Partage d’énergie : les pionniers wallons ne peuvent plus attendre
Mieux valoriser les surplus solaires et réduire la facture des ménages : le partage d’énergie a de solides atouts. Interrogé par Le Vif, BeProsumer alerte sur les obstacles qui fragilisent les communautés wallonnes. Notre demande : lever les blocages urgents dès maintenant, pendant que la réforme se prépare.
Le Vif donne la parole à BeProsumer
Le journaliste Christophe Leroy explore les avantages du partage d’énergie à Bruxelles et les obstacles rencontrés en Wallonie. Kevin Joris, administrateur et expert communautés d’énergie de BeProsumer, y apporte les constats du terrain.
Préserver les projets pionniers avant qu’ils ne disparaissent
Publié dans le cadre de cette interview, notre communiqué détaille les difficultés opérationnelles, leurs conséquences financières et les résultats attendus de la réforme.
11 minutes pour tout comprendre - Podcast BeProsumer Episode 25
Retrouvez les constats de BeProsumer et les mesures demandées pour permettre aux communautés d’énergie wallonnes de partager dans des conditions fiables et avantageuses.
Des projets existent. Leur viabilité est menacée.
Selon les retours de terrain recueillis par BeProsumer, au moins trois communautés dont le partage est actif rencontrent des difficultés opérationnelles qui empêchent leur viabilité financière. L’une d’elles envisage de fermer dans les prochains mois.
Les charges de gestion, de comptabilité et d’assurance continuent de courir, même quand les données manquent ou que la facturation reste bloquée. Pour ces structures, chaque mois d’attente a un coût.
Partager son énergie, qu’est-ce que cela change ?
Un producteur photovoltaïque dispose d’un surplus qu’il n’utilise pas sur place. Le partage permet d’en attribuer une partie à d’autres participants qui consomment pendant la même période. L’objectif est double : mieux rémunérer le surplus du producteur et proposer une énergie avantageuse au consommateur.
Le quart d’heure est la clé
Les volumes injectés et prélevés doivent être mesurés par périodes de quinze minutes. Dans le cas d’un compteur communicant, cela suppose notamment d’activer le régime de comptage R3 auprès du fournisseur.
Le fournisseur reste présent
Le partage ne couvre pas nécessairement toute la consommation. Le fournisseur habituel continue d’alimenter les participants pour les volumes qui ne sont pas couverts par l’énergie partagée.
Le potentiel se voit déjà à Bruxelles. Le Vif décrit la communauté Illuminons Notre Quartier, qui rassemble environ 1 500 compteurs. Elle rémunère le surplus à 0,06 €/kWh et propose l’énergie à 0,09 €/kWh aux consommateurs, hors taxes et frais de réseau. Ces conditions concernent cette communauté ; elles ne constituent pas une offre applicable en Wallonie.
Compter les communautés ne suffit pas à juger leur fonctionnement
Au 6 octobre 2026, 13 communautés sont notifiées en Wallonie, dont six disposent d’au moins une activité de partage autorisée. À Bruxelles, 35 communautés sont autorisées. Ces chiffres correspondent à des étapes administratives différentes.
Sur un petit écran, faites défiler le tableau horizontalement.
| Région | Communautés | Procédure pour le partage | Pair-à-pair |
|---|---|---|---|
| Wallonie | 13 notifiées, dont six avec au moins une activité de partage autorisée. | La CWaPE autorise l’activité de partage après avis du gestionnaire de réseau. | Non opérationnel, faute d’arrêté d’exécution depuis 2022. |
| Bruxelles | 35 autorisées. | BRUGEL autorise la communauté. Le partage se déclare au gestionnaire de réseau. | Opérationnel. |
| Flandre | Enregistrement auprès du régulateur. | Le groupe de partage s’enregistre dans le portail du gestionnaire de réseau. | Opérationnel. |
Six obstacles qui pèsent sur les communautés wallonnes
Le communiqué décrit une succession de difficultés. Chacune ajoute du travail, des délais ou des frais à des projets souvent portés par des bénévoles.
Des statuts difficiles à finaliser
Faute de statuts types, les porteurs de projets enchaînent les corrections pour rendre leur structure conforme. Chaque nouvelle étape peut impliquer une assemblée générale, un acte et une publication.
Conséquence : du temps bénévole et des frais juridiques mobilisés avant même de pouvoir partager.
Un R3 sans suivi accessible
L’activation passe par le fournisseur, sans délai opposable ni suivi accessible au participant ou au représentant du partage. Les retards constatés se comptent en semaines, parfois en mois.
Conséquence : un participant non activé peut retarder le démarrage de tout un groupe.
Des données qui empêchent de facturer
Les volumes partagés arrivent souvent par tableurs envoyés par courriel, avec du retard et des erreurs. Une communauté autorisée début 2025 est restée plusieurs mois sans données exploitables.
Conséquence : impossible de facturer les membres ou de rémunérer les producteurs de manière fiable, alors que les charges continuent.
Les certificats verts : des démarches en plus
Cette obligation implique l’ouverture d’un compte auprès de l’administration, des déclarations trimestrielles et l’achat de certificats sur un marché de gré à gré.
Conséquence : davantage de démarches pour l’ASBL qui porte le projet. L’opération s’annule financièrement : elle ne réduit pas le bénéfice des participants.
Des frais qui absorbent les économies
Selon les retours recueillis, les frais fournisseurs liés au partage vont de 40 à 150 € par an et par membre. Deux fournisseurs n’en facturent aucun.
Conséquence : un prix de l’énergie intéressant peut perdre tout son avantage une fois les frais ajoutés.
Un accompagnement à rendre lisible
La notification, les modifications et le rapportage sont en ligne depuis le 25 juin 2026 : c’est une avancée. Le service de facilitation reste joignable par formulaire.
Notre demande : un contact identifiable, un suivi des demandes et des délais de réponse annoncés.
Un prix avantageux ne suffit pas : il faut un gain après les frais
Pour un ménage dont la production ou la consommation annuelle avoisine 3 500 à 5 000 kWh, notre communiqué situe l’économie attendue entre 50 et 150 € par an. Face à elle, les frais des fournisseurs peuvent absorber tout le bénéfice.
Ordre de grandeur présenté par BeProsumer pour le profil décrit, à confronter aux coûts réellement appliqués.
Par membre, selon les retours de terrain. Deux fournisseurs ne facturent pas ces frais.
Si un partage permet 100 € d’économie avant un supplément fournisseur de 100 €, ce supplément efface le gain :
100 € d’économie − 100 € de frais = 0 €Exemple illustratif, sans valeur de simulation individuelle. Un bilan complet doit intégrer les frais fournisseurs et les éventuels frais de gestion appliqués au participant. La restitution des certificats verts s’annule financièrement et ne diminue pas son bénéfice.
Le « jusqu’à 200 € par an » évoqué dans le titre du Vif concerne le contexte bruxellois. Il ne constitue pas une économie promise aux ménages wallons.
Trois résultats concrets attendus par BeProsumer
La simplification doit se traduire dans la vie des participants et des communautés. Nous attendons trois résultats vérifiables.
Entrer dans un partage et y rester
Une activation du comptage traçable, des modifications courantes simplifiées et une continuité du partage lorsqu’un participant rencontre une difficulté.
Comprendre et vérifier sa facture
Un accès direct aux volumes partagés, des données concordantes entre le gestionnaire de réseau, la communauté et le fournisseur, des corrections traçables et une voie de contestation.
Obtenir un avantage réel
Des coûts proportionnés, des frais fournisseurs transparents, une gestion simplifiée des certificats verts et un traitement clair du tarif social et du stockage, avec préservation des droits existants.
Les pionniers doivent pouvoir rester les acteurs de demain
Depuis notre alerte d’avril et notre plan d’action rendu public en juin 2026, nous défendons des adaptations ciblées pour lever les blocages les plus urgents. Attendre la réforme d’ensemble ferait supporter aux projets existants de nouveaux mois de coûts et d’incertitude.
BeProsumer développe un dialogue constructif avec le cabinet de la Ministre de l’Énergie pour contribuer à cette réforme. Notre rôle est de transformer les difficultés vécues par les prosumers et les porteurs de projets en règles applicables, données fiables et avantages mesurables.
« Ce sont les pionniers d’aujourd’hui qui doivent rester les acteurs de demain. »
Communiqué du 6 octobre 2026
L’enjeu immédiat : préserver la viabilité de ceux qui ont ouvert la voie, afin qu’ils puissent continuer à partager.
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Ne pas être seul face au système.
Des règles difficiles à comprendre, un fournisseur et un gestionnaire de réseau qui se renvoient la balle, un dossier qui tourne en rond… Vous pouvez vous appuyer sur une association indépendante qui connaît ces situations.
- Comprendre vos droits et vos démarchesDes explications accessibles, notre expertise et les retours d’expérience d’autres membres pour vous orienter.
- Être accompagné dans les dossiers complexesVia l’assistance aux membres : analyse de votre situation, conseils et intervention auprès des acteurs concernés au besoin.
- Faire entendre votre voixUne défense collective des prosumers, des communautés d’énergie et des petits porteurs de projets auprès des décideurs.
Notre accompagnement associatif ne remplace pas la médiation officielle du SRME.
25 € par an et par ménage.Nos initiatives bénéficient à tous les prosumers. Ce sont nos membres en ordre de cotisation qui les rendent possibles.
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