Batterie Virtuelle : savoir où vous en êtes dans votre compensation #
Avant le compteur communicant, beaucoup de prosumers notaient simplement l’index de leur compteur sur un petit papier pour vérifier où ils en étaient dans leur compensation. BeProsumer a voulu transformer cette habitude très simple en un outil numérique : la Batterie Virtuelle.
Une Batterie Virtuelle n’est pas une batterie physique. Aucun électron n’est stocké quelque part sur le réseau pour vous être rendu quelques mois plus tard.
Il s’agit d’un outil de suivi comptable de la compensation. Il compare les registres cumulés de votre compteur entre deux dates afin de déterminer si, depuis le début du cycle observé, vous avez injecté davantage d’énergie que vous n’en avez prélevé — ou l’inverse.
Son intérêt est très concret : ne plus attendre la facture annuelle pour découvrir si vous disposez encore d’une réserve de production estivale ou si vous êtes déjà repassé en déficit.
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Du petit papier posé près du compteur au suivi numérique : découvrez le concept de Batterie Virtuelle, comment interpréter un boni ou un déficit et les trois possibilités de suivi — GPT manuel, OpenWatt et Azimut Energy. L’épisode aborde aussi les limites du Tarif IMPACT et l’accès aux données du compteur.
Écoutez l’épisode avant ou pendant votre lecture. Retrouvez dans cet article les formules, les codes des registres cumulés et les liens vers les outils.
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À l’origine : le petit papier posé près du compteur #
Avec un compteur électromécanique, le principe du « compteur qui tourne à l’envers » était immédiatement visible.
Lorsque les panneaux photovoltaïques produisaient davantage que la maison ne consommait, le compteur reculait. Lorsque la maison prélevait davantage qu’elle ne produisait, le compteur avançait.
Pour savoir où ils en étaient avant leur prochaine régularisation annuelle, de nombreux prosumers avaient donc développé une méthode artisanale mais très efficace.
Relever régulièrement #
Il suffisait ensuite de retourner voir le compteur quelques semaines ou quelques mois plus tard.
Comparer #
On savait immédiatement si le compteur avait encore « tourné suffisamment à l’envers ».
Le compteur communicant change l’affichage, pas le principe #
Le compteur communicant ne possède plus un seul index qui avance ou recule. Il enregistre séparément les volumes d’énergie prélevés sur le réseau et les volumes injectés.
Pour conserver la logique du compteur qui tournait physiquement à l’envers, il suffit donc de comparer les registres cumulés entre le début et la fin de la période observée.
Total des kWh prélevés sur le réseau dans le registre heures pleines.
Total des kWh prélevés sur le réseau dans le registre heures creuses.
Total des kWh injectés vers le réseau dans le registre heures pleines.
Total des kWh injectés vers le réseau dans le registre heures creuses.
Correspond à la somme de 1.8.1 et 1.8.2.
Correspond à la somme de 2.8.1 et 2.8.2.
Le calcul dépend de votre régime tarifaire #
Une seule réserve globale #
En monohoraire, les volumes heures pleines et heures creuses sont regroupés.
Le compteur fournit d’ailleurs directement les registres totaux : 1.8.0 pour le prélèvement et 2.8.0 pour l’injection.
Prélèvement de la période = 1.8.0 actuel − 1.8.0 au début de la période Injection de la période = 2.8.0 actuel − 2.8.0 au début de la période Batterie Virtuelle = Injection de la période − Prélèvement de la période
Le résultat donne un seul boni ou déficit global.
Deux réserves distinctes #
En bihoraire, les heures pleines et les heures creuses doivent être suivies séparément.
HEURES PLEINES Injection HP = 2.8.1 actuel − 2.8.1 de départ Prélèvement HP = 1.8.1 actuel − 1.8.1 de départ Solde HP = Injection HP − Prélèvement HP HEURES CREUSES Injection HC = 2.8.2 actuel − 2.8.2 de départ Prélèvement HC = 1.8.2 actuel − 1.8.2 de départ Solde HC = Injection HC − Prélèvement HC
On obtient donc deux compartiments de compensation distincts.
Un surplus dans une plage ne doit pas masquer un déficit dans l’autre #
En bihoraire, la compensation s’effectue par registre. Il faut donc regarder séparément les heures pleines et les heures creuses.
Trois façons d’utiliser aujourd’hui la Batterie Virtuelle #
Le principe mathématique est le même. Ce qui change, c’est la manière dont les registres sont récupérés et présentés à l’utilisateur.
Batterie Virtuelle Manuel avec ChatGPT #
BeProsumer propose un GPT personnalisé permettant de réaliser le calcul simplement à partir des registres affichés sur votre compteur communicant.
Il suffit de relever deux séries de données : une au début de la période à analyser et une seconde à la date actuelle.
- La première date.
- 1.8.1 — prélèvement HP.
- 1.8.2 — prélèvement HC.
- 2.8.1 — injection HP.
- 2.8.2 — injection HC.
- La deuxième date.
- Les quatre mêmes registres à cette deuxième date.
Exemple : 15/03/2026 1.8.1 : 12345 1.8.2 : 6789 2.8.1 : 5432 2.8.2 : 3210 05/09/2026 1.8.1 : 13780 1.8.2 : 7450 2.8.1 : 8120 2.8.2 : 3890 Régime : monohoraire
Le GPT compare les huit registres cumulés, réalise les calculs correspondant à votre régime tarifaire et interprète le boni ou le déficit obtenu.
Les dates permettent également de replacer le résultat dans son contexte : début ou fin de saison solaire, réserve estivale déjà consommée, période restant avant le prochain relevé annuel, etc.
Batterie Virtuelle OpenWatt #
Lorsque BeProsumer a participé à la réflexion autour d’OpenWatt, nous avons demandé que le principe du petit papier posé près du compteur devienne une fonctionnalité automatique.
Le dongle OpenWatt lit les données du compteur communicant via le port P1.
Après avoir renseigné les registres correspondant au relevé qui ouvre le cycle, la plateforme peut suivre automatiquement l’évolution du prélèvement et de l’injection.
Batterie Virtuelle Azimut Energy #
Azimut Energy a également développé sa propre implémentation du principe de Batterie Virtuelle dans son environnement énergétique.
La logique reste comparable : les données du compteur communicant permettent de calculer le bilan entre prélèvement et injection depuis le dernier relevé officiel.
La fonctionnalité apparaît directement dans l’application Azimut et permet de visualiser la position du client dans son cycle de compensation.
Azimut intègre également une logique de projection permettant d’aider l’utilisateur à anticiper sa situation jusqu’au prochain relevé.
Voir le problème avant la facture annuelle #
Une régularisation annuelle arrive tard. À ce moment-là, il est généralement impossible de modifier ce qui s’est produit au cours des mois précédents.
Une réserve encore disponible #
Le ménage peut constater qu’une partie importante de sa production estivale n’a pas encore été utilisée.
Un cycle bien positionné #
Production et prélèvements se rapprochent d’un équilibre avant la prochaine clôture.
Une réserve déjà consommée #
Le ménage peut anticiper qu’une partie de sa consommation sera probablement facturée au prochain décompte.
Le Tarif IMPACT révèle aujourd’hui une limite technique importante #
Jusqu’ici, le principe reste relativement simple. En monohoraire, on travaille sur un seul couple de registres. En bihoraire, sur deux couples.
Le Tarif IMPACT ajoute un troisième niveau de comptage : ECO, MEDIUM et PIC.
01 h–07 h et 11 h–17 h #
Il faudrait disposer d’un registre cumulé de prélèvement et d’un registre cumulé d’injection propres à ECO.
Une Batterie Virtuelle IMPACT nécessite donc six registres cumulés #
Trois registres cumulés de prélèvement et trois registres cumulés d’injection.
MONOHORAIRE 1 couple : 1.8.0 / 2.8.0 BIHORAIRE 2 couples : 1.8.1 / 2.8.1 1.8.2 / 2.8.2 TARIF IMPACT 3 couples nécessaires : ECO MEDIUM PIC
Chez AREWAL, ces registres existent. Chez ORES et RESA, la logique est différente. #
C’est ici que la Batterie Virtuelle devient un excellent exemple du problème de fragmentation technique entre gestionnaires de réseau.
Trois nouveaux couples de registres #
Les informations techniques recueillies par BeProsumer montrent une logique où les registres cumulés IMPACT sont directement identifiables dans le télégramme P1.
PIC 1.8.3 = prélèvement cumulé 2.8.3 = injection cumulée MEDIUM 1.8.4 = prélèvement cumulé 2.8.4 = injection cumulée ECO 1.8.5 = prélèvement cumulé 2.8.5 = injection cumulée
Une application peut donc lire directement ces valeurs et calculer trois Batteries Virtuelles distinctes.
Une reconstruction réalisée dans le back-end du GRD #
Chez ORES et RESA, les compteurs ne fournissent pas nécessairement les trois couples d’index cumulés IMPACT de la même manière via le port P1.
Le compteur peut indiquer la plage tarifaire active grâce à une information de type Time-of-Use, tandis que la répartition officielle des volumes ECO, MEDIUM et PIC est reconstruite dans les systèmes centraux du gestionnaire de réseau.
Pourquoi connaître uniquement la plage active ne suffit pas #
Le signal Time-of-Use peut dire :
À cet instant : Tarif actif = ECO
Une Batterie Virtuelle a besoin d’une information bien plus complète :
Depuis le début du cycle : ECO Prélèvement cumulé : xxxx kWh Injection cumulée : xxxx kWh MEDIUM Prélèvement cumulé : xxxx kWh Injection cumulée : xxxx kWh PIC Prélèvement cumulé : xxxx kWh Injection cumulée : xxxx kWh
Sans ces registres cumulés, une application tierce doit reconstruire elle-même les volumes en enregistrant continuellement les flux et la plage tarifaire active.
Une reconstruction locale permanente est beaucoup plus fragile #
Une coupure Wi-Fi, un redémarrage du dongle, une panne du serveur local, une mise à jour ou une perte de télégrammes peuvent créer un trou dans l’historique.
Un registre cumulé conservé dans le compteur continue, lui, à comptabiliser l’énergie même lorsque votre réseau informatique domestique est indisponible.
Une seule région, mais deux logiques logicielles à développer #
Ce problème dépasse largement la seule Batterie Virtuelle.
Tout développeur souhaitant utiliser les données P1 pour créer un HEMS, une batterie intelligente, une application domotique ou un outil comme OpenWatt doit tenir compte des différences entre les télégrammes disponibles selon le gestionnaire de réseau.
Davantage de code #
Il faut créer et maintenir plusieurs méthodes pour obtenir une information pourtant identique.
Davantage de tests #
GRD, compteur, firmware et télégramme deviennent autant de cas particuliers à contrôler.
Un coût inutile #
Une fonctionnalité énergétique simple devient plus coûteuse à développer et à maintenir.
Le RTDE doit permettre une véritable convergence #
BeProsumer défend une position simple : le compteur communicant doit rester un outil de transparence pour le citoyen.
La marque du compteur, son firmware ou l’architecture informatique choisie par le GRD ne devraient pas modifier les données essentielles auxquelles le citoyen ou une application autorisée peut accéder.
Un socle P1 commun #
Les données essentielles doivent être exposées avec une logique fonctionnelle identique.
Des codes clairement publiés #
Les développeurs doivent savoir quelles informations sont disponibles et comment les exploiter.
Des index cumulés fiables #
Le citoyen doit pouvoir contrôler les données utilisées pour sa propre facturation.
Après 2030, la Batterie Virtuelle changera de rôle #
Pour les installations qui en bénéficient encore, la compensation prendra fin le 31 décembre 2030.
La Batterie Virtuelle telle que décrite dans cet article perdra donc sa fonction principale de suivi du « compteur qui tourne à l’envers ».
Mais le besoin d’accéder correctement aux données du compteur deviendra, lui, encore plus important.
Suivre sa compensation #
- Connaître son boni ou son déficit.
- Suivre sa réserve de production estivale.
- Anticiper le prochain relevé annuel.
- Contrôler ses registres de compensation.
Piloter son énergie #
- Autoconsommation.
- Batteries domestiques.
- Véhicules électriques.
- Pompes à chaleur.
- HEMS.
- Tarifs dynamiques.
- Flexibilité.