1. Pourquoi BeProsumer a créé un cadastre des décrochages
Pendant plusieurs années, de très nombreux prosumers wallons nous ont signalé des problèmes récurrents de surtensions et de décrochages d’onduleur. Individuellement, chaque cas pouvait être perçu comme « isolé » ou « marginal » par certains acteurs du secteur.
Nous avons donc décidé de créer un cadastre des décrochages avec plusieurs objectifs :
- Rendre visible une problématique invisible : montrer que les décrochages ne concernaient pas quelques installations dispersées, mais bien des milliers de prosumers, dans toutes les provinces wallonnes.
- Cartographier les zones les plus touchées : identifier les quartiers, rues ou postes de distribution où la situation était particulièrement critique.
- Disposer d’un outil de preuve visuel et statistique : pouvoir montrer aux décideurs politiques, au régulateur et aux gestionnaires de réseau de distribution (GRD) que la problématique était systémique, et non anecdotique.
- Donner la parole aux membres : permettre à chaque prosumer concerné de déclarer ses décrochages et de se sentir intégré dans une démarche collective de défense.
Ce cadastre a donc d’abord été un outil de mobilisation et de sensibilisation : il a permis à BeProsumer de porter un message clair et difficile à contester auprès des autorités.
2. Ce que le cadastre a permis concrètement
Grâce aux milliers de déclarations encodées par nos membres, le cadastre a notamment permis :
- de documenter l’ampleur du problème de décrochages en Wallonie, avec une répartition géographique claire ;
- de montrer la répétition des incidents dans certaines zones, parfois sur plusieurs années ;
- d’illustrer, avec des exemples concrets, les pertes de production subies par les prosumers ;
- de renforcer nos argumentaires techniques et politiques dans les nombreuses réunions et auditions où BeProsumer a été invité.
En d’autres mots, le cadastre a rempli son rôle : il a été un levier pour faire reconnaître officiellement la problématique des surtensions et des décrochages.
C’est notamment sur base de cette prise de conscience que des pistes d’indemnisation proportionnelle au préjudice ont pu être mises sur la table dans le cadre de la Déclaration de politique régionale et des discussions ultérieures avec le régulateur.
Pour une présentation plus complète de la problématique des décrochages (causes, conséquences, pistes d’action), vous pouvez consulter notre page dédiée :
3. Pourquoi le cadastre n’est plus maintenu de manière active
Depuis quelque temps, certains membres nous signalent que :
- leur point n’apparaît pas (ou plus) sur la carte ;
- la géolocalisation n’est pas précise ;
- ou certaines fonctionnalités semblent « bugger ».
Il est important de comprendre que :
- le cadastre a atteint son objectif principal de sensibilisation et de démonstration ;
- le maintenir, le corriger et le faire évoluer représente des coûts techniques et humains importants ;
- nos ressources sont limitées et sont aujourd’hui fortement mobilisées sur des dossiers à fort impact direct pour les prosumers :
- négociations sur l’indemnisation proportionnelle en cas de décrochages,
- développement de solutions de suivi fin via, entre autres, les compteurs communicants et des outils comme OpenWatt,
- accompagnement des membres dans leurs démarches auprès des GRD, du régulateur ou du Service régional de Médiation pour l’Énergie.
C’est pourquoi nous avons fait le choix assumé de ne plus investir dans la correction des bugs et la mise à jour fine du cadastre des décrochages. Il reste un outil de mémoire et de témoignage, mais ce n’est plus l’instrument central de notre action actuelle.
4. Que signifie concrètement cette évolution pour les prosumers ?
Pour nos membres, cela signifie notamment :
- Si vous avez déclaré des décrochages par le passé, ces déclarations ont contribué à alimenter le cadastre et à renforcer nos analyses globales. Nous vous en remercions.
- Le fait que votre point n’apparaisse plus ou pas exactement au bon endroit sur la carte n’enlève rien à la réalité des décrochages que vous subissez ou avez subis.
- L’absence d’affichage sur le cadastre ne vous empêche pas de :
- continuer à documenter vos problèmes de décrochages ;
- saisir votre gestionnaire de réseau en cas de situation problématique ;
- participer, le moment venu, à d’éventuels mécanismes d’indemnisation si vous remplissez les conditions qui seront définies par les autorités.
Le cadastre n’était qu’un outil parmi d’autres au service d’un objectif plus large : faire reconnaître et traiter la problématique des surtensions et décrochages.
5. Quel avenir pour l’interrogation des décrochages ?
Aujourd’hui, l’avenir de l’« interrogation » des décrochages ne passe plus par une carte déclarative, mais par des données objectives et continues, issues notamment :
- des compteurs communicants (smart meters),
- des solutions de suivi détaillé comme OpenWatt,
- des enregistrements fournis par certains onduleurs ou systèmes de monitoring.
5.1. Le rôle central des compteurs communicants
Les compteurs communicants permettent d’enregistrer :
- la tension sur chaque phase,
- les puissances injectées ou prélevées,
- et d’autres paramètres utiles pour analyser les causes des décrochages.
Ces données sont précieuses pour :
- objectiver la réalité technique de la surtension (et non uniquement la perception du problème),
- préparer une éventuelle indemnisation proportionnelle au préjudice,
- définir des plans d’intervention sur le réseau (renforcement, équilibrage, adaptation de consignes, etc.).
Pour en savoir plus sur le compteur communicant, ses usages et les enjeux pour les prosumers, vous pouvez consulter notre page spécifique :
5.2. Vers des analyses plus fines et plus justes
En combinant :
- les données des compteurs communicants,
- des outils de suivi comme OpenWatt,
- et les retours concrets de terrain de nos membres,
nous pouvons aller bien plus loin que ce que permettait une simple carte déclarative :
- analyse des profils de tension au pas de temps fin ;
- mise en évidence des périodes critiques (journées ensoleillées, pointes de production, etc.) ;
- identification plus précise des segments de réseau à risque ;
- meilleure base pour revendiquer une indemnisation réellement proportionnelle aux pertes subies.
Dans cette logique, le cadastre historique conserve sa valeur symbolique et documentaire, mais l’avenir de l’« interrogation » des décrochages repose sur des données mesurées et vérifiables.
6. Que faire si je subis encore des décrochages aujourd’hui ?
Si vous êtes toujours confronté à des décrochages ou à des surtensions, nous vous invitons à :
- Vérifier si vous disposez d’un compteur communicant et, si ce n’est pas le cas, à vous informer sur les possibilités de remplacement.
- Surveiller et documenter vos problèmes (captures d’écran de monitoring, journaux d’onduleur, courriers échangés avec le GRD, etc.).
- Envisager l’utilisation d’outils de suivi détaillés (comme OpenWatt) lorsque les conditions techniques le permettent (Wi-Fi, accès au compteur, etc.).
- Saisir votre gestionnaire de réseau en cas de situation persistante, et, le cas échéant, le Service régional de Médiation pour l’Énergie si aucune solution satisfaisante n’est proposée.
- Vous tenir informé via nos canaux d’information si des mécanismes d’indemnisation sont officialisés et publiés.
Pour mieux comprendre l’ensemble de la problématique (décrochages, surtensions, responsabilités, pistes d’action), n’hésitez pas à consulter régulièrement notre page thématique :
7. Où trouver plus d’informations ?
BeProsumer met à disposition de ses membres une base de connaissances régulièrement enrichie, comprenant de nombreux articles sur :
- les décrochages et les surtensions ;
- les compteurs communicants ;
- le tarif prosumer ;
- l’autoconsommation, les batteries, etc.