Le 19 novembre 2025, sur le plateau de l’émission « QR – Spécial Énergie » de la RTBF, notre avocate Aurélie Kettels a remis les pendules à l’heure sur la facture d’électricité, le tarif prosumer, les batteries et la confiance brisée des citoyens dans les règles du jeu. Retour sur une intervention claire, courageuse… et résolument prosumer.
Remettre de la clarté dans une facture devenue illisible
Dès la première question – « Est-ce que tout est clair sur la facture des gens qui produisent de l’électricité ? » – Aurélie a posé le décor :
- Les prosumers ont les mêmes difficultés que tout le monde sur la partie « électricité pure ».
- Mais ils subissent en plus un étage supplémentaire : le tarif prosumer, c’est-à-dire leur participation au réseau.
Elle a rappelé plusieurs malentendus tenaces :
- Non, les prosumers ne paient pas l’injection sur le réseau :« Beaucoup pensent encore qu’ils payent l’injection sur le réseau, ce qui n’est pas du tout le cas, c’est un prélèvement qui est payé. »
- Oui, il existe deux logiques différentes pour ceux qui bénéficient encore du compteur qui tourne à l’envers :
- un tarif forfaitaire basé sur la puissance de l’installation.
- un tarif proportionnel basé sur les kWh réellement prélevés.
- Et ce n’est pas tout : certains fournisseurs ajoutent une couche supplémentaire avec des « tarifs d’équilibre » censés compenser un surcoût économique lié au profil prosumer. Une ligne de plus sur la facture, présente uniquement chez certains fournisseurs, et souvent incomprise.
En une minute, Aurélie a dit tout haut ce que des milliers de membres nous écrivent chaque semaine :
Une facture devenue illisible, des lignes opaques, des logiques différentes selon les fournisseurs… et des prosumers qui ont le sentiment de payer sans comprendre pourquoi.
Compteur qui tourne à l’envers : entre regret et lucidité
Interrogée sur la fin programmée du fameux compteur qui tourne à l’envers, Aurélie a refusé les raccourcis :
- Les nouveaux candidats savent dès le départ qu’ils n’y auront plus droit.
- Les prosumers qui en bénéficient encore sont largement informés de l’échéance.
Elle n’a pas cherché à maquiller la réalité :
- Non, les gens ne sont pas enchantés que cela s’arrête.
- Oui, ils savent aussi que la Wallonie a tenu plus longtemps que la Flandre, et qu’une prolongation jusqu’en 2030 a été obtenue pour les installations pré-2024 grâce à BeProsumer.
Ce réalisme, sans catastrophisme, reflète exactement la ligne de BeProsumer :
- défendre chaque acquis,
- tout en restant lucides sur le calendrier et les raisons pour lesquelles ce principe se termine fin 2030.
37 % « pas convaincus » par le photovoltaïque : un malaise profond
Le sondage présenté sur le plateau indiquait que 37 % des personnes interrogées ne sont « pas convaincues » par le photovoltaïque. Un chiffre interpellant.
Aurélie a immédiatement mis en lumière deux réalités :
- Parmi les non-convaincus, il n’y a pas que des prosumers
- De nombreux consommateurs sans panneaux ont l’impression que les prosumers sont responsables d’un surcoût sur leur facture.
- Le risque est clair : opposer artificiellement prosumers et non-prosumers, alors que tous subissent les mêmes hausses structurelles liés au réseau, à la fiscalité, au marché de gros…
- Même certains prosumers sont déçus
- Sasha Daout a évoqué un exemple concret :« On m’avait promis monts et merveilles, une rentabilité en 7–8 ans ; au final, ce sera peut-être 15 ans. »
- Aurélia a été très claire sur ce point : La plupart des prosumers restent satisfaits d’avoir investi dans une énergie décarbonée, MAIS le contrat moral a été abîmé : changements de règles, primes supprimées, certificats verts rabotés, ajout du tarif prosumer, etc.
Là aussi, Aurélie a résumé le cœur du problème :
Ce n’est pas le photovoltaïque qui est en cause… c’est la succession de décisions politiques et tarifaires qui a brisé la confiance.
Batteries et décrochages : « Gouverner, c’est prévoir »
Quand le débat a glissé vers les batteries domestiques et la surcharge du réseau, la question d’un téléspectateur est tombée : faut-il promouvoir des batteries pour éviter de surcharger le réseau, éventuellement avec des primes ?
C’est Mathieu Bihet, ministre fédéral de l’Énergie, qui est intervenu en premier pour rappeler le volet législatif :
- une proposition de loi a été déposée pour diminuer la TVA sur les batteries de stockage ;
- l’objectif est d’encourager le déploiement de solutions de stockage afin de mieux équilibrer le réseau.
Dans la foulée, c’est Marie Meunier, députée fédérale et membre de la Commission Énergie, qui a ramené la discussion sur le terrain très concret vécu par les prosumers, en rappelant un principe simple que nous portons depuis des années :
- On ne peut pas encourager les citoyens à investir 8 000, 10 000 ou 12 000 € dans des panneaux…
- … puis les laisser seuls, sans solution, quand ils subissent des décrochages d’onduleurs ou des pertes de production liées à la qualité du réseau.
Elle a plaidé pour une politique qui ne se limite pas aux slogans, mais qui s’accompagne d’un véritable suivi des problèmes de terrain :
« On ne peut pas, à un moment donné, encourager les citoyens d’un côté à investir dans de l’énergie renouvelable et, derrière, ne plus être présents pour eux quand il y a un problème. (…) Gouverner, c’est prévoir. »
C’est exactement la philosophie de BeProsumer :
- défendre la mise en place d’un plan clair pour les décrochages et l’indemnisation proportionnelle,
- promouvoir des batteries vraiment intelligentes, pensées pour la flexibilité du réseau, pas juste comme un gadget marketing,
- refuser que les prosumers soient deux fois les dindons de la farce : quand ils investissent, puis quand le réseau ne suit pas.
Primes, certificats verts, tarifs : l’histoire d’une confiance malmenée
À la question sur la suppression des primes, Aurélie n’a pas évité le sujet. Elle a replacé cette décision dans une histoire plus large :
- retrait ou réduction des certificats verts,
- introduction du tarif prosumer,
- modifications successives de la participation au réseau,
- aujourd’hui, recomposition complète des tarifs de distribution et nouveaux mécanismes incitatifs.
Pour Aurélie – et pour BeProsumer – le problème central est là :
Trop de changements, trop souvent, sans vision stable dans le temps.
Elle a rappelé ce qui nous guide depuis plusieurs années :
- un cadre prévisible ;
- des règles claires, compréhensibles pour un citoyen lambda ;
- une stabilité suffisante dans la durée pour rentabiliser un investissement de long terme.
Le retrait des primes n’est qu’un exemple parmi d’autres de décisions prises, puis corrigées, renégociées, parfois renversées…
Résultat : un sentiment diffus de trahison chez beaucoup de prosumers qui ont pourtant fait ce qu’on leur demandait de faire : investir dans la transition.
Un message fidèle à l’ADN de BeProsumer
Tout au long de l’émission, la voix d’Aurélie a été :
- juridiquement rigoureuse,
- politiquement exigeante,
- et profondément alignée avec la vision de BeProsumer :
Produire efficacement. Défendre intensément.
Elle a :
- défendu la réalité vécue par nos membres (factures incompréhensibles, décrochages, promesses non tenues) ;
- rappelé que les prosumers ne sont pas le problème, mais une partie de la solution ;
- insisté sur la nécessité d’un cadre stable, lisible et fiable pour que la transition énergétique reste socialement acceptable.
Merci Aurélie, et merci à vous
Au nom de l’association, nous tenons à :
- remercier chaleureusement Me Aurélie Kettels pour la qualité, la précision et le courage de ses réponses ;
- remercier également nos membres, dont les témoignages, les factures, les relevés de compteur, les données OpenWatt et les combats menés depuis des années nourrissent concrètement ce type d’intervention.
Chaque passage médiatique de BeProsumer – que ce soit via notre porte-parole, nos administrateurs ou notre avocate – est le fruit d’un travail collectif :
vos questions, vos mails, vos dossiers et votre confiance nous donnent la légitimité de parler en votre nom.
Et maintenant ?
🔹 Regardez l’extrait de l’émission
La vidéo de l’intervention d’Aurélie est disponible ci-dessus dans l’article. Prenez le temps de la visionner, de la partager, de la commenter autour de vous.
🔹 Approfondissez les thèmes évoqués
- Comprendre le tarif prosumer et la facture :
- Décrochages, surtensions et indemnisation proportionnelle
- Batteries domestiques vraiment intelligentes et flexibilité du réseau
🔹 Renforcez notre voix collective
Si vous n’êtes pas encore membre, ou si votre cotisation n’est pas à jour, c’est le moment de nous rejoindre. Plus nous serons nombreux, plus la voix portée par Aurélie, Régis... sur les plateaux télévisés comptera dans les décisions à venir.
Ensemble, nous continuerons à rappeler une évidence parfois oubliée :
l’énergie citoyenne est légitime, utile… et elle mérite le respect.