Revue de presse

Tarif IMPACT : Victoire de BeProsumer sur le Vrai Tri-horaire

Rappel : quel était le problème du Tarif IMPACT ?

Depuis l’annonce du Tarif IMPACT, BeProsumer a alerté sur un point structurant : un tarif réseau “intelligent” n’a de sens que si le “prix énergie” (commodité) peut suivre la même logique horaire, avec des plages identiques et lisibles pour le client final. Sinon, on bascule dans un système hybride : techniquement sophistiqué, mais économiquement incohérent et impossible à piloter correctement pour le citoyen – a fortiori pour les prosumers encore en compensation.  

➡️ Pour rappel, nous avions déjà posé ce diagnostic dans notre article “Tarifs 2026 : Caroline Sury décrypte la réforme sur RTL Info – BeProsumer alerte sur les risques” (Lire l'article).  

Pourquoi la CWaPE a créé le Tarif IMPACT ?

Le Tarif IMPACT est une initiative de la CWaPE visant à encourager la consommation aux moments où l’électricité est abondante sur le réseau et à dissuader la consommation pendant les pics de charge. C’est le principe de flexibilité implicite : le client réagit à un signal (ici, principalement réseau) et adapte ses usages.

Concrètement, le Tarif IMPACT introduit 5 plages horaires regroupées en 3 niveaux (ECO / MEDIUM / PIC), avec l’objectif d’orienter les usages vers les heures où le réseau est le moins chargé et de limiter la consommation lors de la pointe du soir.  

L’analogie simple : les autoroutes

Le principe est similaire à ce qu’on observe sur certaines infrastructures (ex. autoroutes) : inciter ceux qui le peuvent à se déplacer en heures creuses pour réduire la congestion, plutôt que de devoir “sur-dimensionner” l’infrastructure à un coût exorbitant. C’est exactement l’esprit : mieux répartir la demande plutôt que “sur-construire” le réseau.

Dans le contexte de la modernisation du réseau, cette logique vise aussi à atténuer deux symptômes opposés d’un même problème :

  • Surtensions (surplus local d’injection PV) → décrochages d’onduleurs
  • Sous-tensions (pics de consommation : VE, PAC, etc.) → équipements qui se mettent en sécurité

… et, très concrètement, cela revient à  "redresser le dos du canard".

En milieu de journée, la production photovoltaïque est maximale alors que la demande résidentielle est souvent plus basse : on crée un creux de consommation nette et des surplus sur le réseau. À l’inverse, en fin d’après-midi et en soirée, quand le soleil baisse et que les usages domestiques explosent (retour à la maison, cuisson, chauffage, recharge VE/PAC), la production PV chute et la demande grimpe : on crée une pointe. Le Tarif IMPACT vise donc à déplacer une partie des consommations pilotables vers les heures solaires (ECO/MED), pour remonter le creux de midi et raboter la pointe du soir — ce qui “redresse le canard” et stabilise le réseau.


Sur le même sujet : Pourquoi le compteur arrête de tourner à l'envers en 2030


Prosumers pré-2024 : la condition non négociable, c’est l’alignement

Pour la grande majorité des prosumers wallons pré-2024 qui bénéficient encore du compteur qui tourne à l’envers jusqu’au 31/12/2030, la condition pour rendre le Tarif IMPACT réellement exploitable est simple :

Comme pour le bi-horaire, le prix des électrons facturé par le fournisseur doit suivre scrupuleusement les plages horaires du tarif réseau CWaPE.  

Pourquoi ? Parce que la compensation doit rester lisible et contrôlable plage par plage, afin de pouvoir piloter (et vérifier) le “compteur à l’envers” sur les niveaux ECO / MED / PIC – en transparence, sans ambiguïté contractuelle.  

2025 : lobbying intense, et une avancée majeure

Tout au long de l’année 2025, BeProsumer a multiplié les discussions avec les acteurs du secteur, notamment :

  • Le régulateur (CWaPE),
  • Le législateur (Cabinet de la Ministre Cécile Neven),afin d’expliquer ce qui manquait pour rendre le dispositif compatible avec la compensation et donc réellement applicable aux prosumers, qui sont une des cibles principales de cette réforme.
  • La FEBEG (représentant des fournisseurs)

Résultat : un signal clair a été posé au Moniteur belge (Décret du 19/12/2025, publié le 30/12/2025) avec l’obligation suivante (extrait) :

« proposer pour les consommateurs résidentiels au moins une offre pour chaque configuration tarifaire, alignée avec les plages horaires définies pour chacune de ces configurations »

Art. 25. A l'article 34bis, § 1er

Art. 25. A l'article 34bis, § 1er, du même décret, inséré par le décret du 17 juillet 2008 et modifié en dernier lieu par le décret du 25 avril 2024, les modifications suivantes sont apportées :
1° dans l'alinéa 1er, les deux premières phrases et la phrase introductive sont remplacées par ce qui suit :
« Les fournisseurs respectent les obligations de service public suivantes : » ;
2° dans l'alinéa 1er, il est inséré un 1° bis rédigé comme suit « 1° bis proposer pour les consommateurs résidentiels au moins une offre pour chaque configuration tarifaire, alignée avec les plages horaires définies pour chacune de ces configurations ; »
3° le paragraphe est complété par trois alinéas rédigés comme suit :
« Le Gouvernement peut préciser les modalités d'application des obligations de service public visées au présent paragraphe.
Après avis de la CWaPE, le Gouvernement peut imposer aux fournisseurs des obligations de service public supplémentaires.
La CWaPE contrôle le respect des obligations de service public visées au présent paragraphe, ainsi que celles adoptées en application de l'alinéa 5, à l'exception des obligations prévues à l'alinéa 1er, 3°, a), dont l'Administration effectue le contrôle. ».

Concrètement : on devrait voir apparaître, chez tous les fournisseurs, au moins une offre par configuration (dont le tri-horaire) alignée sur les plages horaires correspondantes. C’est précisément ce qui manquait pour rendre ces formules réellement exploitables dans le cadre du Tarif IMPACT.

Janvier 2026 : la loi est là, mais le marché n’a pas encore suivi

À ce stade (2e partie de janvier 2026), nous ne constatons pas encore un engouement flagrant des fournisseurs à se conformer rapidement à l’esprit de la nouvelle obligation.

Cas ENGIE : une “bonne idée” non cumulable aujourd’hui

ENGIE Belgium propose déjà EmPower FlexTime : ce n’est pas un prix dynamique au sens strict, mais une forme avant-gardiste de “tri-horaire” sur la commodité. Le problème : les plages week-end ne sont pas alignées avec celles du Tarif IMPACT, rendant l’offre non cumulable pour les prosumers pré-2024 qui veulent préserver une compensation lisible.  

ENGIE nous a indiqué vouloir une stratégie nationale unique, peu compatible avec les spécificités Wallonnes en terme de plages horaires — position exprimée avant la publication du décret. Nous attendons donc les propositions mises à jour, spécifiques à la Wallonie.

Autres fournisseurs : intérêt annoncé, mais taxes d’équilibrage

MEGA, COCITER et OCTA+ (voir ont annoncé un intérêt pour un “vrai tri-horaire” à court terme, mais appliquent unilatéralement des taxes d’équilibrage (en savoir plus) aux prosumers en compensation (compteur à l’envers). BeProsumer s’étonne de la persistance de ces frais, alors que l’objectif du tri-horaire est précisément d’inciter le client à mieux consommer “au bon moment”, réduisant structurellement les déséquilibres qu’on prétend facturer. (En savoir plus)

OCTA+Voir l'offre de vrai Tri-Horaire

Conclusion : en 2026, privilégier un bon bi-horaire plutôt qu’un mauvais tri-horaire

Notre position reste pragmatique :

  1. Patientez avant de basculer trop vite au Tarif IMPACT si vous êtes prosumer pré-2024 en compensation, tant que l’offre “tri-horaire miroir” (ECO/MED/PIC) n’est pas disponible de manière claire et contrôlable fournisseur par fournisseur.  
  2. Le risque, sinon, est, "au mieux", de se retrouver dans un système hybride : sans transparence, difficile à vérifier, et potentiellement générateur d’effets non désirés et, au pire, de perdre le principe de compensation du compteur qui tourne à l'envers prématurément.
  3. En 2026, pour beaucoup de profils, le nouveau bi-horaire est déjà un premier pas robuste (en savoir plus) : il est connu, éprouvé, et ses nouveaux horaires (notamment la plage 11h–17h) changent la donne pour de nombreux prosumers.

Enfin, “éviter d’essuyer les plâtres” n’est pas une formule : le secteur a déjà démontré que des blocages administratifs/IT peuvent durablement impacter des clients (points d’accès restés bloqués, retards, impossibilité de basculer de régime tarifaire, etc.). 👀ATRIAS👀  

➡️ Recommandation BeProsumer : 2026 = privilégier un bon bi-horaire (en savoir plus) plutôt qu’un mauvais tri-horaire. Et laisser le temps aux fournisseurs de se mettre en conformité avec la nouvelle législation, avant d’engager une bascule vers IMPACT.

⚠️⚠️⚠️ Point d’attention pratique (très important) : même lorsqu’on opte pour un “bon bi-horaire”, il faut faire le changement au bon moment pour ne pas être pénalisé dans la compensation. Tout changement de tarif ou de fournisseur doit idéalement être anticipé et aligné sur le mois où, habituellement, votre relevé annuel d’index est réalisé (date anniversaire). Objectif : éviter un relevé intermédiaire en cours d’année qui viendrait perturber le cycle annuel de compensation (en savoir plus) et créer une facture intermédiaire défavorable.

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