-t-elle ou mourra-t-elle ? La question est simple.

[08:54] Antoine Hermant
Il est difficile de prévoir le résultat après les élections. En tout cas, ce que je peux vous dire — et je l’ai dit en commençant mes interventions —, c’est que je rejoins ce qu’a dit monsieur là-bas tout à l’heure : vous avez, vous les prosumers, un poids très important.

Vous avez été les premiers — Régis François et l’organisation — à dénoncer ce problème de décrochage. Quand je vois le monde qui est ici aujourd’hui, je suis assez enthousiaste à l’idée que cette pression va continuer jusqu’au 9 juin, et aussi après le 9 juin.

Cela a toujours été ainsi dans l’histoire sociale de ce pays : dès qu’il y a eu des mobilisations, les choses ont bougé. Je vous encourage donc vraiment à rester mobilisés.

[09:40] Benjamin Maréchal
Voyez le positif : voilà un représentant politique qui vous incite à continuer la lutte !

[09:44] Régis François
Je vais juste me permettre d’intervenir, Benjamin, afin de faire un petit récapitulatif du dossier de ces 120 minutes.

Il faut tout de même savoir que le gouvernement avait trouvé un accord — et encore, qu’un accord ait été trouvé pour indemniser au sein du gouvernement me semblait être un premier pas, je dis bien un premier pas — à hauteur d’environ 65 % du montant du tarif prosumer.

Mais ils ont travaillé à l’envers : ils ont trouvé un accord ensemble, puis ils ont consulté tous les acteurs du marché. Vous avez donc un gouvernement qui décide, puis qui demande : « Est-ce que ma décision est bonne ? » En fait, il aurait peut-être fallu consulter d’abord, puis prendre une décision.

Évidemment, vous pensez bien qu’ORES, RESA et [un autre gestionnaire de réseau, sigle indistinct] ne sont pas arrivés la bouche en cœur en disant : « Mais oui, nous allons indemniser les gens de 500, 700 ou 800 euros en fonction de ce qu’ils perdent. » Non, évidemment.

Les pressions ont été telles que l’Union des villes et communes de Wallonie a même publié un communiqué disant clairement que toute indemnisation allait porter préjudice aux finances des communes. C’est scandaleux.

Encore une fois, nous ne pourrons jamais appuyer ni soutenir ce texte sur les 120 minutes avec de telles dispositions à l’intérieur. Voilà, c’est tout.

[11:06] Benjamin Maréchal
Voilà qui répond à l’angoisse de monsieur. Une question au troisième rang maintenant. Monsieur, vous pouvez interpeller les représentants politiques. Je sais que François n’a pas encore répondu. Quelle est votre question ?

[11:17] Un membre du public
Ce sont des propositions. Déjà, pour la ministre de la N-VA : [début de phrase indistinct]. Elle a raison, il faut vraiment une égalité totale. Ce qu’il faut lui dire, c’est qu’elle doit revenir en arrière sur ce qu’avait fait la Flandre il y a plusieurs années : empêcher les compteurs des Flamands de tourner à l’envers. Ils doivent aussi tourner à l’envers en Flandre.

[11:48] Benjamin Maréchal
François Desquesnes, pouvez-vous porter ce message ? Revenir en Flandre au système antérieur ?

[11:54] François Desquesnes
J’avoue que je ne suis pas élu en Flandre et que je ne défends pas les citoyens flamands, mais je peux évidemment partager la logique de monsieur.

[12:00] Le membre du public
Mais non, c’est lui qui doit répondre ! Il est de la N-VA. Je trouve que la N-VA a raison : il faut une égalité et la ministre doit demander que l’on revienne en arrière chez les prosumers flamands.

[12:16] Benjamin Maréchal
Attendez, monsieur. Je transmets le micro à Drieu Godefridi afin de vous laisser répondre à cette interpellation — à moins que le modèle flamand ne soit pas tourné vers l’arrière.

[12:28] Drieu Godefridi
Merci, monsieur, pour votre question très aimable. Je suis tout à fait d’accord avec vous sur l’objectif final. Je pense que ce serait bien, et que ce serait un signe de maturité dans notre fédéralisme, d’avoir finalement un système… Nous ne sommes pas ennemis entre Wallons et Flamands. Je suis moi-même Brabançon wallon et je ne me sens pas l’ennemi de la Flandre.

Je pense que cette relation antagoniste, qui a été excitée par le recours en question — je parle du recours de Mme Demir, je l’assume —, est quelque chose que nous devons maintenant dépasser. L’objectif final serait effectivement d’avoir un système également favorable aux prosumers wallons et flamands. Je suis d’accord à 100 % avec vous et cela me paraît encore possible aujourd’hui.

Juste, pour terminer, un mot très rapide : [passage fortement dégradé dans les sous-titres]. Si M. Borsus était tellement sûr de son fait, il me dirait : « L’arrêté de mon gouvernement est d’une qualité si grande qu’il n’y a aucune difficulté. » En réalité, M. Borsus sait que cet arrêté n’est pas un arrêté qualitatif. Il est donc souhaitable de se mettre d’accord.

Je vous donne raison, monsieur, et je pense que nous irons dans cette direction. Vous avez, à la N-VA, un allié pour ce faire.

[13:41] Benjamin Maréchal
Je vous laisse la réplique, Willy Borsus, même si les éléments ont été prononcés tout à l’heure au sujet de votre confiance. Souhaitez-vous réagir ou pas ? Je me souviens vous avoir entendu sur la confiance que vous aviez dans l’arrêté, tout à l’heure.

[13:52] Benjamin Maréchal
Dernière question, chez monsieur qui avait levé la main il y a quelques instants. Monsieur, quelle est votre question à l’assemblée ?

[13:58] Un membre du public
Simplement, au vu de toutes ces difficultés, je me demande s’il y a encore un intérêt à installer de nouvelles installations photovoltaïques. Si nous voulons développer le vert, que faut-il réellement faire ?

Parce qu’aujourd’hui, à vous entendre, à mon avis, nous sommes tous dégoûtés. Je ne conseillerais à personne de mettre une nouvelle installation en place. C’est à vous de me convaincre.

[14:21] Benjamin Maréchal
Ah oui ! Je propose alors un dernier tour de table collectif sur l’intérêt d’investir aujourd’hui. Commençons peut-être par Écolo. Olivier Biérin, rapidement : que conseillez-vous pour demain ?

[14:37] Olivier Biérin
Nous savons que, pour réussir la transition énergétique, il faut que le maximum de capacités soit mis en œuvre sur le marché par tous les acteurs : le public, le privé, les citoyennes et les citoyens.

C’est donc notre responsabilité de faire en sorte que les conditions soient idéales. Je pense que nous devons prendre devant vous l’engagement de réunir ces conditions lors de la prochaine législature, afin que cela reste évidemment intéressant et rentable pour vous.

Encore une fois, un grand merci à toutes celles et tous ceux qui ont pris cette responsabilité et ont ainsi contribué à la transition énergétique.

[15:10] Benjamin Maréchal
Willy Borsus, honnêtement, conseillez-vous un temps d’attente ou est-il toujours temps d’investir dans le photovoltaïque ? Willy Borsus, répondez sur l’intérêt d’investir aujourd’hui.

[Échange avec la salle non transcrit ou inaudible entre 15:22 et 15:32.]

Monsieur, je vous laisserai répondre, mais vous comprenez — je l’assume — la difficulté d’être aussi nombreux dans un face-à-face qui peut durer à l’infini. Willy Borsus, répondez, s’il vous plaît. Nous essayons de résumer l’ensemble des questions. Je vous propose de rester plutôt sur le fond du solaire que sur la mécanique de la conversation. Souhaitez-vous répondre sur le climat ou pas ?

[15:55] Willy Borsus
Aujourd’hui, je veux bien offrir immédiatement mon temps de parole à la salle.

[16:02] Benjamin Maréchal
Je laisse tout de même les autres répondre, puisque c’était le tour de François. Est-ce qu’on ose encore aujourd’hui investir dans le solaire ou, honnêtement, y a-t-il trop d’instabilité ? Monsieur, je viens à vous dans un instant, mais continuons ce tour de table, si vous le permettez.

[16:17] François Desquesnes
Je pense effectivement qu’aujourd’hui, la succession des événements et la non-anticipation nous ont amenés à une situation où les investisseurs particuliers, et même de plus gros investisseurs, se posent des questions.

J’ai rencontré il n’y a pas longtemps quelqu’un qui voulait installer des panneaux photovoltaïques sur des toits de ferme, etc. Il disait : « On ne sait pas où les mettre en Wallonie. »

Je pense donc qu’aujourd’hui, pour le photovoltaïque, le prochain gouvernement doit vraiment mettre autour de la table les interlocuteurs qui participent au secteur — et bien sûr, pour les producteurs particuliers et les prosumers, BeProsumer — afin d’établir le cadre à dix et quinze ans du développement du photovoltaïque en Wallonie.

Il doit y avoir un engagement tenu dans la durée. Sans cela, malheureusement, je crains que la filière photovoltaïque en Wallonie ne soit en grande difficulté.

[17:11] Benjamin Maréchal
Ah oui, c’est une prédiction terriblement sombre. Régis, nous continuons le tour de table : avec votre connaissance du point de vue de BeProsumer, ose-t-on encore investir aujourd’hui ?

[17:22] Régis François
Oui. Je l’ai toujours dit et nous l’avons toujours conseillé — en tout cas, personnellement, à toutes les personnes qui m’ont contacté : oui, évidemment. Mais le mot d’ordre doit être clair, il doit être limpide.

Malheureusement, cette ASBL, je l’ai toujours dit, n’aurait jamais dû exister. Je ne devrais même pas perdre mon temps, ni [formulation indistincte], à être assis ici. Nous l’avons bien précisé : elle est née sur un fond de colère. Une colère légitime provoquée par la suppression de cinq années de certificats verts, puis par de multiples changements perpétuels.

Aujourd’hui, ce que le secteur demande — je ne vais pas parler au nom de Techlink, mais au nom des prosumers qui sont ici devant nous —, c’est que l’on nous fiche la paix ; que l’on arrête avec de nouvelles annonces dans les journaux toutes les trois semaines ; que l’on arrête les changements de paramètres, de paradigme et de vision qui interviennent tous les six mois parce que l’un veut bien ceci et l’autre veut bien cela.

L’énergie est aujourd’hui un secteur stratégique qui a besoin d’une [politique ou hypothèse : mot incertain], d’une vision d’investissement à dix, quinze ou vingt ans, et qui ne doit pas s’étaler sur les seules cinq années d’une législature, pour que l’on ne se dise pas ensuite : « Après moi, les mouches. »

[18:38] Benjamin Maréchal
C’est aussi la demande de votre voisin du PTB. Antoine Hermant, très concrètement : un nouveau propriétaire investit-il ou attend-il ?

[18:48] Antoine Hermant
Sincèrement, nous avons maintenant mis les clés du photovoltaïque entre les mains des fournisseurs, dans la mesure où ils peuvent déterminer eux-mêmes les prix d’achat de l’électricité produite. Nous allons donc vraiment vers des périodes d’incertitude, y compris pour nous en 2030.

À partir de 2030, que va-t-il se passer ? Les fournisseurs vont pouvoir fixer n’importe quel prix pour notre fourniture. Nous avons évidemment de grandes craintes à ce sujet.

Comme Régis vient de le dire, il faut réellement une stabilité dans le temps et ne pas tout revoir tous les six mois. Nous avons eu des certificats verts, puis pas de tarif prosumer ; maintenant, nous avons des décrochages. Nous avons vraiment connu une [déstructuration ou destruction : terme incertain]. Et ce n’est pas uniquement la question des prosumers, mais celle du secteur dans son ensemble.

Pour terminer, nous l’avons vu avec la crise des derniers mois, durant laquelle les tarifs ont explosé pour toutes les familles : ce secteur n’est plus tenable en l’état. Il faut un véritable changement. Il faut un véritable secteur public qui réfléchisse dans l’intérêt de tous les citoyens, que l’on foute la paix aux prosumers et que l’on investisse sérieusement.

[20:13] Benjamin Maréchal
Sur ce message, il y a consensus chez tout le monde. Laurent Léonard, dernier mot ; puis nous entendrons monsieur, puisque Willy Borsus vous cède son temps de parole, avant de passer à la conclusion de cette assemblée.

[20:22] Laurent Léonard
Je pense que cela peut toujours être intéressant et qu’il faut continuer à le faire, dès lors que l’on mise sur l’autoconsommation. Évidemment, il faut poursuivre les investissements dans les réseaux, mais l’autoconsommation est aujourd’hui l’une des réalités.

Il s’agit peut-être de déplacer notre consommation. C’est d’ailleurs pour cela qu’il y a eu des aides à la domotique, ou encore une réflexion sur les batteries, etc. Dans ce cadre-là, cela peut encore être intéressant.

Je pense aussi qu’il faut travailler avec des collectivités, puisqu’il existe derrière cela des possibilités de communautés d’énergie. Dans ce cadre d’autoconsommation, je pense que cela peut toujours être intéressant.

[21:03] Benjamin Maréchal
Nous savons qu’il reste encore quelques thèmes à creuser dans les prochains mois, notamment les communautés d’énergie.

[21:08] Benjamin Maréchal
Le dernier mot à monsieur, puisqu’il le souhaitait et que le vice-président wallon vous cède son temps de parole. Je vous écoute et, ensuite, vous le comprenez bien, nous passerons à la suite. Monsieur, nous vous écoutons.

[21:20] Un membre du public
Merci tout de même. Merci, monsieur Borsus.

Écoutez, comme vous, j’ai investi dans les panneaux solaires, sinon vous ne seriez pas ici. Depuis que nous réalisons des économies d’énergie et que nous investissons, cela ne fait que coûter de plus en plus cher, malgré ce que vous dites.

Cela coûte peut-être moins cher, mais je me demande pour qui. En tout cas, pas pour ceux qui doivent investir. Parce que vous parlez de qui va payer, mais vous n’avez toujours pas répondu : qui va payer ?

Ce que vous avez oublié de mentionner parmi les candidats possibles à l’investissement, ce sont ceux qui engrangent les dividendes. On n’entend jamais parler de ceux qui devraient mettre la main à la poche pour entretenir leur outil de fonctionnement.

C’est tout de même bizarre : ce sont les consommateurs-payeurs qui doivent investir dans les outils des acteurs privés qui engrangent les dividendes. Cela, il faut me l’expliquer. Et vous en êtes complices depuis des années ; cela ne commence pas cette année.

Le vrai problème est là : on nous fait pomper de l’argent pour en engraisser d’autres. Ce n’est que cela et rien d’autre. Ce n’est pas un problème de CO₂ ni un problème d’économie. Non, on cherche tous les moyens pour engraisser certains. Voilà ce qui se passe, et rien d’autre.

[22:39] Benjamin Maréchal
Merci, monsieur. Willy Borsus, sur les fournisseurs : les fournisseurs d’énergie participent-ils suffisamment à la transition ? Paient-ils suffisamment — et paient-ils tout court, d’ailleurs — pour la transition ?

[22:54] Willy Borsus
Ils investissent partiellement dans la transition. Et, deuxièmement, lorsque je vois les résultats des fournisseurs d’énergie — nous ne parlons pas ici des gestionnaires de réseau —, ces résultats ont été très, très importants, encore plus particulièrement durant la crise de l’énergie.

[23:12] Benjamin Maréchal
Petit tour de table rapide sur la manière de contraindre éventuellement les fournisseurs à investir davantage dans la transition énergétique. Du côté d’Écolo, des mesures contraignantes à l’égard des fournisseurs sont-elles envisagées chez vous ?

[23:26] Olivier Biérin
Oui, bien entendu. Il y en a d’ailleurs déjà qui ont été mises en place au niveau européen afin d’imposer aux producteurs d’investir dans la transition et d’aller davantage vers le renouvelable.

Qu’il faille aller encore plus loin et encore plus vite, lorsque l’on voit la réalité malheureuse du dérèglement climatique, cela me paraît évident.

[23:45] Benjamin Maréchal
Au hasard des libertés et des disponibilités de chacun, vous pourrez évidemment continuer le débat — sinon au bar, dans le salon derrière.

Je voudrais que l’on remercie vraiment les membres de l’assemblée, ce soir, pour leur disponibilité et leur transparence dans les réponses : merci à Écolo et Olivier Biérin ; au PTB et Antoine Hermant ; à Laurent Léonard pour le PS ; à François Desquesnes pour Les Engagés. Merci d’être venus répondre aux questions de BeProsumer.

Et, si vous le souhaitez, en fonction de vos besoins, vous pouvez évidemment rester disponibles pour le public qui est là.

POINTS D’ÉCOUTE SIGNALÉS
• 00:11–00:16 — Les formes ASR « dééclarer la salle » et « CIN questions » ont été rétablies en « éclairer la salle » et « cinq questions » grâce au contexte immédiat.
• 03:28–03:40 — La fin de la réponse de Régis François et la transition du modérateur sont très dégradées ; le segment manquant n’a pas été reconstitué.
• 03:51–04:20 — La comparaison de la production agrégée avec une centrale et la fin de la phrase sur l’installation des panneaux sont partiellement indistinctes.
• 04:48–04:55 — L’heure exacte annoncée pour la reconnexion collective est indistincte et n’a pas été extrapolée.
• 06:25–06:30 — Un mot manque dans la formule de Willy Borsus « qui ont mis leur… de manière à produire ».
• 08:08–08:14 — Une interruption très rapide entre Laurent Léonard et Benjamin Maréchal est partiellement indistincte ; seule son intention probable est décrite.
• 10:31–10:35 — Le troisième sigle de gestionnaire de réseau prononcé après ORES et RESA est indistinct.
• 11:17–11:31 — Le début de la proposition adressée à la ministre N-VA est incomplet dans les sous-titres.
• 13:08–13:20 — Une phrase de Drieu Godefridi avant son adresse à Willy Borsus est fortement dégradée et n’a pas été inventée.
• 15:22–15:32 — Un silence ou échange avec la salle n’est pas repris par la piste de sous-titres.
• 17:55–18:02 — Une courte formulation de Régis François concernant les personnes présentes est méconnaissable.
• 18:25–18:31 — Le mot précédant « une vision d’investissement » peut être entendu comme « politique » ou reconnu comme « hypothèse » ; aucune lecture n’est imposée.
• 19:37–19:43 — Le terme employé par Antoine Hermant peut être « destruction » ou « déstructuration ».
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Conclusion · 05:48

Transformer la colère en force collective

Régis François clôt l’assemblée en reliant la défense individuelle à la capacité collective d’agir. Il revient sur les surcoûts de certains fournisseurs, le poids de l’investissement privé, l’évolution de BeProsumer et la nécessité d’une politique énergétique pensée sur dix à vingt ans.

Des chiffres datés de 2024

L’orateur évoque alors 20 000 à 25 000 membres actifs, 32 000 inscrits et environ 360 000 prosumers wallons ; ces repères ne sont pas présentés comme des chiffres 2026.

Un horizon d’action

Il donne environ un an aux acteurs pour concrétiser les promesses réseau et évoque, à défaut, l’hypothèse d’un recours collectif.

La stabilité comme boussole

L’association réclame de la pédagogie et une trajectoire énergétique lisible à 10, 15 et 20 ans.

Lire la transcription corrigée · 16 blocs

Méthode. Transcription éditoriale fidèle au sens, corrigée à partir des sous-titres automatiques. Les hésitations ont été allégées ; aucun passage incertain n’a été inventé. Cette version n’est pas un procès-verbal certifié mot à mot.

[00:03] Benjamin Maréchal
Voilà, Régis François. Assemblée générale, puisque c'était ça l'enjeu au départ, effectivement, de BeProsumer. Je vous laisse le mot de la fin.

[00:10] Régis François
Alors oui, clairement, ce qu'on voulait, c'était avant tout que l'on vienne présenter un bilan, que l'on connaisse aussi le dessous des cartes de certaines négociations, parfois de certains échanges.

[00:21] Régis François
Je rejoins tout à fait le collectif citoyen sur le fond de cette histoire, qui se dit : « OK, voilà, en effet, les fournisseurs font des surprofits. » Le problème du fournisseur aujourd'hui, ce qui est quand même terrible, c'est qu'on se rend compte que certains fournisseurs — essentiellement des traders, d'ailleurs, des gens qui ne produisent rien du tout ; on peut citer quelques entreprises — viennent, en plus du tarif prosumer, appliquer à certains d'entre vous purement un tarif, une taxe, parce que vous avez des panneaux solaires. Ça, c'est absolument scandaleux. Par contre, d'autres ne l'appliquent pas.

[00:57] Régis François
Alors, c'est vrai qu'il y a une certaine petite distorsion de marché à un moment donné. Mais d'où viennent ces tarifs ? En fait, ce que ces gens veulent, c'est se débarrasser du prosumer. Eh bien, s'ils veulent se débarrasser des prosumers — aujourd'hui, je parle de certains fournisseurs —, nous sommes 360 000 en Wallonie : qu'ils le disent, on ira chez d'autres.

[01:22] Régis François
Les grands fournisseurs, appelons-les comme ça, eux n'ont pas encore appliqué ce type de tarif. J'espère qu'ils ne le feront jamais, mais ils comprennent tout de suite que nous sommes ici les acteurs de l'énergie de demain.

[01:38] Régis François
Et évidemment, à un moment donné, quand on a lancé le photovoltaïque — c'est quand même un dossier qui est épais, lourd, il change sans cesse, ce photovoltaïque —, on vous a vendu le soleil et le vent comme étant gratuits. Mais rien n'est gratuit. On a dû mettre 20 000 balles sur nos toits, 35 000 pour certains d'entre vous, 10 000 pour d'autres, pour finalement répondre à quoi ? À une demande politique. Parce que c'était ça : il fallait arriver à des objectifs, il y avait une demande politique et, derrière, on devait y arriver.

[02:09] Régis François
Je vous l'ai dit, cette association est née sur un terreau de colère, et ce n'est jamais sain. On a su essayer, en dix ans, de se réinventer. C'est vrai que, parfois, on a les reproches : « Vous n'êtes pas assez incisifs, vous devriez hurler beaucoup plus. » Vous n'avez qu'à leur téléphoner. Je pense qu'on n'a rien par les cris et par la violence.

[02:27] Régis François
Mais, par contre, en dix ans, on a quand même fait un certain chemin : il n'y a pratiquement plus de grande décision qui se prend — sauf des accords politiques en gouvernement — sur laquelle nous ne sommes pas consultés. Au début de « Touche pas à mes certificats verts », on ne l'était pas. Aujourd'hui, maintenant, on nous demande quand même notre avis, parce que derrière il y a toujours [formulation indistincte] : il faut faire attention.

[02:49] Régis François
Parce que oui, chez BeProsumer, il n'y a peut-être activement aujourd'hui que 20 000 à 25 000 membres, 32 000 inscrits. C'est moins de 10 % des gens qui ont des panneaux en Wallonie. Je tiens toujours à nous remettre à notre place aussi, qu'on garde bien les pieds sur terre. Cette association, aujourd'hui, ne représente qu'à peu près, un peu moins de 10 %. Donc je parle au nom des membres et jamais au nom des prosumers en général. Mais, par contre, derrière, les avis que l'on donne au travers des médias sont toujours extrêmement écoutés.

[03:16] Régis François
J'espère qu'ils vont bien écouter que, dans la prochaine déclaration de politique régionale, il y aura autre chose. Si, aujourd'hui, il n'y a pas d'investissements conséquents dans le réseau, si les gens qui décrochent — et nous sommes tous assujettis à [fin de phrase indistincte]… Allez, je vais conclure là-dessus.

[03:31] Régis François
Clairement, si nous n'y allons pas ensemble, si nous ne prenons pas les choses en main, d'ici un an grand maximum — c'est la période que l'on s'est laissée pour bien analyser si les promesses vont être tenues ou pas —, alors oui, les gestionnaires de réseau de distribution vont être poussés en justice au travers d'un recours collectif. Ce n'est jamais la garantie, évidemment, d'avoir un succès au niveau d'un recours en justice.

[03:55] Régis François
Par contre, à un moment donné, c'est quand même la dernière chose que l'on souhaite : aller perdre notre temps. On aimerait beaucoup plus [verbe indistinct] avec vous dans l'information, la pédagogie, parce qu'aujourd'hui vous entendez des termes dont je suis sûr que certains d'entre vous ne les ont probablement jamais entendus. Mais c'est aussi une réalité de la complexité du marché de l'énergie.

[04:19] Régis François
Rien n'est facile. Et tout se complique quand rien n'est anticipé. Et ça fait onze ans que rien n'est anticipé, malheureusement.

[04:30] Régis François
Donc voilà, ce sera vraiment mon mot. Ce que je demanderai aujourd'hui à cette future coalition — peu me chaut de quels partis elle soit constituée —, c'est qu'à un moment donné, ils puissent se mettre autour d'une table et qu'on ait une vraie politique volontariste à dix, quinze, vingt ans, de manière à ce qu'on s'assure que, sur votre facture, pour vos panneaux, vous puissiez voir votre compteur qui continue à tourner à l'envers ; que vous puissiez voir, finalement, que vos panneaux produisent une énergie bon marché qui vous est favorable, parce que vous avez trimé toute votre vie pour vous la payer. C'est aussi simple que ça.

[05:06] Régis François
Et je vous remercie beaucoup d'être présents aujourd'hui, d'avoir été présents. Voilà, je vais juste conclure sur ce petit mot. Je remercie également l'ensemble du conseil d'administration de l'ASBL qui était là, qui a beaucoup travaillé ; l'ensemble du WEX également, pour l'organisation du salon en collaboration avec nous. Ça a été lourd, ces dernières semaines, mais voilà. En tout cas, merci d'être venus, ça nous fait chaud au cœur de vous voir.

[05:27] Régis François
Vient le moment le plus intéressant, peut-être, pour vous : le débriefing de tout ce qui s'est dit. Et je vous demande de raccompagner quand même sous les applaudissements les intervenants de cet après-midi, en vous signalant que le salon Solar Expo et les exposants sur les technologies de demain sont toujours à votre disposition. Bon après-midi, tout le monde, et bravo à ceux qui se sont prêtés au jeu.

POINTS D’ÉCOUTE SIGNALÉS
• 00:03–00:09 : la première phrase de Benjamin Maréchal commence au milieu d'une transition ; la construction exacte est tronquée dans la piste.
• 02:43–02:50 : quelques mots après « on nous demande quand même notre avis » sont mal reconnus ; seule l'idée finale « il faut faire attention » est suffisamment claire.
• 03:27–03:31 : la phrase amorcée après « les gens qui décrochent » reste inachevée ou inaudible avant « Allez, je vais conclure là-dessus ».
• 04:00–04:05 : le verbe après « On aimerait beaucoup plus… » n'est pas déterminable avec fiabilité ; le complément sur l'information et la pédagogie est clair.
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Bonus · montage thématique · 17:55

Le fil rouge de Régis François

Cette septième vidéo n’est pas une nouvelle étape de l’AG : elle rassemble huit extraits des vidéos 4, 5 et 6. Elle permet de suivre en moins de dix-huit minutes la position de BeProsumer sur le recours, les décrochages, les réseaux, la tarification, l’investissement et la mobilisation.

Voir l’essentiel

Un parcours condensé pour les visiteurs qui ne peuvent pas revoir les 1 h 58 de séance chronologique.

Éviter le double comptage

Les interventions sont reprises ailleurs dans cette page ; les dates et affirmations restent celles de mai 2024.

Une ligne constante

Réseau fonctionnel d’abord, réparation proportionnelle à défaut, stabilité réglementaire et force du collectif.

Lire la transcription corrigée · 23 blocs

Méthode. Transcription éditoriale fidèle au sens, corrigée à partir des sous-titres automatiques. Les hésitations ont été allégées ; aucun passage incertain n’a été inventé. Cette version n’est pas un procès-verbal certifié mot à mot.

[00:03] Benjamin Maréchal
Un mot, Régis François, puis je reviens au monde politique. Un mot sur ce recours. On vous a lu dans la presse en deux temps : vous avez d'abord dit « je suis confiant sur l'arrêté wallon », puis vous avez émis quelques signaux de doute. Êtes-vous toujours dans le doute sur la validité de l'arrêté wallon ?

[00:25] Régis François
Je ne suis pas juriste, mais j'analyse la situation avec mes onze années d'expérience. Nous n'avons pas toujours des arrêtés extrêmement bien ficelés. Parfois, ce sont des arrêtés de fin de législature ; quelquefois, on essaie de ménager la chèvre et le chou, de mettre un petit peu tout et n'importe quoi dedans. D'après les informations que nous avons demandées, notamment auprès d'Aurélie Kettels, qui a relu les choses, elle n'était pas très enthousiaste. Cela reste un arrêt du Conseil d'État que nous attendons. J'ose espérer que [la décision sera favorable] et que l'arrêté du Gouvernement wallon était blindé, parce que, sinon, ce que je regarde avant tout, ce sont les conséquences.

[01:13] Benjamin Maréchal
Donnons la parole à BeProsumer, puisque vous représentez le public qui est là. Ce principe d'indemnisation et ses différentes conditions — notamment les deux heures —, est-ce un principe que vous acceptez, ou dénoncez-vous ce texte aujourd'hui ?

[01:31] Régis François
Ce que je n'accepte pas, c'est que, depuis le 1er janvier de cette année, les gens partout en Wallonie paient un tarif prosumer à 100 %. Ils ne sont plus remboursés d'une partie du tarif. Ils paient pour un réseau qui ne fonctionne pas, dans lequel on n'a pas suffisamment investi et pour lequel, au niveau de l'indemnité, on veut simplement donner [une aumône]. Je comprends que la situation soit difficile au niveau du gouvernement : 120 000 nouvelles installations, uniquement l'année passée, c'est énorme. Mais ils n'apprennent jamais de leurs erreurs. Chaque fois qu'on a mis un moratoire, il y a eu des pics ; il fallait s'y attendre. Ce moratoire, c'était la fin du compteur qui tourne à l'envers, puisque, depuis le 1er janvier de cette année, toute nouvelle installation n'en bénéficie plus. Dans le cadre des négociations — ce n'est pas vous, M. Léonard —, il faut reconnaître que les personnes du Parti socialiste autour de la table étaient prêtes à donner 50 euros.

[02:51] Intervenant hors champ, puis Benjamin Maréchal
[Réaction sur le montant de 50 euros.] Attendez, laissez répondre. M. Léonard n'était pas autour de la table.

[03:00] Régis François
Nous avons ici un véritable problème. On va tenter de donner une indemnité, mais il faudra décrocher pendant deux heures consécutives. Ce que les gens demandent, c'est un réseau qui fonctionne. Ce que nous demandons en plus, c'est ceci : vous décrochez pendant dix minutes, vous recevez une indemnité pour ces dix minutes ; vous décrochez pendant 248 heures sur votre année, vous recevez une indemnité pour 248 heures. C'est clair, limpide et simple.

[03:31] Benjamin Maréchal
Vous défendez des membres venant d'un peu partout. Ressentent-ils réellement une différence de traitement, de perception et de rythme entre les GRD — ORES et RESA, pour prendre les deux plus importants ?

[03:48] Régis François
Je ne pense pas, parce que les membres et les personnes qui ont des panneaux sont un peu comme les cocus : les derniers au courant. Si nous ne les tenons pas au courant de ce qui se passe dans les C.A., ils ne le savent pas. J'entends parler de 1,9 milliard, puis de 2 milliards. Ma question est simple : qui va payer ? Tout sera inévitablement répercuté sur la facture des citoyens. Je ne vois pas d'autre solution face aux quantités astronomiques d'argent à investir dans le réseau : une montée de la Région au capital des GRD, en créant de la dette. Sinon, cela sera automatiquement répercuté sur la facture des citoyens. Pour la nouvelle méthodologie tarifaire « 2026-2030 » [période énoncée oralement], le comité de direction d'ORES, après moult palabres avec la CWaPE, donne son accord. Mais le conseil d'administration, essentiellement composé d'élus des communes et d'autres acteurs, est allé déposer un recours, au prétexte que les communes risquaient de se voir privées d'une partie de l'argent. La facture d'électricité ne doit jamais être une feuille d'impôt. Aujourd'hui, elle l'est tout le temps, et c'est inacceptable.

[05:40] Benjamin Maréchal
Un mot sur la tarification incitative de 2026. Dès 2026, le consommateur aura le choix d'adopter cette tarification, qui implique plusieurs plages tarifaires. Selon le moment de la journée, vos prélèvements seront facturés différemment. Que veut dire « tarification incitative » et comment ce nouveau système peut-il affecter les prosumers ?

[06:13] Régis François
En 2026, cette tarification incitative sera optionnelle, pas obligatoire. Vous pourrez conserver le tarif unihoraire, le tarif bihoraire ou opter pour la tarification dite incitative. Vous paierez les frais de réseau à des montants différents en fonction de votre prélèvement au cours de la journée ou de la nuit. Il y aura cinq plages différentes. Cela commencera à devenir intéressant si l'on a des panneaux et si l'on installe des batteries. Vous pourrez charger de l'électricité la nuit, lorsque les coûts de réseau seront les moins chers, puis vous en servir le matin ou le soir, là où l'on passera d'un ratio de 1 la nuit jusqu'à 5 pendant la période du soir. Cela aura donc des conséquences tarifaires pour vous.

[07:22] Benjamin Maréchal
Un kilowattheure est-il aujourd'hui traité en Belgique comme n'importe quel autre kilowattheure ?

[07:29] Régis François
La valeur du kilowattheure produit en été par nos installations n'est clairement pas la même que celle du kilowattheure que l'on va rechercher sur le réseau en hiver. Cela provoque parfois des distorsions de marché dont les fournisseurs se plaignent, puisque le coût moyen de l'énergie par mégawattheure est beaucoup plus faible en mai, juin, juillet ou août que durant l'hiver. Il n'empêche que nous contribuons activement à faire diminuer les tarifs pour les gens qui n'ont pas de panneaux. On nous a toujours pointés du doigt en disant : « Ce sont les autres qui financent vos panneaux. » Ni vous ni moi n'avons pris ces décisions ; à un moment donné, il faut aussi les assumer. On ne nous a jamais vendu les installations comme un système où il faudrait déplacer individuellement nos consommations. Il existe donc une petite distorsion de marché et le kilowattheure n'a pas tout à fait la même valeur. Mais, pour la Wallonie, avoir aujourd'hui 360 000 prosumers est une aubaine. Ce que nous demandons, c'est de la stabilité, du calme et que l'on nous fiche la paix.

[09:06] Benjamin Maréchal
J'ai moi-même brisé la règle en disant que nous allions interpeller les politiques, alors que c'est vous, Régis, qui avez répondu.

[09:12] Régis François
Vous me permettrez d'intervenir, Benjamin, pour faire un petit rétroacte du dossier de ces 120 minutes. Le gouvernement avait trouvé un accord pour indemniser, ce qui me semblait un premier pas, à concurrence d'environ 65 % du montant du tarif prosumer. Mais ils ont travaillé à l'envers : ils ont trouvé un accord, puis ils ont consulté les acteurs du marché. Vous avez donc un gouvernement qui décide, puis qui demande si sa décision est bonne. Il aurait fallu consulter d'abord. Vous pensez bien qu'ORES, RESA et [un troisième acteur non intelligible] ne sont pas arrivés la bouche en cœur en disant qu'ils allaient indemniser les gens de 500, 700 ou 800 euros selon leurs pertes. Les pressions ont été telles que l'Union des villes et communes de Wallonie a publié un communiqué disant que toute indemnisation porterait préjudice aux finances des communes. C'est scandaleux. Jamais nous ne pourrons appuyer ni soutenir un texte comportant cette condition de 120 minutes.

[10:36] Benjamin Maréchal
Avec votre connaissance du point de vue de BeProsumer, ose-t-on encore investir aujourd'hui ?

[10:43] Régis François
Oui. Je l'ai toujours dit et je l'ai conseillé à toutes les personnes qui m'ont contacté. Mais le mot d'ordre doit être clair. Cette ASBL n'aurait jamais dû exister. Elle est née sur un foyer de colère : une colère légitime provoquée par la suppression de cinq années de certificats verts, puis par de multiples changements perpétuels. Je vais parler au nom des prosumers qui sont ici : ce que nous demandons, c'est que l'on nous fiche la paix. Que l'on arrête ces nouvelles qui arrivent toutes les trois semaines dans les journaux, ces changements de paramètres, de paradigme ou de vision qui changent tous les six mois. L'énergie est un secteur stratégique qui a besoin d'une [ligne directrice] et d'une vision d'investissement sur dix, quinze ou vingt ans. Elle ne doit pas s'étaler seulement sur les cinq ans d'une législature, avec l'idée qu'« après moi, les mouches ».

[12:03] Benjamin Maréchal
[… l']assemblée générale, puisque c'était l'enjeu de départ de BeProsumer. Régis François, je vous laisse le mot de la fin.

[12:09] Régis François
Ce que nous voulions, c'était avant tout qu'un bilan soit présenté et que l'on connaisse parfois le dessous des cartes de certaines négociations et de certains échanges. Je rejoins le collectif citoyen sur le fond : oui, les fournisseurs font des surprofits. Certains fournisseurs — essentiellement des traders, des gens qui ne produisent rien — viennent, en plus du tarif prosumer, imposer à certains d'entre vous un tarif, une taxe, parce que vous avez des panneaux solaires. C'est scandaleux. D'autres ne l'appliquent pas. Il existe une petite distorsion de marché. Mais ce que certains veulent, c'est se débarrasser des prosumers. S'ils veulent se débarrasser de nous, qu'ils le disent. Nous sommes 360 000 en Wallonie : nous irons chez d'autres. Les grands fournisseurs n'ont pas encore appliqué ce type de tarif. J'espère qu'ils ne le feront jamais. Ils comprennent que nous sommes les acteurs de l'énergie de demain.

[13:34] Régis François
Quand le photovoltaïque a été fortement lancé, on vous a vendu le soleil et le vent comme étant gratuits. Mais rien n'est gratuit. Nous avons dû mettre 20 000 euros sur nos toits, 35 000 pour certains, 10 000 pour d'autres. Pour répondre à quoi ? À une demande politique. Il fallait atteindre des objectifs. Cette association est née sur un terreau de colère. En dix ans, nous avons essayé de nous réinventer. On nous reproche parfois de ne pas être assez incisifs et de ne pas hurler davantage. Je pense que l'on n'obtient rien par les cris et par la violence.

[14:28] Régis François
En dix ans, nous avons fait un certain chemin. Il n'y a pratiquement plus de grandes décisions qui se prennent — sauf des accords politiques au sein du gouvernement, sur lesquels nous ne sommes pas consultés — sans que notre avis soit demandé. Au tout début de « Touche pas à mes certificats verts », nous ne l'étions pas. Aujourd'hui, on nous demande notre avis. Chez BeProsumer, il n'y a peut-être activement que 20 000 à 25 000 membres, pour 32 000 inscrits. C'est moins de 10 % des gens qui ont des panneaux en Wallonie. Je tiens à nous remettre à notre place et à garder les pieds sur terre. Je parle au nom des membres, jamais au nom des prosumers en général. En revanche, les avis que nous donnons dans les médias sont toujours extrêmement écoutés.

[15:16] Régis François
J'espère qu'ils vont bien écouter et que, dans la prochaine déclaration de politique régionale, il y aura autre chose. S'il n'y a pas d'investissements conséquents dans le réseau, si les gens continuent à décrocher… [courte phrase indistincte]. Si nous ne prenons pas les choses en main, nous nous donnons un an au grand maximum pour analyser si les promesses sont tenues. Si elles ne le sont pas, les gestionnaires de réseau de distribution seront poussés en justice au travers d'un recours collectif. Un recours ne garantit jamais le succès, mais c'est la dernière chose que nous souhaitons : aller perdre notre temps. Nous aimerions davantage [consacrer ce temps] avec vous à l'information et à la pédagogie. Le marché de l'énergie est complexe : rien n'est facile. Et tout se complique quand rien n'est anticipé ; malheureusement, cela fait onze ans que rien n'est anticipé.

[16:31] Régis François
Voilà ce que je demanderai à la future coalition, peu me chaut des partis dont elle sera constituée : qu'ils se mettent autour d'une table et que nous ayons une véritable politique volontariste sur dix, quinze ou vingt ans. Il faut garantir que, sur votre facture, vous puissiez voir votre compteur continuer à tourner à l'envers ; que vos panneaux produisent une énergie bon marché qui vous soit favorable, parce que vous avez trimé toute votre vie pour vous la payer.

[17:08] Régis François
Je vous remercie d'être présents aujourd'hui. Je remercie le conseil d'administration de l'ASBL, qui a beaucoup travaillé, ainsi que le WEX pour l'organisation du salon en collaboration avec nous. Ces dernières semaines ont été lourdes, mais merci d'être venus : cela nous fait chaud au cœur. Vient maintenant le débriefing de tout ce qui s'est dit. Je vous demande de raccompagner sous les applaudissements les intervenants. Le salon Solar Expo et ses exposants restent à votre disposition. Bon après-midi à tout le monde, et bravo à ceux qui se sont prêtés au jeu.

POINTS D’ÉCOUTE SIGNALÉS
• 00:49 — Le nom Aurélie Kettels est cohérent avec les sources BeProsumer ; l'ASR donnait « Aurélie Catel ».
• 01:05 — La phrase relative à l'arrêt attendu du Conseil d'État est syntaxiquement inachevée.
• 01:57 — Le mot décrivant l'indemnité est très probablement « aumône », mais reste légèrement dégradé.
• 02:51 — La réaction hors champ ne permet pas d'attribuer chaque mot à Laurent Léonard.
• 03:57 — « Ce qui se passe dans les C.A. » est la restitution contextuelle probable de l'ASR « dans les cartes ».
• 04:47 — La période entendue comme « 2026-2030 » doit être confrontée à la période réglementaire réellement visée.
• 06:43 — Les cinq plages et le rapport de 1 à 5 décrivent le projet présenté en 2024, pas nécessairement le Tarif IMPACT final de 2026.
• 09:44 — Après ORES et RESA, le nom d'un éventuel troisième acteur est inaudible.
• 11:48 — Le mot compris comme « hypothèse » paraît inadapté ; « ligne directrice » est une restitution éditoriale.
• 14:45 — Quelques mots expliquant pourquoi l'avis de BeProsumer est désormais sollicité sont dégradés.
• 15:27 — Une courte phrase après « si les gens continuent à décrocher » est inexploitable.
• 15:59 — La formulation exacte sur le temps consacré à l'information et à la pédagogie est dégradée.
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2024 → 2026

Ce que la mobilisation a mis en mouvement

Le 21 juin 2024, BeProsumer a prolongé l’interpellation du WEX lors des consultations des formateurs wallons, aux côtés d’autres acteurs. Cette lecture n’attribue aucune évolution à un seul intervenant : elle montre où les demandes ont trouvé un écho, où l’association a contribué au travail politique, réglementaire ou juridique, et où la vigilance reste indispensable.

Compensation jusqu’en 2030

Recours rejeté

Le Conseil d’État a rejeté le recours flamand le 3 juillet 2025. Pour les installations mises en service avant le 1er janvier 2024, le régime actuel maintient la compensation jusqu’au 31 décembre 2030. Cette échéance reste un calendrier légal, pas une garantie au-delà de 2030.

La question en 2024

Le recours pouvait-il faire tomber le compteur qui tourne à l’envers avant la fin promise ?

Indemnisation des décrochages

Avancée à concrétiser

La DPR 2024–2029 a repris le principe d’une indemnité proportionnelle en cas de préjudice avéré et objectivé. Le Gouvernement wallon a adopté un avant-projet en première lecture le 28 mai 2026 ; l’entrée en vigueur était alors envisagée en 2027. Les critères, seuils et preuves restent déterminants.

La demande en 2024

Indemniser la perte réelle, minute par minute, sans seuil artificiel de deux heures consécutives.

Qui sera réellement couvert ?

Vigilance sur les seuils

Dans l’échantillon OpenWatt analysé par BeProsumer et Fidal le 29 juin 2026, un seuil de 1 % écarterait 35,6 % des installations affectées. Ce résultat n’est pas une statistique de tous les prosumers wallons ; il montre pourquoi le progrès doit aussi se mesurer à la part des préjudices effectivement reconnue.

Le signal en 2024

Le public et BeProsumer dénonçaient déjà les conditions capables de rendre une indemnité théorique presque inaccessible.

Réseau et RTDE v7.1

Texte adopté

La CWaPE a adopté le RTDE v7.1 le 27 août 2026. BeProsumer y voit des progrès sur l’accès aux données, le traitement des plaintes et la qualité de tension. Au 1er septembre 2026, sa publication officielle — préalable à l’entrée en vigueur — restait à suivre.

La demande en 2024

Localiser les problèmes, obliger les GRD à agir et donner aux ménages des preuves exploitables.

OpenWatt

Outil opérationnel

La plateforme développée par BeProsumer transforme les données du port P1 en suivi fin de la tension, de l’injection et de la qualité du réseau. Elle a nourri la contre-expertise sur le seuil de 1 %. C’est un outil de mesure et de compréhension : il ne crée pas, à lui seul, un droit à indemnisation.

Le besoin en 2024

Passer du témoignage individuel à des données partagées capables d’objectiver les décrochages.

Tarif prosumer

Toujours payé à 100 %

Depuis le 1er janvier 2024, les ménages encore en compensation supportent l’intégralité du tarif prosumer. Il reste applicable jusqu’à la fin prévue de la compensation, le 31 décembre 2030. La mobilisation passée a obtenu du temps et une transition ; elle n’a pas supprimé ce coût actuel.

Le rappel en 2024

La prise en charge régionale avait pris fin ; les intervenants débattaient déjà du coût du réseau et de la juste répartition de son financement.

Certificats verts

Procédure en cours

Le pourvoi en cassation annoncé au WEX a été déposé le 10 février 2025 pour près de 19 000 demandeurs. Aucune issue définitive n’est documentée à la date de cette mise à jour ; la page conserve donc ce combat dans la catégorie des dossiers ouverts.

La situation en 2024

Après l’échec devant la cour d’appel, BeProsumer annonçait vouloir poursuivre le contentieux et contester notamment le taux de 7 %.

IMPACT, après-2030 et gouvernance

Règles à construire

Le tarif réseau optionnel IMPACT est en vigueur depuis le 1er janvier 2026 ; son intérêt dépend du profil du ménage et doit être simulé. L’obligation d’une offre fournisseur alignée fait l’objet du recours n° 8718. Les règles 2030–2034 sont encore en réflexion, tandis que coopération, fusion, dividendes et financement des GRD restent des chantiers distincts.

Les questions en 2024

Comment financer le réseau sans transformer la facture d’électricité en impôt opaque, et comment rendre la flexibilité compréhensible ?

Transparence éditoriale

Méthode, vidéos et sources

Page enrichie le 9 septembre 2026 ; état des dossiers vérifié au 3 septembre 2026. Les transcriptions ont été établies depuis les pistes françaises automatiques puis corrigées par recoupement du contexte et des documents BeProsumer. Les passages non sécurisables restent explicitement marqués. Les chiffres prononcés dans les vidéos sont des propos datés ; le bilan 2026 s’appuie sur les sources listées ci-dessous.

  1. Captations YouTube : vidéo 1, vidéo 2, vidéo 3, vidéo 4, vidéo 5, vidéo 6, vidéo 7.
  2. Invitation BeProsumer au SolarXPO et à l’AG — 14 mai 2024
  3. Page vidéo originale de l’Assemblée générale — 4 juin 2024
  4. Archive BeProsumer du vote en faveur d’une indemnisation proportionnelle — 27 mai 2024
  5. BeProsumer — échec de la troisième lecture du mécanisme forfaitaire, 3 juin 2024
  6. BeProsumer — consultation des formateurs wallons du 21 juin 2024
  7. BeProsumer — inscription de l’indemnisation proportionnelle dans la DPR, 11 juillet 2024
  8. Conseil d’État — rejet du recours de la Région flamande, arrêt du 3 juillet 2025
  9. Wallonie — Déclaration de politique régionale 2024–2029, volet énergie
  10. BeProsumer — avant-projet d’indemnisation : victoire d’étape et points de vigilance, 2 juin 2026
  11. BeProsumer — incidence estimée du seuil de 1 %, 29 juin 2026
  12. BeProsumer — tarif prosumer, transition et échéance de 2030, 17 juillet 2026
  13. BeProsumer — adoption du RTDE v7.1 et état de publication, 2 septembre 2026
  14. CWaPE — décision relative au RTDE v7.1, publiée le 2 septembre 2026
  15. WALLEX — décret du 19 décembre 2025 sur l’énergie et la coopération entre GRD
  16. OpenWatt — plateforme associative de suivi énergétique et de tension
  17. Dossier BeProsumer — fonctionnement et vigilance autour du tarif IMPACT
  18. BeProsumer — consultation CWaPE sur la méthodologie tarifaire 2030–2034, 6 juin 2026
  19. Cour constitutionnelle — affaires pendantes, dont le recours n° 8718 au 3 septembre 2026
  20. Histoire et principaux dossiers de BeProsumer
  21. Exports internes BeProsumer « Actualités » et « Base de connaissances », édition hebdomadaire du 15 août 2026, utilisés pour les recoupements historiques et juridiques.
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