Revue de presse

Parlementaires Wallons – Nous vous regardons ! Commission énergie du 19/2/2024 – Indemnisation décrochages


André Antoine

Résumé Détaillé de l'Intervention de André Antoine

André Antoine a pris la parole pour aborder la question cruciale de la modernisation et du renforcement des réseaux de distribution d'énergie en Wallonie. Il a débuté par exposer les bénéfices significatifs réalisés par les gestionnaires de réseau de distribution (GRD) en Belgique, citant un profit annuel moyen de 464 millions d'euros entre 2014 et 2022, selon une analyse du SPF Economie. Une grande partie de ces bénéfices, soit 86,5%, a été redistribuée sous forme de dividendes aux villes et communes, les actionnaires majoritaires des GRD.

Il a ensuite souligné les défis auxquels le réseau de distribution est confronté, notamment son insuffisance, son obsolescence et sa vétusté face aux enjeux d'approvisionnement et de transition climatique. Antoine a mis en avant l'urgence d'investir dans le réseau, particulièrement en raison de l'augmentation rapide du nombre de ménages équipés de panneaux photovoltaïques, qui s'élève à 300 000, avec un pic de 100 000 nouvelles installations en 2023.

Le député a précisé que Ores, le principal GRD en Wallonie, prévoit un investissement de 4 milliards d'euros sur dix ans pour renforcer le réseau, un montant supérieur d'un milliard à ce qui était initialement prévu. Ces investissements visent principalement à éviter les congestions du réseau et à préparer sa transition vers une capacité de 400 volts dans certaines zones.

André Antoine a abordé la question du financement de ces investissements nécessaires, évoquant plusieurs pistes, dont l'élargissement du capital des GRD, l'utilisation des fonds Kyoto, et la possibilité pour les communes de renoncer à une partie de leurs dividendes pour financer ces investissements.

Il a également exprimé sa préoccupation quant à l'impact financier sur les consommateurs, en particulier à travers une possible augmentation des tarifs de distribution pour couvrir les coûts des investissements nécessaires.

Pour conclure, il a appelé à une stratégie globale et coordonnée, une "Pax Electricia", pour accélérer et financer efficacement les investissements dans le réseau de distribution, en vue de répondre aux défis de la transition énergétique et de l'augmentation de la demande liée aux installations photovoltaïques.

Analyse et Commentaire par Régis François, Président de BeProsumer

En tant que président de BeProsumer, l'intervention de André Antoine soulève plusieurs points essentiels qui méritent notre pleine attention et soutien. Premièrement, le constat des bénéfices importants générés par les GRD et leur redistribution aux actionnaires met en lumière une réalité économique qui pourrait et devrait être réorientée vers un investissement massif dans le renforcement et la modernisation des réseaux.

L'urgence d'investir dans le réseau, exacerbée par l'explosion des installations photovoltaïques, est un appel clair à l'action pour prévenir les congestions et adapter notre infrastructure à la transition énergétique. La proposition d'Ores d'investir 4 milliards d'euros est un pas dans la bonne direction, mais elle souligne également l'ampleur du défi financier à relever.

Les pistes de financement évoquées par Antoine, notamment l'élargissement du capital des GRD et l'utilisation des fonds Kyoto, sont des solutions innovantes qui méritent d'être explorées. Cependant, l'idée que les communes pourraient renoncer à une partie de leurs dividendes pour financer ces investissements est particulièrement pertinente. Cela démontre une volonté de réinvestir les bénéfices dans l'infrastructure critique, tout en partageant la responsabilité financière de la transition énergétique entre les acteurs publics et les citoyens.

L'impact financier sur les consommateurs est une préoccupation majeure pour BeProsumer. Toute augmentation des tarifs de distribution doit être considérée avec prudence, en veillant à ne pas pénaliser les ménages et à maintenir l'accès à l'énergie abordable pour tous. Il est crucial que les coûts de la transition énergétique soient équitablement répartis, en évitant de faire peser

une charge disproportionnée sur les consommateurs.

L'appel à une "Pax Electricia" en Wallonie est une vision ambitieuse qui cadre parfaitement avec les objectifs de BeProsumer. Une collaboration étroite entre les communes, les GRD et la région, soutenue par une stratégie de financement claire et équitable, est essentielle pour accélérer les investissements dans notre réseau de distribution. Cela permettra non seulement de répondre aux défis actuels mais aussi de poser les bases d'un avenir énergétique durable pour la Wallonie.

En conclusion, l'intervention de André Antoine résonne profondément avec les valeurs et les objectifs de BeProsumer. Nous soutenons fermement l'appel à une mobilisation collective pour le renforcement et la modernisation des réseaux de distribution en Wallonie, et nous sommes prêts à collaborer avec tous les acteurs concernés pour faire de cette vision une réalité.

Eddy Fontaine

Eddy Fontaine s'est exprimé sur les problèmes rencontrés par les propriétaires de panneaux solaires en Wallonie, en particulier les décrochages d'onduleur dus à la saturation du réseau électrique local. Il a souligné que ces incidents entraînent une perte de production d'environ 3% par an pour les prosumeurs, selon des estimations de la CWAPE (Commission Wallonne pour l'Energie).

Pour remédier à cette situation et inciter les gestionnaires de réseau à agir, le gouvernement wallon envisage d'introduire des sanctions financières contre les GRD (Gestionnaires de Réseau de Distribution) en cas de non-résolution de ces problèmes de saturation. Eddy Fontaine a mentionné que la CWAPE a été sollicitée pour élaborer un plan d'indemnisation des prosumeurs affectés. Une proposition initiale prévoyait une indemnisation de 12,31 euros par an par kW installé, jugée insuffisante et par la suite réévaluée à 48 euros par an par kVA, représentant une indemnisation annuelle de 216 euros pour une installation moyenne de 4,5 kW.

Cette proposition d'indemnisation suscite des inquiétudes chez les principaux GRD, Ores et Resa, notamment en raison du coût significativement plus élevé de l'indemnisation par rapport à la pratique en Flandre. Ils craignent que cela représente une charge financière excessive et aient des répercussions négatives sur l'emploi et les investissements en infrastructure.

Eddy Fontaine a interrogé le ministre sur l'état d'avancement du plan d'indemnisation et les modalités d'augmentation de l'indemnisation prévues. Il a également exprimé une préoccupation quant à l'impact potentiel des sanctions financières sur les ressources financières des GRD, ainsi que sur l'emploi et les investissements dans le réseau.

Nicolas Janssen

Nicolas Janssen a abordé la question de la capacité insuffisante du réseau électrique wallon, en soulignant l'importance cruciale d'un réseau robuste et flexible pour atteindre l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050. Il a souligné la nécessité d'investissements significatifs pour moderniser l'infrastructure du réseau, en réponse notamment aux problèmes de décrochages subis par les prosumeurs. Nicolas Janssen a mentionné que des sanctions financières contre les gestionnaires de réseaux de distribution (GRD) étaient envisagées pour inciter à la résolution de ces problèmes, mais il a également soulevé des préoccupations quant à leur mise en œuvre et à l'impact potentiel sur le financement des GRD.

Il a exprimé son inquiétude quant à la possibilité que ces indemnités réduisent les dividendes versés aux communes actionnaires des GRD, ce qui pourrait à son tour affecter les fonds disponibles pour l'entretien et les investissements futurs dans le réseau. Nicolas Janssen a rappelé que la CWAPE (Commission Wallonne pour l'Energie) estime à 330 millions d'euros par an le coût additionnel entre 2025 et 2029 nécessaire pour financer la transition énergétique au niveau du réseau de distribution. Cette dépense supplémentaire pourrait se traduire par une augmentation des coûts sur les factures d'électricité des consommateurs, qui paient déjà un cinquième de leur facture pour la distribution.

Il a souligné la difficulté de trouver un équilibre entre la protection des prosumeurs et le besoin de développer le réseau électrique, questionnant la capacité à garantir une compensation équitable pour les victimes de décrochages tout en préservant les budgets des GRD pour les investissements nécessaires. Nicolas Janssen a interrogé sur l'état des tensions entre les GRD et le régulateur wallon concernant le financement des indemnités et sur les mesures prises pour éviter une "boucle infernale" où les limitations budgétaires des GRD entraîneraient davantage de décrochages et de demandes de compensation. Il a conclu en demandant des éclaircissements sur les stratégies envisagées pour surmonter ces défis et jouer pleinement le rôle dans l'électrification et la transition énergétique de la Wallonie.

Jean-Luc Crucke

Jean-Luc Crucke a abordé la question de l'indemnisation des prosumeurs wallons en cas de décrochage d'onduleurs, soulignant un accord récent au sein du gouvernement qui a considérablement augmenté le montant de l'indemnisation proposée, le multipliant par quatre par rapport aux recommandations initiales de la CWAPE et à la pratique en Flandre. Il a évoqué la complexité de cet accord, suggérant qu'il pourrait impliquer des compromis sur d'autres projets, tels que le financement du tram à Liège, et a souligné les préoccupations des communes concernant l'impact sur les dividendes et les ressources disponibles pour l'entretien du réseau.

Jean-Luc Crucke a mentionné les réactions des GRD, qui ont exprimé leurs inquiétudes quant à la pertinence et au montant de l'indemnisation proposée, la qualifiant de disproportionnée. Il a aussi fait référence à l'ASB et à BeProsumer, qui appellent à une concertation plus poussée sur la question des décrochages. Il a interrogé sur la possibilité que l'accord évolue encore, compte tenu des discussions en cours et des possibles ajustements.

Il a posé plusieurs questions au ministre, notamment sur la nécessité de réunir tous les acteurs concernés pour trouver une solution pragmatique et réaliste, sur les raisons de l'augmentation significative du montant de l'indemnisation, sur les démarches que les prosumeurs doivent entreprendre pour être indemnisés, et sur la possibilité que l'indemnisation soit conditionnée à l'installation d'un compteur communicant. Jean-Luc Crucke a également questionné le principe de l'indemnisation, se demandant si une approche forfaitaire était juste ou si une indemnisation proportionnelle aux pertes subies serait plus équitable.

Enfin, il a soulevé la question du financement de ces indemnités et de leur impact potentiel sur les budgets dédiés à la modernisation du réseau électrique, mettant en lumière le dilemme entre indemniser les prosumeurs pour les décrochages et financer les améliorations nécessaires du réseau pour éviter de futurs problèmes.

Antoine Hermant

Antoine Hermant a soulevé la question de l'indemnisation des prosumeurs en Wallonie, critiquant la capacité actuelle du réseau électrique à absorber la production d'énergie décentralisée provenant d'un nombre croissant de panneaux solaires. Il a fait référence à une indemnité moyenne de 266 euros pour 2024 annoncée par le gouvernement pour compenser les prosumeurs pour la perte de production due à la saturation du réseau. Antoine Hermant a souligné que les gestionnaires de réseau, tels qu'Ores et Resa, ont exprimé leur inquiétude quant à cette indemnisation, arguant qu'elle priverait les fonds nécessaires à la rénovation du réseau électrique.

Il a mentionné le problème de sous-investissement et le retard dans l'adaptation du réseau, soulignant la nécessité de trouver des solutions pour rénover le réseau électrique tout en soutenant les familles affectées par la perte de production photovoltaïque. Antoine Hermant a critiqué la stratégie actuelle du gouvernement, qui, selon lui, laisse les gestionnaires de réseau seuls face à leurs défis financiers et conduit à une augmentation des factures pour les familles wallonnes.

S'opposant à l'idée que les communes ou les familles devraient payer pour la transition énergétique, Antoine Hermant a plaidé pour une approche centrée sur la justice sociale dans le cadre de la transition climatique. Il a appelé à une redistribution des richesses, suggérant que les fonds pour la transition énergétique juste devraient venir des entreprises réalisant d'importants profits, comme Total Energy, qui a récemment annoncé des bénéfices record.

Antoine Hermant a exhorté le gouvernement wallon à adopter une nouvelle politique de transition énergétique juste, qui comprendrait la mise en place d'une taxe sur les surprofits des grandes entreprises pour financer la rénovation du réseau et la transition énergétique, sans imposer de charges supplémentaires aux citoyens. Il a appelé le ministre wallon de l'énergie à travailler avec le gouvernement fédéral pour mettre en œuvre ces changements et à assurer que la transition énergétique en Wallonie soit équitable et financée de manière juste.

Olivier Bierin

Olivier Bierin a reconnu l'effort du gouvernement fédéral dans la mise en place d'une taxe sur les sur-profits, mais il a orienté son intervention vers les enjeux régionaux, en particulier autour de la méthodologie tarifaire, relevant de la compétence du régulateur wallon. Il a salué l'approche du gouvernement qui, par le biais de cette méthodologie, accorde une attention particulière aux consommateurs précarisés et permet à ceux qui le souhaitent d'activer une certaine flexibilité dans leur consommation d'énergie, sur la base de leur propre choix.

Olivier Bierin a souligné que la modernisation du réseau électrique est une priorité, tant pour le gouvernement que pour les acteurs du secteur, y compris BeProsumer. Il a mentionné que, bien que le plan de relance gouvernemental prévoie un financement important pour cette modernisation, le principal mécanisme de financement des réseaux dans les années à venir sera défini par la méthodologie tarifaire établie par le régulateur, en consultation avec le gouvernement et le parlement.

L'orateur a également abordé la question de l'indemnité mise en place par le gouvernement pour compenser les prosumeurs en cas de décrochage de leurs onduleurs, soulignant que cette mesure vise à la fois à compenser les pertes subies par les prosumeurs et à inciter les gestionnaires de réseau de distribution (GRD) à trouver des solutions techniques pour réduire le nombre de décrochages, et donc le montant des indemnisations à payer.

Concernant le caractère forfaitaire de l'indemnité, Olivier Bierin a questionné les critères de son octroi, notamment en termes de durée des décrochages. Il a exprimé des réserves sur l'idée d'accorder une indemnité substantielle pour des interruptions de très courte durée, suggérant que les critères d'octroi de l'indemnité devraient être affinés pour s'assurer qu'elle soit distribuée de manière juste et équitable.

En conclusion, Olivier Bierin a appelé à plus de clarté sur les modalités d'application de l'indemnité et sur les efforts continus pour moderniser le réseau électrique wallon, soulignant l'importance d'une transition énergétique équitable et efficace qui prenne en compte les besoins de tous les acteurs, y compris les prosumeurs.

Laurent Léonard

Laurent Léonard a exprimé son point de vue sur le plan d'indemnisation des prosumeurs wallons suite aux décrochages des installations photovoltaïques, tout en soulignant d'autres aspects importants de la transition énergétique. Il a commencé par reconnaître positivement l'enthousiasme croissant pour l'installation de panneaux photovoltaïques en Wallonie, le considérant comme bénéfique tant pour le climat que pour la souveraineté énergétique de la région. Laurent Léonard a souligné l'importance de poursuivre dans cette direction, en ligne avec l'objectif de neutralité carbone du gouvernement wallon.

Il a reconnu les problèmes liés aux décrochages des installations solaires, affirmant que, malgré l'engouement inattendu pour le photovoltaïque ces deux dernières années, il est essentiel d'indemniser les prosumeurs qui ne peuvent pleinement profiter de leurs installations. Laurent Léonard a insisté sur l'importance d'aborder le problème à sa source, en encourageant les gestionnaires de réseau à investir dans la capacité du réseau à absorber l'énergie produite par les panneaux photovoltaïques.

L'intervention a également mis en lumière la nouvelle méthodologie tarifaire comme un moyen de permettre aux GRD d'investir dans l'adaptation des réseaux aux nouvelles formes de production et de consommation d'énergie. Laurent Léonard a suggéré que le déploiement généralisé des compteurs communicants pourrait être une solution pour éviter les problèmes rencontrés et a rappelé aux citoyens les avantages d'investir dans le photovoltaïque malgré les changements de conditions.

Enfin, Laurent Léonard a abordé la question des dividendes versés par les intercommunales, mettant en garde contre une simplification excessive de leur rôle dans le financement des communes. Il a souligné que ces dividendes jouent un rôle plus significatif qu'il n'y paraît, contribuant de manière importante au budget des communes et, par extension, au bien-être des citoyens. Il a conclu en appelant à une approche mesurée pour ne pas impacter négativement les communes et, in fine, les citoyens wallons.

Philippe Henry

Dans son intervention, le ministre Philippe Henry a abordé de manière détaillée les questions entourant l'indemnisation des prosumeurs wallons, la modernisation nécessaire du réseau électrique, et les mécanismes de financement associés à ces enjeux dans le contexte de la transition énergétique vers la neutralité carbone.

Rôle de la CWAPE et Distinction des Questions de Tarification et Financement

Le ministre a commencé par préciser le rôle central de la CWAPE dans la gestion exclusive des tarifs de distribution, en soulignant l'importance de séparer clairement les questions de tarification de celles du financement. Il a rappelé que les tarifs sont déterminés par la CWAPE, tandis que le financement des infrastructures relève d'une problématique plus large.

Augmentation des Consommations d'Électricité et Amortissement des Investissements

Philippe Henry a expliqué que les besoins accrus en financement des réseaux d'électricité découlent principalement de l'augmentation attendue de la consommation d'électricité, elle-même résultat de l'intégration accrue des énergies renouvelables et de la multiplication des usages électriques comme les véhicules électriques et les pompes à chaleur. Ces investissements devraient être amortis sur un volume plus important de kWh consommés, permettant potentiellement de maintenir ou même de réduire les tarifs exprimés en euros par MWh.

Financement des GRD et Participation de la Région

Le ministre a abordé les difficultés que représentent les investissements nécessaires à la transition énergétique pour les actionnaires actuels des GRD, principalement les communes. Il a suggéré l'exploration d'autres modes de financement, notamment la participation directe de la région dans le capital des GRD, afin de faciliter ces investissements essentiels sans alourdir les coûts pour les consommateurs.

Subventions et Plan de Relance

Il a rappelé les subventions importantes octroyées par le gouvernement dans le cadre du plan de relance, avec l'aide financière de l'Europe, pour moderniser les réseaux de distribution, insistant sur la nécessité de poursuivre les efforts dans cette direction.

Indemnisation des Prosumeurs

Dans sa prise de parole, le ministre Philippe Henry a abordé spécifiquement le sujet de l'indemnisation des prosumeurs wallons confrontés à des décrochages d'onduleurs en raison de la surtension sur le réseau électrique. Il a fourni des détails sur la nature de l'indemnisation proposée par le gouvernement, les critères pour son octroi, ainsi que la réflexion en cours sur des mécanismes d'indemnisation plus adaptés et potentiellement proportionnels à l'avenir.

Nature de l'Indemnisation

Philippe Henry a clarifié que l'indemnisation en cours de mise en place vise principalement à compenser les prosumeurs pour les pertes subies dues aux décrochages, dans le cas où aucune solution technique n'est possible dans un délai raisonnable. Il a souligné l'objectif d'inciter les gestionnaires de réseau de distribution (GRD) à identifier et à appliquer des solutions pour éviter de tels décrochages, réduisant ainsi le besoin d'indemnisation.

Indemnisation Proportionnelle

Le ministre a reconnu que l'indemnisation actuellement envisagée est basée sur un montant forfaitaire, mais il a ouvert la porte à la possibilité d'adopter à l'avenir des indemnités proportionnelles aux pertes réelles subies par les prosumeurs. Cette transition vers une indemnisation proportionnelle dépendra de la disponibilité et de l'agrément d'outils domotiques capables de mesurer de manière précise et efficace les pertes de production d'énergie.

Outils Domotiques et Future Indemnisation

Philippe Henry a mentionné que les outils domotiques, une fois disponibles et agréés, pourraient permettre de déterminer les pertes de productible de façon simple et efficiente. Ce développement ouvrirait la voie à une indemnisation basée sur les pertes réelles, offrant une compensation plus équitable pour les prosumeurs affectés par des décrochages. Cette approche permettrait également de refléter plus fidèlement l'impact réel des décrochages sur la production d'énergie solaire des prosumeurs.

Processus d'Indemnisation

Pour la mise en œuvre de l'indemnisation actuelle, le ministre a précisé que les prosumeurs victimes de décrochage devront initier une demande auprès de leur GRD dans les 15 jours suivant l'incident. Le GRD aura ensuite quatre mois pour apporter une solution au problème de décrochage. Si aucune solution n'est trouvée dans ce délai, l'indemnisation sera octroyée. Cette démarche vise à résoudre le problème à sa source plutôt que de se limiter à compenser les prosumeurs.

Tensions entre GRD et Régulateur

Le ministre a touché brièvement les tensions entre les GRD et le régulateur concernant l'allocation des ressources financières, mais a souligné que la régulation et la définition des tarifs restent de la compétence exclusive de la CWAPE.

Conclusion

En conclusion, le ministre Philippe Henry a réaffirmé l'engagement du gouvernement wallon à soutenir la transition énergétique par des investissements significatifs dans le réseau électrique, tout en cherchant à équilibrer les besoins de financement, les exigences tarifaires, et les responsabilités des différents acteurs impliqués. Il a souligné l'importance de travailler ensemble pour assurer une transition énergétique juste et efficace en Wallonie.

André Antoine

Dans sa réplique, André Antoine a salué la réaction du ministre Philippe Henry concernant la proposition d'une "Pax Electrica", bien qu'il ait noté que des actions concrètes étaient reportées à la prochaine législature. Antoine a souligné l'urgence et la nécessité pour le ministre d'agir immédiatement, malgré ce report, en initiant des discussions stratégiques avec les acteurs clés impliqués dans la gestion et la modernisation du réseau électrique wallon.

Convocation d'une Réunion Stratégique

Antoine a insisté sur l'importance de convoquer une réunion stratégique regroupant les gestionnaires de réseau de distribution (GRD), les villes et communes, ainsi que d'autres opérateurs publics, y compris la région Wallonne. Il a spécifiquement mentionné le Fonds Kyoto comme un vecteur potentiel d'investissement dans ce contexte.

Investissement et Rémunération du Capital

Il a argumenté que les investissements nécessaires pour accélérer la modernisation du réseau électrique non seulement bénéficieraient à la transition énergétique mais offriraient également une rémunération pour le capital investi dans les GRD. Antoine a souligné que cet investissement stratégique pourrait provenir de fonds de réserve des communes, qui, selon lui, seraient mieux utilisés et plus rentables s'ils étaient investis dans le secteur énergétique régional.

Gestion Stratégique des Avoirs Communaux

André Antoine a plaidé pour une gestion plus stratégique des avoirs communaux, suggérant que les fonds de réserve municipaux pourraient jouer un rôle crucial dans le financement des améliorations nécessaires au réseau électrique wallon. Il a souligné l'opportunité que représente le Fonds Kyoto pour mobiliser ces ressources de manière efficace, sans impacter négativement le solde financier de la région Wallonne, grâce à des opérations de code 8.

Conclusion

En conclusion, André Antoine a appelé à une action proactive de la part du gouvernement wallon pour mobiliser tous les acteurs concernés autour d'une stratégie d'investissement collaborative. Il a souligné l'importance d'utiliser de manière stratégique les fonds disponibles, y compris ceux des communes, pour accélérer la modernisation du réseau électrique et soutenir la transition énergétique de la Wallonie, tout en offrant une rémunération pour les investissements réalisés. Antoine a clairement exprimé sa conviction que des mesures immédiates sont nécessaires pour répondre aux attentes des citoyens et du secteur des entreprises en matière d'énergie durable et de modernisation de l'infrastructure énergétique.

Eddy Fontaine

Eddy Fontaine, dans sa réplique, a remercié le ministre Philippe Henry pour avoir abordé et clarifié les points soulevés dans ses questions initiales. Eddy Fontaine s'est montré direct dans son approbation des réponses fournies par le ministre, notamment en ce qui concerne la demande de recueillir davantage d'avis avant de procéder à une seconde lecture du projet de gouvernement.

Clarté sur l'Indemnisation des GRD

Eddy Fontaine a souligné l'aspect crucial de la clarification apportée par le ministre concernant la capacité des GRD à éviter l'indemnisation des prosumeurs en cas de décrochages d'onduleurs, à condition que le problème soit résolu dans un délai de quatre mois. Cette précision est importante pour comprendre le mécanisme d'incitation mis en place pour encourager les GRD à agir rapidement afin de résoudre les problèmes de réseau pouvant affecter les producteurs d'énergie solaire.

Réponse à la Demande d'Avis Complémentaires

Eddy Fontaine a exprimé sa satisfaction face à l'engagement du ministre à solliciter des avis complémentaires avant de passer à la seconde lecture du projet, soulignant l'importance de ce processus pour assurer une prise de décision éclairée et inclusive. Cette démarche vise à recueillir des perspectives diverses afin de peaufiner la proposition d'indemnisation et de s'assurer qu'elle répond adéquatement aux besoins des prosumeurs tout en tenant compte des capacités et des contraintes des GRD.

Conclusion

La réaction d'Eddy Fontaine montre un intérêt pour une approche réfléchie et collaborative dans le traitement de la question de l'indemnisation des prosumeurs en Wallonie. Il met en lumière l'importance d'une solution qui non seulement compense équitablement les prosumeurs affectés par des décrochages, mais qui encourage également les GRD à optimiser la gestion du réseau pour éviter ces problèmes à l'avenir.

Nicolas Janssen

Dans sa réaction, Nicolas Janssen a accueilli positivement les propositions du ministre Philippe Henry concernant les solutions envisagées pour le financement de la modernisation nécessaire du réseau électrique en Wallonie. En particulier, Nicolas Janssen a exprimé son soutien à l'idée d'une participation directe de la région dans les gestionnaires de réseau de distribution (GRD), considérant cette option comme une voie favorable pour avancer.

Soutien aux Pistes de Financement

Nicolas Janssen a souligné l'importance des pistes de financement évoquées par le ministre, montrant l'ouverture de son groupe à explorer des moyens innovants pour sécuriser les ressources financières nécessaires à l'amélioration du réseau électrique. La proposition d'impliquer directement la région dans le capital des GRD a été particulièrement bien accueillie, indiquant une volonté de voir la région Wallonne jouer un rôle actif dans la transition énergétique.

Urgence de la Modernisation du Réseau

Il a également insisté sur l'urgence pour les GRD de moderniser leur réseau, critiquant les retards pris dans les investissements nécessaires. Nicolas Janssen a souligné que ces retards ont des conséquences directes sur les citoyens, notamment en ce qui concerne la capacité du réseau à gérer efficacement la production d'énergie renouvelable et à répondre aux besoins croissants en électricité de la région.

Dédommagement des Citoyens

Nicolas Janssen a affirmé qu'il est normal et essentiel que les citoyens reçoivent une indemnisation adéquate pour les désagréments causés par les insuffisances du réseau. Cette indemnisation est vue comme une mesure de justice pour les prosumeurs et autres citoyens affectés par les limitations du réseau actuel, en attendant que des solutions durables soient mises en place.

Conclusion

En conclusion, Nicolas Janssen a remercié le ministre pour ses clarifications et pour avoir pris en compte les suggestions et préoccupations exprimées. Son intervention reflète une reconnaissance de la complexité des enjeux liés à la modernisation du réseau électrique en Wallonie et une approbation des efforts du gouvernement pour trouver des solutions de financement viables. Nicolas Janssen a souligné l'importance de prendre des mesures concrètes rapidement pour assurer que les GRD puissent entreprendre les investissements nécessaires à la modernisation du réseau, au bénéfice de tous les citoyens wallons.

Jean-Luc Crucke

Dans sa réaction, Jean-Luc Crucke a exprimé des préoccupations et des critiques à l'égard des réponses fournies par le ministre Philippe Henry, soulignant un manque de clarté et d'action concrète concernant l'indemnisation des prosumeurs et la modernisation du réseau électrique.

Appel à une Réunion Collective

Jean-Luc Crucke a souligné la nécessité de rassembler tous les acteurs concernés, y compris BeProsumer, pour une discussion collective afin de trouver des solutions pragmatiques aux problèmes actuels. Il a critiqué l'approche fragmentée consistant à solliciter des avis individuels plutôt que de favoriser un dialogue global et constructif.

Questions sur le Calcul de l'Indemnisation

Il a exprimé des doutes sur le calcul du coût d'indemnisation annoncé par le ministre, comparant les 4,7 millions d'euros par an mentionnés avec ses propres estimations basées sur 80 000 prosumeurs affectés et un montant d'indemnisation moyen de 266 euros, aboutissant à un total bien plus élevé de 21 millions d'euros. Cette différence soulève des questions sur la méthodologie utilisée pour évaluer le coût total de l'indemnisation.

Mécanisme d'Indemnisation et Délais

Jean-Luc Crucke a mis en doute la justice et l'équité du mécanisme d'indemnisation proposé, en particulier la règle des quatre mois donnés aux GRD pour résoudre les problèmes avant d'indemniser les prosumeurs. Il a souligné que cette approche pourrait conduire à des situations où les prosumeurs subissant des décrochages n'obtiendraient pas de compensation si les GRD parviennent à résoudre le problème dans le délai imparti, anticipant une augmentation potentielle des contentieux.

Critique de l'Indemnisation Forfaitaire

Il a critiqué le caractère forfaitaire de l'indemnisation, le qualifiant d'injuste, et a remis en question l'affirmation selon laquelle il n'était pas possible de proposer une indemnisation proportionnelle aux pertes réellement subies par les prosumeurs.

Besoin d'Investissement dans le Réseau

Jean-Luc Crucke a réitéré la nécessité urgente pour les GRD d'investir dans la modernisation du réseau, soulignant les défis posés par le manque de ressources humaines et techniques pour réaliser ces investissements essentiels dans un délai court.

Financement des Mesures d'Indemnisation

Il a questionné pourquoi le gouvernement ne pouvait pas contribuer directement au financement de l'indemnisation, suggérant que le gouvernement devrait assumer une part de responsabilité financière pour aider à couvrir les coûts d'indemnisation.

Conclusion

Jean-Luc Crucke a conclu en exprimant un besoin de réponses plus claires et d'actions concrètes de la part du gouvernement pour résoudre les problèmes liés à l'indemnisation des prosumeurs et à la modernisation nécessaire du réseau électrique. Il a appelé à une approche plus collaborative et financièrement soutenue pour faire face à ces défis, afin d'assurer une transition énergétique juste et efficace en Wallonie.

Antoine Hermant

Dans sa réaction, Antoine Hermant a exprimé ses préoccupations et ses attentes vis-à-vis des mesures annoncées par le ministre Philippe Henry, en particulier concernant l'indemnisation des prosumeurs affectés par des décrochages et le financement global de la modernisation du réseau électrique en Wallonie.

Indemnisation des Prosumeurs

Antoine Hermant a insisté sur l'importance de garantir une indemnisation juste et adéquate pour les personnes affectées par des décrochages, soulignant l'importance de veiller à ce que ces mesures ne restent pas de simples annonces sans mise en œuvre effective. Il a exprimé son espoir que les actions prises ne soient pas uniquement perçues comme des effets d'annonce, mais qu'elles se traduisent par des compensations réelles pour ceux qui subissent des pertes financières importantes.

Mobilisation Citoyenne et Financement du Réseau

Antoine Hermant a souligné le rôle de la mobilisation citoyenne dans la lutte contre l'augmentation des prix de l'énergie et son impact sur l'obtention des subventions gouvernementales pour le réseau. Il a mis en doute que sans cette pression publique, les 214 millions d'euros annoncés par le gouvernement Wallon pour le réseau auraient été alloués. Toutefois, il a rappelé que des sommes bien plus importantes seraient nécessaires pour couvrir l'ensemble des besoins de modernisation du réseau.

Participation Directe de la Région et Justice Sociale

Hermant a évoqué la possibilité d'une participation directe de la région Wallonne dans le capital des GRD comme une piste intéressante, notamment à travers l'utilisation du Fonds Kyoto. Cependant, il a exprimé des réserves sur le fait que cette stratégie puisse répondre pleinement aux demandes de justice sociale, soulignant la nécessité de trouver des ressources financières plus conséquentes pour soutenir la transition climatique de manière équitable.

Critique de la Taxe sur les Sur-Profits

Il a critiqué la suppression de la taxe sur les sur-profits par le gouvernement fédéral, la considérant comme un outil potentiel pour financer les besoins liés à la transition énergétique. Antoine Hermant a appelé à une réévaluation de cette mesure et à la recherche de solutions pour mobiliser les fonds nécessaires à une échelle plus significative.

Flexibilité de la Consommation

Enfin, Antoine Hermant a remis en question la pertinence de compter sur la flexibilité de la consommation comme solution aux défis énergétiques actuels, arguant que des solutions collectives et structurelles sont nécessaires pour résoudre les problèmes de manière efficace.

Conclusion

Antoine Hermant a clôturé son intervention en appelant à une action plus ambitieuse et collective pour faire face aux défis de la transition énergétique en Wallonie, mettant l'accent sur la nécessité de garantir une justice sociale dans le processus et de mobiliser les ressources financières à la hauteur des enjeux.